Grand Canyon & Sedona
janvier 2007

Bonjour à tous !

Je suis de retour de mes dernières vacances et, cette fois-ci, c'était de vraies vacances. C'était surtout des vraies aventures ! Je vais me rappeler de ce voyage pendant très longtemps. J'ai eu droit à tout.

Tout d'abord, le Grand Canyon n'est pas la porte à côté. Je me suis levée à l'heure des poules pour attraper mon vol pour Phoenix, qui comme tous les autres vols, a été détourné à Tuscon à cause du brouillard, pour ensuite effectuer un retour à Phoenix. C'était le temps des Fêtes et c'était le bordel à l'aéroport. Ensuite, il faut conduire 375 km pour se rendre au Canyon. Je ne conduis jamais ! Je suis nulle dans une voiture. Donc, conduire 375 km d'un coup, pour moi, c'était tout un défi ! Il y avait un accident sur la route, donc tout était ralenti. Sur mon chemin, j'ai eu le plaisir de croiser la charmante ville McGuireville (!!!). Je payais mes frais d'entrée du parc national que la noirceur arrivait. Je n'allais même pas avoir la satisfaction d'admirer le Grand Canyon après cette longue journée de voyagement.

Je restais quatre journées complètes au Canyon. Je prévoyais donc faire quatre randonnées : les deux plus célèbres qui sont très bien entretenues et deux autres qui sont moins connues, pas mal perdues dans la brousse. C'est marqué partout : ne tentez pas de descendre jusqu'à la rivière et remonter dans une journée, c'est trop dangereux et mortel. C'est vrai que plusieurs personnes sont mortes dans ce canyon, mais je savais que sur les sentiers entretenus, durant l'hiver ou les risques de déshydratation sont très faibles, j'étais pleinement capable de le faire.

Donc, première journée, je me lève tôt, j'apporte mon sac à dos et hop, j'étais dehors. Mon hôtel était à 100 mètres du Canyon. Lorsque j'ai aperçu le canyon pour la première fois, OUF ! J'en ai eu le souffle coupé ! Le canyon n'a pas volé son titre de merveille du monde. C'est vraiment époustouflant ! Après quelques minutes, je me suis souvenue que j'étais là pour faire de la randonnée.

Le Grand Canyon pour un randonneur, c'est le monde à l'envers. Il fait froid au départ, c'est-è-dire au sommet (comme -10C), on descend vers la rivière en premier. À la rivière, il fait chaud (10C) pour ensuite remonter au sommet pour la deuxième partie de la journée. Donc, il faut avoir confiance en soi et bien connaître ses capacités pour être certain d'être capable de remonter en haut avant le coucher du soleil. C'était tellement amusant ! J'ai couru les 15 km d'un trait en bas. Bang ! Rendue là, j'ai regardé ma montre et je me suis dit, tu as amplement le temps de remonter en haut et prendre un paquet de photos ! Prendre des photos peut être un peu difficile sur les sentiers a cause des ombres. J'ai quand même été capable d'en prendre quelques unes. Avec les changements de températures et la durée de la randonnée, il faut être en forme et bien équipé. En remontant, je comprenais les avertissements donnés. Je dois avouer qu'avec le froid, j'ai trouve le dernier km un peu difficile a monter. Mais ça valait la peine.

Après cette première randonnée fantastique, je croyais avoir tout vu. Pour ma deuxième, j'allais faire la deuxième plus connue qui est 8 km à l'est de la première. Je me rends donc au sentier en voiture, et c'est peut-être juste 8km à l'est, mais le canyon était complètement différent ! Cette fois, j'ai eu le souffle coupé encore plus longtemps. C'est tellement beau ! Ce sentier est moins long en terme de distance, mais il est beaucoup plus à pic. Encore une fois, je cours d'un trait en bas. Pendant que je courais, il y a eu un gros bruit dans mon genou et j'ai senti les ligaments aller dans une direction et l'os dans l'autre. Médicalement parlant, ce que je viens de dire n'a sûrement aucun sens, mais tout ça pour dire que quelque chose clochait dans mon genou. Sur le coup, je me suis dit ça ne doit pas être grave... Je l'ai payé cher celle-là ! J'ai boité jusqu'à la fin de mon voyage ! Mais, c'est un petit détail. À part ce détail, la journée était parfaite : il faisait chaud, le paysage était magnifique et tous les randonneurs que je rencontrais étaient très gentils. Alors que je remontais, j'ai rencontré une famille qui prenait son temps pour descendre avec deux enfants pas si vieux que ça, 8 et 10 ans environ. Le père commence à me parler en me disant qu'il va se rendre à la rivière et remonter dans la même journée. Je regarde ma montre, il était 11 heures. J'ai essayé de lui faire comprendre poliment qu'avec deux enfants, ce n'était peut-être pas une bonne idée. En réalité, c'est un plan meurtrier pour des jeunes enfants comme ça. Le père n'a rien voulu entendre et il a continué à descendre. Je me disais... pauvres enfants ! Ils vont pleurer en remontant !

