République dominicaine
novembre-décembre 2008

Bonjour à tous !

Ouf.... je ne suis pas prête d'oublier le mois de novembre 2008. Quand ça va mal, ça va vraiment mal. Depuis janvier de cette année, ma charge de travail a augmenté. Je l'ai déjà dit, je me plais à EY et ça va bien. Mais, plus je monte, plus la pression monte également. J'ai commencé à planifier mon voyage au Népal au mois de janvier. Un petit peu à chaque fin de semaine lorsque je ne devais pas travailler. Je travaillais sur un projet important jusqu'en septembre. Intéressant, mais comme on dit en anglais, c'était pas mal "thought provoking". Je me disais que les choses allaient se calmer à partir de septembre. Mais non. Beding bedang, le marché financier s'écroule et nous... les actuaires... on travaille comme des cons.

Les clients veulent se débarrasser de leur business qui n'est plus profitable et je me fais appeler pour travailler sur un projet rush. Les projets de fusions et acquisitions sont toujours gros et urgents. Je travaillais directement avec un partner de la firme. Alors là... il m'a rendue complètement folle. Il n'est pas humain! Il ne dort jamais! Il carbure au café et ne s'arrête jamais. J'avais prévenu tout le monde que je partais pour le Népal. Je croyais avoir pensé à tout et que je n'avais plus à me soucier des détails du voyage. Plus le projet avance, plus je me fatigue, plus mon voyage approche. La semaine précédent mon voyage a été ma pire de l'année. Fatiguée, stressée, lundi à Minneapolis, mardi à Cincinnati, mercredi Chicago, vendredi Inde et dimanche Népal. C'était le plan. Le lundi, je sors de chez moi, ferme la porte, regarde mes mains.... zut, je viens de m'embarrer dehors. J'ai pas le temps de m'en occuper, je dois attraper mon avion. C'est la deuxième fois que ça m'arrive de ma vie, la première étant juste avant un examen de la SOA. C'était un signe que la semaine ne commençait pas bien. Arrivée chez le client, il est satisfait du travail mais veut toutefois qu'on double notre recherche. Pour bien paraître, mon partner dit: "Bien sûr! Elise va tout faire avant de partir pour le Népal". C'était une grosse job. Menfin. éEtonnament, je n'ai pas eu de pépin à Cincinnati. Mercredi matin, je me lève (stressée) et une lumière s'allume. Je vais acheter mon visa à l'aéroport du Népal, mais mon transfert est en Inde. Dans le fond, je sors de l'avion, fait quelques pas à Dehli pour monter dans un autre avion. Je m'informe et j'apprends que juste pour ça, pour un simple transfert, j'ai besoin d'un visa. Étant donné que je suis une Canadienne vivant aux States, il m'était impossible d'obtenir un visa d'urgence. Mon amie avocate a essayé de m'aider, mais en vain. Certaines personnes me disaient que je devais essayer d'y aller quand meême et essayer de convaincre les douaniers à Dehli. Mon ami Indien me disait que ça pourrait marcher, mais que pour une femme seule, ce serait dangereux.

Ainsi, j'ai entièrement annulé mon voyage pour le Népal. Je me suis arrangée avec la compagnie de hiking là-bas et je le repousse au mois de mai prochain. La compagnie a été très correcte avec moi. J'ai perdu un peu d'argent, mais quand même, ce n'est pas trop grave. J'ai été déconnectée de tout depuis les 2 dernières semaines, mais j'ai entendu dire à travers les branches qu'il y a eu une attaque terroriste en Inde. Je ne connais pas les détails, mais sachant ça, annuler mon voyage en Asie a peut-être été un mal pour un bien! Aussi, j'étais tellement au bout du rouleau que je n'aurais surement pas eu l'énergie de grimper les Himalayas.

Si je ne prenais pas mes jours de vacances, j'allais les perdre. Alors là, c'est contre mes principes de ne pas utiliser chaque seconde de mes vacances. J'ai ainsi réservé, 24 heures à l'avance, 2 belles semaines dans un resort en République Dominicaine. À la dernière minute comme ça, c'était vraiment pas cher.

