Pierre F.
Vous savez la petite Geneviève Jeanson qui a gagné deux médailles d'or en Italie cet automne, au championnat du monde de cyclisme ? Voyez qui je veux dire, la petite blonde allumée ?
Eh bien ça va pas bien.
Pas malade ni rien. Elle finit l'école demain. Part en Arizona le 5 janvier pour s'entraîner. Tout serait parfait si les autorités cyclistes, je veux dire tout ce qui grouille à l'Association cycliste canadienne et à la fédération québécoise voulait bien lui foutre la paix. Mais non. Faut qu'ils l'emmerdent. Faut qu'ils l'écoeurent. Pourquoi ? Ah ça !
Suivez-moi bien. Trois choses font de Geneviève Jeanson une petite merveille à pédales. Un, son talent. Deux, une capacité de souffrir exceptionnelle. Trois, un entraîneur privé presque à temps plein, qui la tient à l'écart du milieu cycliste dont il est extrêmement méfiant, à tort ou à raison, on s'en fout, le résultat c'est que, drette là, Geneviève Jeanson est une des trois meilleures cyclistes au monde.
Mais c'est exactement ce qui les fait chier. Qu'elle soit si bonne et qu'ils n'y soient pour rien. Que leurs entraîneurs nationaux, leurs stages nationaux, leurs programmes nationaux n'y soient pour rien. Ils ne le prennent pas. Comme si les succès de Geneviève Jeanson les renvoyaient à leur médiocrité, à leur inefficacité, à leurs paperasses, à leurs grandes gueules, à leurs nostalgiques souvenirs d'anciens coureurs, je sais-tu, moi.
Savez ce qui les écoeurerait le plus ? C'est que Geneviève Jeanson gagne la seule médaille olympique du cyclisme canadien sur route à Sydney. Or c'est une très forte probabilité. Et c'est pour ça qu'ils vont peut-être réussir à ne pas l'envoyer à Sydney. Le sport, une grande école de vie ? You bet.
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