juillet 2007 |

Bonjour à tous !
Je suis de retour des mes dernières vacances au Colorado. Quelles vacances ! Je vais en garder un souvenir mémorable.
Pour commencer, quel voyage cheap ! Pas seulement en terme d'argent, mais en terme de temps. Les dernières fois que je suis allée marcher dans les montagnes, c'était en Europe ou en Amérique du Sud. Donc, plusieurs heures d'avion et des heures de décalage. Pour aller au Rocky Mountain National Park (partie nord du Colorado), mon avion était à 9h00 am et j'étais dans mon hôtel, dans les Rocheuses, à 2h00 pm, incluant une heure d'attente pour obtenir ma voiture de location. Et après avoir passé une semaine à explorer les Rocheuses, je trouve qu'elles n'ont rien à envier aux Alpes. Les montagnes sont aussi belles, et elles sont juste à côté de chez moi. Qu'une heure de décalage, c'était génial !
En descendant de ma voiture, bang ! J'ai senti l'altitude immédiatement, Pour ma première journée, je me suis dit, prend ça molo, écrase-toi dans ta chambre d'hôtel et bois du Gatorade pour t'acclimater. Pas très excitant, mais nécessaire pour passer une belle semaine de randonnée. Le personnel de l'hôtel était très aimable. Une des femmes était une vraie randonneuse et elle s'est assise avec moi pour me donner les meilleurs itinéraires et m'a donné plein de trucs. Comme par exemple, je n'ai pas payé un sou pour accéder au parc national. Toutes mes randonnées étaient gratuites.
Il y a une règle importante à suivre pour les randonneurs au Colorado : il faut toujours être redescendu dans les arbres à midi. Il y a des orages hypers violents à tous les après-midi. C'est le climat du Colorado. Il faut éviter d'être au sommet des montagnes à ce moment. Il vaut mieux être dans les arbres, un abri naturel quoi ! Donc, pour être dans les arbres à midi, je devais me lever tellement tôt ! L'heure des poules s'appelle la grasse matinée... Je me levais à tous les matins à... 3h45. Ça, c'est tôt. Surtout pour des vacances. Mais, ça valait totalement la peine. J'ai vu tellement des beaux paysages. Et en étant aussi tôt, j'étais seule sur les sentiers, seule aux sommets des montagnes. C'était chouette ! Un de mes collègues vient du Colorado et il m'a prévenu : Elise, si tu veux voir les belles montagnes au Colorado, tu dois faire du "backcountry camping", c'est-à-dire, coucher dans les montagnes. Impossible à accéder en une journée, les randonnées sont trop longues.
Moi, une femme seule, coucher toute seule dans les montagnes avec les animaux sauvages ? Non... Mais, je voulais absolument avoir accès aux plus beaux sites. Je me suis dit : bon, tu es en super forme, les médecins me disent à chaque année que je suis prédisposée physiquement pour les sports d'endurance, et j'ai le goût de faire de la randonnée. Je vais donc faire des randonnées de deux jours en une journée. Je vais commencer à ce rythme, et on verra comment ça va aller.
Ouf... Je viens d'accomplir mon plus gros défi d'endurance de toute ma vie ! Je n'ai jamais autant marché ! 170 km en 7 jours. Et ce n'était pas 170 km sur une route plate... mais bien dans les Rocheuses, avec beaucoup de montées et de descentes. Et ce n'était pas simplement de la marche : j'ai fait beaucoup d'escalade et j'ai même fait du slalom ! Avec l'escalade, c'est un peu trompeur... Grimper 0.5 km pouvait me prendre jusqu'à une heure... Je reviens donc à la maison... avec des mollets d'acier ! Je crois que ça va me prendre quelques jours pour récupérer. Je vais vous envoyer mes photos un peu plus tard cette semaine. Si vous les aimez, rappelez-vous que ce n'est pas un autobus qui m'a emmenée en haut ! J'ai été capable de prendre ces photos à la sueur de mon front.
