Tommy Chouinard
Le gouvernement Charest donne un peu de répit à des contribuables retraités. Près de 370 000 couples âgés auront droit à une baisse d'impôts de 286 $ en moyenne par année.
Québec a décidé de permettre à ces couples de fractionner leurs revenus de retraite afin de payer moins d'impôt. Il imite Ottawa qui, le 31 octobre, a mis en place cette mesure pour atténuer l'impact de sa décision d'imposer les fiducies de revenu.
Le ministre des Finances, Michel Audet, s'est félicité hier de réduire les impôts des retraités de 106 millions de dollars par année. Mais ni les personnes âgées vivant seules ni les conjoints ayant des revenus de retraite à peu près égaux n'auront droit à un allègement fiscal équivalent de la part de Québec.
La ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, Carole Théberge, juge que son gouvernement veut surtout donner un coup de pouce aux couples dont un seul conjoint subvient aux besoins du ménage. « Aujourd'hui, on est dans la dernière vague où plusieurs femmes arrivent à l'âge de la retraite sans avoir travaillé, ou très peu, ont peu de régimes de retraite, peu d'argent de côté «, a-t-elle affirmé.
En vertu de la mesure annoncée par Québec, un homme qui, par exemple, bénéficie de revenus de retraite de 30 000 $, mais dont la conjointe n'en a aucun, pourra partager avec celle-ci jusqu'à 50 % de cette somme aux fins de l'impôt.
Chaque conjoint déclarera donc 15 000 $ au fisc québécois. Le couple paiera 3862 $ d'impôt à Québec, comparativement à 4535 $ à l'heure actuelle. Son fardeau fiscal sera allégé de 673 $. Un couple qui se partage de la même façon 50 000 $ en revenus de retraite épargnera 828 $ en impôt.
Michel Audet s'est targué d'offrir des baisses d'impôt totales de 800 millions en 2007. Le Parti libéral avait promis d'alléger le fardeau fiscal des contribuables de 1 milliard par année pendant cinq ans. «On ne refera pas tout l'historique pour savoir pourquoi on n'a pas pu en faire plus dans les premières années. Mais plus le temps passe, plus on a repris en main les finances publiques, plus on est capable de s'approcher de notre objectif», a-t-il expliqué.
Le critique péquiste en matière de finances, François Legault, a cité l'Institut économique de Montréal pour répliquer au ministre. «Après trois ans, on devrait être rendus à 3 milliards de baisses d'impôts mais, selon l'Institut économique, on est seulement à 626 millions», a-t-il lancé.