18 novembre 2008

Merci au Nebraska...

Pierre F.

Depuis le début des années 2000, les 50 États américains se sont dotés d'une Safe Haven Law, un refuge où les mamans qui ne veulent pas de leur bébé peuvent l'abandonner, no question asked, tu sonnes à la porte, tu donnes la chose vagissante à la dame qui est là, tiens madame, j'en veux pas. Et tu t'en vas.

Dans une quinzaine d'États, pour être accepté, le nouveau-né doit avoir moins de 72 heures. Dans l'État de New York, l'enfant ne peut pas avoir plus de cinq jours, une semaine en Illinois, deux semaines en Virginie, un mois dans une autre quinzaine d'États dont le Vermont et le Maine, on comprend que ce sont essentiellement des refuges pour nouveau-nés qui, dans la plupart des cas, seront donnés en adoption.

Le Nebraska est le dernier État à avoir adopté une Safe Haven Law, en juillet dernier. Mais c'est aussi le seul État qui a oublié de fixer un âge limite.

Les conséquences de cet oubli sont assez stupéfiantes : presque la totalité des 34 enfants abandonnés dans le refuge officiel du Nebraska depuis juillet ont plus de... 10 ans ! La presse nationale américaine fait grand tapage ces jours-ci d'une mère qui est partie de Floride pour se débarrasser de son fils de 12 ans au refuge du Nebraska. Il y a eu aussi une jeune fille de 14 ans. Il y a eu ce couple de l'Arkansas qui a porté ses quatre enfants au refuge. Quatre d'un coup. Paraît qu'ils ont embrassé l'asphalte de l'aérodrome en arrivant à Lincoln (la capitale du Nebraska).

Voilà tout à coup que le Nebraska, cet obscur État dont on ne parle jamais, soulève un immense intérêt. Un immense espoir aussi. Des milliers et des milliers de parents d'ados dans toute l'Amérique et même dans le monde entier rêvent ces jours-ci du Nebraska. Pas d'enquête, pas de travailleuse sociale, pas de question, tu conduis la bête au Nebraska et ça finit là. Fi-ni.

On me dit que l'association des parents catholiques de mon comté (Brome-Missisquoi) est en train d'organiser un convoi vers le Nebraska. Je viens moi-même de téléphoner à ma fille (42 ans) pour lui demander si elle voulait passer les fêtes de Noël avec son papa, on irait à Lincoln.

C'est où ?

Au Nebraska, ma grande...

Je peux-tu emmener mes filles ?

Certain !


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