Plusieurs s'inquiétaient que je me ballade seule dans les Rocheuses, mais vraiment, il n'y avait rien là. Il faut juste être un peu alerte et tout va bien. Je dois l'admettre, j'avais peur des ours. J'en ai vu beaucoup lorsque j'étais en Alaska, et j'avais peur de me faire attaquer en étant seule. Ainsi, je m'étais acheté quatre clochettes : une attachée à chaque soulier, une sur mes pôles et la dernière sur mon sac à dos. Je sonnais vraiment comme une église ambulante : ding, ding, dong ! Je recevais plusieurs commentaires sur les sentiers : "Oh, Santa is coming !!!". Oui, j'étais bruyante, mais les clochettes étaient une très bonne idée. Je n'ai pas vu d'ours, mais j'ai croisé plusieurs chevreuils. Ils m'entendaient de loin et me cédaient toujours le passage.
Ma première journée était calme. J'ai décidé de faire une longue randonnée en forêt (en basse altitude) pour me donner le temps de m'acclimater. C'était une randonnée de lacs : il y en a vraiment beaucoup dans ce parc national. Ils sont généralement magnifiques : on voit toujours la réflexion des arbres ou des montagnes sur l'eau. Ma deuxième randonnée était aussi en basse altitude. J'ai grimpé sur un plateau avec vue sur la plus haute montagne du parc. Rendue sur le plateau, je ne voulais plus partir. C'était tellement beau, je voulais simplement élire domicile à cet endroit ! C'était bizare, car j'étais vraiment seule sur ce plateau. Et... j'entendais des voix. Je regarde autour de moi, et vraiment personne ! Les voix venaient du ciel. Je regarde en haut, dans les montagnes et je ne vois personne. Je me disais, oui je dois m'acclimater à l'altitude, mais quand même... Il y a une limite. J'entends des voix !!! Donc, je suis partie en trouvant tout ça un peu bizarre. Mais, je ne me suis pas posée plus de questions. Si vous avez la patience de vous rendre au bout de mon email, j'ai trouvé l'explication un peu plus tard.
C'est à ma troisième randonnée que le vrai sport a commencé. J'ai grimpé une des montagnes les plus populaires. D'habitude, les gens se rendent au sommet, font demi-tour et redescendent. C'est cette journée que j'ai découvert la vraie beauté des Rocheuses. J'étais au sommet, je regarde autour, et réalise qu'il y a plein d'autres sommets accessibles. Les Rocheuses ne s'appellent pas ainsi pour rien... Tous les sommets sont constitués de roches. Si on veut atteindre le sommet, il faut escalader. Il n'y a pas de sentiers qui se rendent en haut, on trouve notre chemin en escaladant. Pour monter, c'est super le fun. Pour descendre, il faut faire un peu attention. C'est très facile de mettre sa jambe entre deux roches et rester coincée. J'étais prudente... Donc, cette journée, j'ai escaladé trois sommets. Et ce n'est pas des petites montagnes... La plus haute cette journée était 3850 mètres. C'est haut ! Et la vue du haut de ces montagnes... Wow... tellement beau ! Pour redescendre, au lieu de retourner bêtement sur mes pas, j'ai décidé de faire une boucle. Pour atteindre le sentier qui allait me permettre de faire cette boucle, je devais descendre un glacier. Il était pas mal à pic ce glacier... Je prends mes bâtons de randonnée et essaie de descendre. Mais, c'est tellement à pic, que la seule façon de descendre est de glisser. Ainsi, j'ai fait du slalom !!! Avec les skis en moins... Pour l'occasion, mes bottes de randonnée faisaient l'affaire. Alors que je me laissais glisser, je me disais... "oh wow, quelle canadienne ! Parfaitement à l'aise sur la neige, fait de beaux virages..." et au moment précis où je me disais ça... BEDING BEDANG, CRACK, BOOM BOOM BOOM !!! J'ai pris une de ces débarques ! Les bâtons qui volent dans les airs, le crack était ma cheville qui venait de se fouler... J'ai fini par arrêter de rouler au bas du glacier, je m'assois un peu et fini par me dire... "ouain.... ça paraît que tu vis aux Etats-Unis !!!" J'étais correcte, que la cheville qui était un peu enflée. Ça, c'est la beauté d'avoir eu plusieurs entorses dans le passé. Maintenant, lorsque je tombe, ça enfle un peu, mais ça ne me ralentit pas.