Troisième randonnée, je m'aventurais sur un sentier non entretenu. Et je vais l'avouer tout de suite, j'ai tellement eu peur ! Le sentier était très long et très très très à pic. Dangereusement à pic. J'ai commencé à descendre le canyon à pas de tortue. Il y avait de la neige et de la glace partout. À chaque pas, j'avais peur de tomber. Après 5 km, j'ai perdu le sentier. Je pouvais le voir au loin et je me suis demandée, comment peux-tu t'y rendre ? Et bien, si je saute de cette roche sans me rien me casser, je peux l'atteindre. Toutefois, la roche est tellement haute que je ne vais pas être capable de la remonter, donc je ne pourrai pas revenir sur mes pas. Et je suis complètement gelée. Mmmmm... Est-ce que ça vaut vraiment la peine de mourir ici ? Euh, non ! Je retourne sur mes pas immédiatement, je suis morte de peur ! Il n'y a pas un chat sur ce sentier et s'il m'arrive quelque chose, mon corps vas y rester pour très longtemps. J'ai ainsi pris le chemin du retour. En parlant plus tard avec un commerçant, il m'a dit que c'était une très bonne décision. Il m'expliquait que plusieurs randonneurs se perdent sur ce sentier.

Après cette journée, j'étais rétissante à faire d'autres sentiers non entretenus. À cause de la neige qui recouvre le sentier, il est très facile de se perdre. De plus, pour ma quatrième journée, la mauvaise température commençait. La température... à chaque fois que je vous parle à Montréal, vous me dites à quel point il fait chaud et que tout le monde s'ennuie de la neige. Eh bien moi j'étais en Arizona pour profiter du climat désertique... et j'ai eu droit à une de ces tempêtes de neige !!! J'étais découragée. C'est le monde à l'envers ! Il est supposé faire froid au Canada et chaud aux Etats-Unis, pas l'inverse !

Ainsi, pendant la tempête de neige, j'ai du ralentir un peu. Je n'ai évidemment pas pu faire de randonnée. Je voulais sortir du canyon avant que le plus gros de la tempête arrive : le canyon est en altitude et la température est toujours pire qu'ailleurs. J'ai ainsi conduit dans la tempête pour me rendre à Sedona. Je me suis rendue, sans accident ni égratignure.

Sedona est une toute petite ville à mi-chemin entre le canyon et Phoenix. Ça s'appelle aussi Red Rock Country. Tout est couleur brique dans cette ville. C'est une ville remplie de canyons et de sentiers pédestres. C'est aussi un petit paradis pour les adeptes du vélo de montagne. À mon arrivée, la température était horrible, dons je n'ai rien vu. Deuxième journée, ça ne me tentait pas de rester enfermée dans mon hôtel toute la journée. Je me suis dit, tant pis, je vais faire de la randonnée. Ouf, je me suis faite mouiller ! Et, encore une fois, je n'ai rien vu. Troisième journée, finalement, le soleil est arrivé !

Je me lève tôt, prête pour une super journée de randonnée. En me rendant au sentier, je me disais, wow, c'est étonnant ! Tu as conduit de Phoenix au Grand Canyon, et ensuite du canyon à Sedona et tout s'est bien passé. J'étais tellement fière de moi ! Je m'engage sur une petite route et je change d'idée, je suis certaine que je me suis trompée. Donc, je fais marche arrière, tourne le volant, BEDANG !!! Je tombe dans le fossé.