En apprenant mes changements de plans, le bureau m'a sauté dessus. J'étais supposée partir vendredi soir et mon départ a été repoussé à dimanche matin. Je voulais faire ma paperasse le vendredi mais finalement, je me suis retrouvée avec une montagne d'heures chargeables. Je me disais, et bien, pas le choix, je vais la faire samedi. Le manager m'appelle samedi matin pour un meeting. Il m'annonce: "Et bien Elise, je viens de discuter avec le client et je veux que tu fasses ci, ça et ça aujourd'hui". Je lui dit, voyons donc, ce que tu me demandes est 15hrs d'heures chargeables. Mon avion est à 5:50 am demain matin. Pas besoin d'être actuaire pour se rendre compte que ce n'est pas réaliste. Et je n'avais pas fait ma paperasse. On a commencé à argumenter.... et là, j'ai probablement dit le pire argument de ma carrière professionnelle... "I was prepared for the mountains and I'll end up on the beach. I can't work this afternoon because I need to buy a bikini". Enough is enough! Laissez-moi tranquille!!! Je veux partir!!!

La journée avant mon départ a été un vrai bordel. C'est la pire valise que je n'ai jamais faite. J'ai pris la plus grosse que j'avais et j'ai apporté toute ma garde-robe d'été. Je n'avais pas le temps de faire une sélection. J'ai apporté une montagne de romans. Juste pour vous donner une idée, le poids maximal pour une valise est de 50 livres et la mienne pesait 49! La trainer était un bon work-out. :)

Tout ça pour dire que je suis arrivée en République Dominicaine complètement claquée. Fatiguée, stressée, épuisée, blanche comme un drap.... En descendant de l'avion, le pilote me dit: "Mais de la crème solaire immédiatement!!!! T'es tellement blanche!" D'ailleurs, mon nouveau surnom au bureau est Casper.

Je suis arrivée à l'hôtel, j'ai grignoté un peu et bang. Je me suis endormie pour 14 heures. Et durant ma première journée, j'ai fait une sieste de 2 heures pendant l'après-midi. Pendant mes trois premiers jours, je dormais et faisais des siestes. Dans le fond, j'ai passé deux semaines sur la plage à lire des romans. J'en avais tellement apporté! J'avais déjà lu le premier tome de Millenium et je voulais absolument terminer la trilogie. Je l'ai lue d'un coup. Excellent livre en passant. Il faisait trop chaud pour courrir, donc je prenais des longues marches sur la plage à la place. 20km par jour. C'est certain, ce n'est pas la même chose que de se balader dans les Himalayas. Mais vous allez voir sur mes photos.... à défaut d'avoir grimpé des montagnes, j'ai grimpé des cocotiers!!!! C'était évidemment le même degré de difficulté. J'étais épuisée après mon escalade de palmiers..... :)

La température a été super belle. J'ai eu une journée avec des nuages et il a plu 2 fois 10 minutes. À mon hôtel, c'était pas mal juste des familles. Aucun groupe de jeunes et c'était plein d'Allemands et de Français. Je n'ai jamais vu autant de poitrines!!! Quand je prenais des photos, j'essayais de les éviter, mais il y en avait tellement partout que c'est possible que quelques unes apparaissent. Comme à Cuba, le personnel masculin de l'hôtel est très charmeur. Au début, ça me faisait sourire. Là-bas, ça parle espagnol et ils connaissent certaines phrases clées en anglais. Par exemple , ils vont rencontrer des Américains et vont leur demander: "que dois-je dire pour séduire une femme pour une nuit"? Ainsi, un serveur qui me parlait pour la deuxième fois s'approche et me dit: "I really love you for your personality". Je me suis écroulée de rire! Il connaissait bien la phrase en anglais mais l'a pas vraiment utilisé dans le bon contexte! Donc au début, ça fait sourire, mais à la longue, c'est un peu fatiguant. Un soir, j'arrive à la porte de ma chambre et un serveur m'avait suivi. Celle-là, je l'ai trouvé un peu moins drôle. Il a fallu que je le menace d'appeler la sécurité pour qu'il parte.

À Chicago, je continue de passer pas mal de temps avec mes 2 amis Québécois. Un qui travaille dans un hedge fund et deux actuaires, donc faut pas se le cacher, une gang d'intellos. Ils m'ont prêté des films philosophiques pour mon voyage, notamment Slap Shot et Elvis Gratton XXX, la revanche d'Elvis Wong (fini les folies sti). C'était la première fois que je les regardais. J'ai tellement rigolé! Ces deux films représentent très bien mes 2 amis!!! On travaille fort mais quand on est ensemble, on dit beaucoup niaiseries. Non, en fait, ils font les clowns et moi, je suis un excellent public et je rigole.

Sans farce, j'avais l'impression d'être à Santa Banana. J'ai rencontré plein d'Elvis Gratton sur la plage ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu autant de mots d'église. Le lendemain après avoir regardé Slap Shot, j'ai rencontré une gang de Québécois. Leur hôtel était à 4km du mien, donc pas la porte à côté. Une des filles me dit qu'elle est réalisatrice à RDS. Ma première réaction fut : "Connais-tu Yvan Ponton? J'ai regardé Slap Shot hier pour la première fois!" Elle me répond, eh bien oui, c'est mon collègue de tous les jours.