Les journées suivantes étaient pas mal similaires : je devais faire une montée graduelle de plusieurs km pour me rendre en haut de la montagne, et ensuite, je faisais de l'escalade pour me rendre au plus haut sommet. La température m'a joué quelques tours... J'ai tellement eu froid en Italie avec la grêle. En plus, en me renseignant sur la région, les sources parlaient beaucoup des risques d'hypothermie. J'ai donc apporté avec moi un paquet d'épaisseurs. Rendue la-bas... j'ai tellement crevée de chaleur ! J'étais en altitude : 3000 mètres... Et les deux premières journées, il faisait 36 celcius ! Ça, c'est un peu trop chaud pour la randonnée. Ça s'est un peu calmé les jours suivants. Tout le monde disait que c'était du jamais vu au Colorado. Dans les montagnes, c'est généralement frais.
Mon entourage s'inquiétait que je sois seule dans les montagnes. Moi, ce qui m'énervait vraiment, c'était de conduire seule pendant une semaine complète dans un endroit qui ne m'est pas familier. C'était la quatrième fois que je partais ainsi seule en louant une voiture. J'ai toujours eu un objectif précis. En autant que tu ne tues personnes, t'es correcte (oui... je suis vraiment une conductrice terrible...) Avec cette dernière escapade dans les Rocheuses, j'ai dû augmenter légèrement mes standards... Alors que je conduisais au milieu de la nuit pour me rendre à mon sentier de randonnée, croyant être seule et chantant à tue-tête pour me tenir réveillée, je sortais d'une courbe et... un orignal, qui n'était vraiment pas pressé de bouger, était sur la route. J'ai freiné très brusquement à la dernière fraction de seconde. Et je l'ai évité de justesse.
Ça, c'était ma première frousse. Ma deuxième frousse était au sommet d'une montagne. Il était 10h10 am et je voulais vraiment atteindre le sommet. Théoriquement, il me restait encore 40 minutes pour l'atteindre. Soudainement, les méchants nuages noirs sont apparus. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ? Ils étaient en avance ! Ils ne sont pas supposés apparaître avant midi !!! J'ai rebroussé chemin en espérant fort que l'orage n'allait pas éclater alors que j'étais encore sur la montagne. La pluie a commencé... j'ai eu un peu peur. Et 5 minutes après avoir atteint les arbres, l'orage a commencé. J'ai ainsi descendu la montagne pendant 3 heures en écoutant le bruit du tonnerre... et en me rappelant que mes pôles sont des excellents conducteurs ! Tout s'est bien passé... je suis encore en un seul morceau.
Il y a un défi dans le monde des randonneurs qui s'appelle le 54-14. Il y a 54 montagnes au Colorado qui mesures plus de 14,000 pieds. Le défi est de les escalader. Dans le parc national où j'étais, il n'y a avait qu'une montagne de 14,000 pieds. La plupart d'entre elles se situent au Sud du CO. C'est certain que je voulais la grimper ! Mais la première chose que l'on m'a dite en arrivant c'est que la montagne était encore technique à ce temps-ci de l'année. Ce qui veut dire que le sommet est en glace et qu'il faut des crampons, des pics et des cordes pour atteindre le sommet. Quelqu'un est mort la semaine précédant mon arrivée. Cette fois-ci, je n'ai pas fait ma tête de cochon... J'ai décidé de ne pas me rendre complètement en haut. Toutefois, il était possible de faire environ 90% de la montée. Il suffisait de s'arrêter au "keyhole", un gros trou dans les roches. C'est une des randonnées les plus populaires du parc.