Il me semblait aussi que c'était trop beau pour être vrai. Pas besoin d'être actuaire pour comprendre que Elise plus voiture égale vraie catastrophe. J'ai rencontré un bon samaritain qui a bien voulu m'aider à sortir de là. Pas eu besoin de remorqueuse, il m'a simplement dit comment placer mes roues et hop, j'étais sortie. Les gens en Arizona sont vraiment tous très gentils. Je n'ai eu que de bonnes expériences.

J'ai ensuite commencé une très très longue randonnée de 40 km. Après quelques km, je me suis retrouvée au sommet de la montagne. C'était le lendemain de trois jours de tempête, donc évidemment il y avait de la neige partout. J'ai essayé de suivre le sentier du mieux que je pouvais. À un certain moment, je l'ai complètement perdu. J'ai regardé à gauche, tout blanc. En avant, tout blanc, à droite, tout blanc. En arrière, tout blanc avec mes traces de pas. Mmmmmm... C'est pas vrai que je vais continuer cette super longue randonnée dans ces conditions, c'est beaucoup trop dangereux ! Je reviens sur mes pas. J'étais confortable avec cette décision, car je n'avais qu'à suivre mes propres pas dans la neige. Donc, je reviens... mais, plus le temps avançait, plus le soleil tapait et... plus la neige fondait ! Oh non ! Il ne fallait pas que je perdre mes propres pas, car sinon, j'allais vraiment être dans le pétrin ! Surtout que je n'avais rencontré personne sur ce sentier. En courant un peu, je suis arrivée à ma voiture sans problème. En sortant du stationnement, j'ai fait très attention en reculant. Un fossé par jour était suffisant.

J'ai passé le restant de mes journées sur des sentiers un peu plus fréquentés. Sedona est très beau et très relaxant. Toutefois, c'est difficile de prendre des bonnes photos de cet endroit. J'ai essayé, mais les résultats ne sont pas très bons. Mes bottes de marche sont maintenant rendues couleur rouge brique, comme la ville ! Lors de ma dernière randonnée, j'en avais ras le ponpon de marcher. Je me suis dit, si tu en as assez, ça veut dire que c'était un excellent voyage !

Dernière soirée, je suis allée manger un repas très ordinaire, pâtes et crème glacée. Je me suis dit, va te coucher tranquillement et demain, retournes à Phoenix pour attraper ton vol. En plein milieu de la nuit, j'ai commencé à être malade, tellement malade ! Je vous épargne les détails, mais après l'épisode du fossé, comment allais-je faire pour conduire jusqu'à Phoenix en étant aussi malade ? C'était lundi le 1er janvier et il y avait des policiers partout sur les routes. J'étais tellement concentrée à conduire. Je respectais toutes les limites de vitesse à la lettre. Je me suis rendue à l'aéroport. Le vol a été tellement pénible. Avant d'embarquer, je me suis forcée à boire du jus pour avaler un peu de vitamines. Oh... que je l'ai regretté ! J'ai été malade durant tout le vol. Je me suis rendue chez-nous de peine et de misère. Mercredi soir, aucune amélioration. Je suis allée à l'urgence et les médecins m'ont dit que je m'étais fait empoisonnée et que j'allais être malade pendant encore quelques jours. C'est la première fois que je ne me pointe pas au travail.

Aujourd'hui on est samedi et je peux désormais m'asseoir, ce qui est une très grande amélioration. Je peux même me déplacer un peu. Je me nourris de Gatorade et mon dernier repas était dimanche dernier. En étant aussi malade, je vais vraiment me rappeler de ce voyage pendant très longtemps ! J'espère être de retour au travail lundi.

2006 était vraiment une année remplie d'aventures : Tuscon, France, Suisse, Italie, Pérou, Grand Canyon et Sedona. Sans compter les voyages d'affaires. Ouf. C'est beaucoup ! Pour 2007, je n'ai aucune idée de qu'est-ce qui s'en vient pour moi. Aucune. Et là, je suis un petit peu essoufflée. Pour les trois prochains mois, je reste à la maison. Je ne veux pas bouger !

Bonne année à tous !

Elise xxx