Rencontrer la gang de Québécois était chouette. En fait, c'est facile de repérer les Canadiens sur la plage. Le premier groupe que j'ai rencontré avait construit un castor géant dans le sable. Je les regarde et dis: "Let me guess.... you are from Canada..." Ils me répondent "yes, northern Alberta!". Malheureusement, je n'avais pas mon appareil photo cette journée la. Les Québécois avaient construit un igloo énorme, avec un ours polaire et un pingoin. C'était quelque chose à voir! Etant donné que c'était de loin le plus impressionnant que j'ai vu sur la plage, je me suis dit, ils sont Québécois, c'est sûr. Je leur ai demandé ainsi en Français: "Combien de temps ça vous a pris?"

Il y en a un qui me regarde, les yeux écarquillés "Tu es Québécoise? Wow! Viens prendre un drink avec nous". Il m'attrape par le poignet et allez hop, il m'emmène au bar. Ce n'était pas mon hôtel, je n'avais pas le droit d'être là. Mais il me disait, ne t'en fais pas. J'étais prête pour un verre, mais le soleil commençait à se coucher et j'étais quand même à 4 km de mon hôtel. C'est plus prudent de revenir à la clarté. Mais le groupe était tellement content d'avoir rencontré une autre Québécoise qu'ils insistent pour que je reste à souper. Ok, je veux bien, mais je suis en bikini avec une jupe et je n'ai pas d'argent. Je prenais une marche sur la plage lorsque nous avons fait connaissance. Ils me répondent.... ben voyons, des détails. On va te pr¸eter un t-shirt. Alors, je me fait entraîner avec eux pour la soirée. Je me fais dire par la suite, "Ah, il y a juste un t-shirt propre de disponible.... Un t-shirt Playboy!" Moi, une femme carriériste et féministe.... je me suis retrouvée à porter un t-shirt de Playboy! C'était comique. J'ai des photos pour le prouver. À un certain moment, un barman a remarqué que je n'étais pas une cliente de l'hôtel. Il a commencé a appeler la sécurité. Oh la... je ne voulais pas avoir de problème en République Dominicaine! Les Québécois lui ont sauté dessus et ont commencé à lui donner des pourboires. Il a raccroché et j'ai pu continuer ma soirée de Québécois. C'était pas mal chouette. Il commençait à être tard et je voulais partir. Un des boys me dit, ben voyons, tu peux rester dormir avec nous. Dans la gang, on est trois mecs célibataires. Tu as le choix! Ah les Tropiques.... l'ambiance ne va jamais changer! J'ai décline l'offre en annonçant que j'ai l'habitude de faire du jogging à la noirceur sur le bord de l'eau. La seule différence entre le lac Michigan à 5h du matin et la mer des Caraïbes à 11hrs le soir est le niveau d'alcool dans le sang. Ouf, 4 km après avoir bu avec des Québécois, c'est long! Mais étant donné que j'avais rendu le t-shirt Playboy (j'allais quand même pas garder ça!) et que j'étais en bikini, j'avais froid et j'allais vite. Une fois arrivée, j'ai demandé à des touristes de prendre une photo de ma réussite: 4km de course dans le noir en étant gorlot. Ben quoi... c'est ça les vacances, non? :)

Me voici ainsi de retour à Chicago. J'ai passé de 30C à -10C en une journée. C'est un peu drastique. Deux semaines, ce n'était pas assez pour recharger mes batteries. J'aurais facilement pris 2 m¸eme 3 semaines de plus. Certaines personnes se tannent de la plage après 10 jours. Dans mon cas, vraiment, il n'y avait aucun problème. Le personnage principal de Millenium passe d'ailleurs quelques mois dans les Caraïbes à faire des mathématiques sur la plage. En lisant ça, je rêvais de me transformer en elle!

Je suis de retour et rien ne s'est calmé au bureau. C'est toujours la tempête. D'ailleurs, j'ai un meeting ce soir (et oui, un dimanche soir!). En arrivant dans mon appartement, j'ai remarque qu'un "breaker" a sauté. J'ignore à quel moment ça s'est passé mais ça a débranché le frigo. J'ai tout perdu ce qu'il y avait dans le congélateur. Et en ouvrant la porte, j'ai failli m'évanouir à l'odeur. C'était épouvantable. Et pour ajouter au cocktail de bonnes nouvelles, il y a eu de la mortalité dans la famille pendant que j'étais partie. Donc le brouhaha recommence de plus belle.

Je vous envoie mes photos bientôt.

Elise