J'étais prête à commencer ma randonnée dans la noirceur, et un autre marcheur commençait en même temps que moi. Il fait noir, je ne le connais pas, il est plus grand que moi... j'ai essayé poliment de me débarasser de lui : ah, je dois aller dans les buissons, ne m'attend pas, continue à monter. Mais, il n'y avait rien à faire, il ne voulait pas partir ! Finalement, le gars était bien correct ET... il était photographe professionnel ! Donc, je lui ai planté ma caméra dans ses mains ! Donc, nous montons, montons, escaladons... C'était ma sixième journée de marche, je commençais à être un peu essoufflée. Surtout que cette montée était la plus haute de mon voyage. Le keyhole est à 13,250 pieds (4000 mètres...), donc ça commence à être pas mal haut. Je grimpe, grimpe et arrive enfin au keyhole. Une fois atteint, je regarde de l'autre côté de la montagne. Et... j'aperçois le plateau où je voulais élire domicile lors de ma deuxième randonnée !!! Ah !!! Les voix venaient du keyhole ! Je n'étais pas folle... les voix venaient vraiment du ciel ! Quel soulagement... Je l'ai bien ri !
Les gens dans la montagne sont super sympathiques. En redescendant, je croise deux autres randonneurs. En me voyant, ils me disent: "Ah oui, toi et tes clochettes... nous t'avons déjà croisé il y a trois jours..." En se parlant un peu, je réalise qu'ils habitent Chicago.
Donc, en rencontrant plein de monde dans la montagne, je me suis retrouvée dans une maison de vin avec d'autres randonneurs lors de ma dernière journée. Apres 105 milles dans les Rocheuses, je pouvais bien prendre un verre pour célébrer ! En fait, c'était une maison de dégustation. C'était complètement ridicule... C'était 5 dollars pour goûter 8 vins ! Un gros dollar supplémentaire pour un vin de glace. C'était délicieux ! Belle façon de terminer un beau voyage.
Je suis maintenant de retour à Chicago. Plusieurs me demandent comment mon saut en parachute s'est passé. Cette journée-la, il pleuvait des clous ! Je n'ai donc pas pu sauter. Ma nouvelle date est à la fin juillet. J'ignore si je serai capable de sauter cet été : à la seconde où il y a un nuage, la compagnie annule les sauts. Donc, je me croise les doigts pour que la journée où je peux me trouver un lift, le soleil se montrera le bout du nez. Je continue de voyager à chaque semaine sur la côte Est. Une chance que j'ai mon téléphone cellulaire pour me dire quelle heure il est : tant de fuseaux horaire en si peu de jours ! Heure des montagnes, Midwest, côte Est... C'est rendu que je ne porte plus de montre. J'en ai assez de changer d'heure constamment ! Je n'ai aucune idée pendant combien de temps encore je serai à Baltimore. C'est dommage, car j'aimerais passer plus de temps avec mon monde à Chicago. C'est un peu difficile en passant 4 soirs semaine à Baltimore... En plus, la saison des orages est maintenant commencée. Ça, ça veut dire des heures interminables à attendre dans les aéroports...
Pour les prochaines semaines, je vais essayer de me reposer un peu... Dernièrement, j'ai fait Minneapolis/Baltimore/Italie/Baltimore/Colorado/Baltimore. J'aime beaucoup mes vacances, mais elles sont un peu fatigantes... Donc, mes prochaines aventures seront à la fin de l'été. Je vais passer 16 jours dans les Pyrénées à faire devinez quoi ? Eh oui... de la randonnée !
À la prochaine !
Elise xxx




