26 juillet 2003

Armstrong-Ullrich

Pierre F.

SAINT-MAIXENT-L'ÉCOLE - Une inattendue passe d'armes entre Armstrong et Ullrich a marqué le début de cette étape dont on n'attendait rien. Oh il n'est pas arrivé grand chose, mais tout de même, Ullrich a grapillé deux secondes à l'Américain à la faveur du sprint intermédiaire de Montendre au kilomètre cinquante.

Même si Armstrong a dit « bof, c'est pas grave », on sait combien les seconde seront précieuses aujourd'hui. Ullrih devra en reprendre plus d'une par kilomètre à l'Américain pour espérer gagner le Tour de France - d'en avoir repris deux avant même d'avoir roulé un kilomètre du contre-la-montre est une bonne opération et montre surtout que l'Allemand y croit, en tout cas. Il a le couteau entre les dents.

Il jure qu'il n'avait rien planifié. Il a sauté sur l'occasion qui se présentait, c'est tout. La course à été très agitée dès le départ, avec l'étonnante présence dans la première échappée de coureurs comme Moreau, Mayo, Zubeldia... Pas question de laisser partir ce genre de clients, les hommes d'Armstrong sont aussitôt montés au créneau, mettant le peloton en file indienne. Le trou est vite fermé, mais voilà la course qui s'emballe, 52 kilomètres sont couverts dans la première heure, vent de dos, mais quand même, c'est de la moto ça madame, pas du vélo.

Au sprint de Montendre, McEwen, qui veut finir en vert à Paris comme l'an dernier s'impose facilement, on s'attend à voir Baden Cooke derrière lui, ou Zabel... c'est Ullrich! Que fait-il là ? Une pie voleuse dans vignes, il vient grapiller les quatre secondes de bonification de la deuxième place. Armstrong, qui s'est réveillé à temps prend les deux secondes, de la troisième place. Quatre moins deux, deux. Ils en sont là. Après trois semaines, après 3225 kilomètres et demi à 40.758 kmh de moyenne (la plus rapide en 100 ans), après les Alpes, les Pyrénées, après un contre-la-montre par équipes et un autre individuel, après la canicule, ils en sont là. À se voler deux petites secondes. Furtif vol à l'étalage, en attendant le grand braquage d'aujourd'hui.

Ah oui, pour la petite histoire, c'est un Espagnol qui a gagné l'étape, cela a bien failli en être un autre qui s'appelle Canada et qui fut rejoint à la dernière seconde sur la ligne. David Canada. C'est la ministre du Patrimoine, Shella Copps, qui eût été contente. Quoi d'autre ? Ah oui, Botero n'a pas pris le départ. Et moi, je me suis fait piquer la lèvre par une abeille en mangeant une pêche. J'ai l'air d'un boxeur, je ne vous embrasse pas c'est encore un peu douloureux.

Aujourd'hui
Contre-la-montre individuel de 50 kilomètres entre Pornic et Nantes qui devrait décider du vainqueur du Tour. On annonce de la pluie. Avantage Armstrong. Mais avec la pluie, le vent tournerait à l'est. De face donc. Avantage Ullrich. On envisage tous les scénari, on oublie qu'un incident mécanique, une crevaison, une chute annulerait toutes ces savantes supputations.

Ullich est donné favori pour remporter ]'étape, mais par une marge insuffisante pour gagner le Tour.

Tant qu'à supputer, pourquoi pas le cas de figure suivant, sinon probable tout à fait envisageable : Ullrich reprend 50 secondes à Armstrong aujourd'hui. Et nous voilà avec du jamais vu pour la dernière étape, puisque, par le jeu des bonifications, Ullrich pourrait encore gagner le Tour dimanche dans la dernière étape. Comme pour les autres, le tarif sur les Champs-Élysées est le suivant : 20 secondes de bonif au gagnant, 12 au second, huit au troisième. Plus les deux sprints intermédiaires au tarif habituel de six secondes au premier, quatre au second et deux au troisième. Voyez d'ici les calculs, la bagarre, et les folles stratégies ourdies dans la nuit de samedi à dimanche.

Sans ajouter que les sprinters qui se disputent le maillot vert se mêleraient à cette bagarre. Un joyeux bordel.

Va pour le suspens, je trouverais quand même dommage que le tour se décide par un chipotage de secondes dans un exercice - le sprint - qui n'est la spécialité ni d'Ullrich ni d'Armstrong. Puisque vous me le demandez, des deux, on dit que c'est Ullrich qui a la meilleure pointe de vitesse.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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