Tucson
29 mai 2006

Bonjour à tous !

Me voici de retour avec mes supers aventures ! Il était temps, j'avais vraiment besoin de vacances. Mes calculs actuariels me sortaient par les oreilles. Ce qui est chouette à EY est que pendant l'été, nous avons trois fins de semaines de 4 jours. Ainsi, avant de partir pour les vraies vacances en Europe, j'ai décidé de me réchauffer un peu en allant à Tucson. C'est où ça ??? C'est la deuxième plus grande ville d'Arizona (après Phoenix) située au sud-est de l'état, tout près de la frontière mexicaine. Tout le monde m'a dit que c'était une ville paradisiaque pour la marche en montagne. Étant donné que mes trois prochains voyages seront en altitude, je suis allée m'entraîner un peu.

Oh là là... C'était tellement beau ! C'était ma première expérience désertique. Il faisait chaud et mon hôtel était collé sur un parc national. Il y avait des cactus partout partout partout ! C'est vraiment impressionnant à voir. J'en ai vu de toutes les formes. J'ai appris que ça prend 100 ans pour qu'un cactus ait son premier bras. J'en ai vu certains avec six ! Il était plus vieux que moi, certain !

Les gens sont très gentils là-bas. Ils sont calmes, jovials et très sociables. J'étais un peu nerveuse à l'idée de louer une voiture et de me balader toute seule (étant donné que je suis un danger public lorsque je conduis...), mais les gens conduisent tellement lentement là-bas ! Il n'y avait vraiment pas de quoi s'énerver. Étant donné que la ville est très étendue, avoir une voiture était génial.

Ce qui est incroyable à Tucson est la végétation. Il y a trois différentes sortes de végétation dans la même ville. Spécial, non ? Je me suis donc assurée de faire une randonnée dans chacune. Le jour de mon arrivée, j'étais prête à marcher vers midi. La règle è Tucson est de rester è l'intérieur durant l'après-midi : aucun nuage et la température varie entre 34 et 36C. Je ne voulais pas gaspiller une journée de marche pour cette règle et je me suis dit que j'avais besoin d'un petit avant-goût de la chaleur pour mon voyage en Afrique. J'ai ainsi bravé le désert ! La randonnée était facile, mais ouf ! Le désert, c'est le désert et il faisait très très chaud ! Une chaleur qui est dangereuse. J'ai été capable de marcher quatre heures. Cette marche était la marche de cactus. Le sol était complètement sec et, à cause de la chaleur, je n'ai croisé aucune bibite dangereuse.

Ma deuxième marche était ma marche d'altitude. Il y a un chaîne de montagnes et j'ai conduit au sommet du plus haut mont. Il y avait plein de sentiers et j'étais à environ 9000 pieds d'altitude. À cette hauteur, pas de chaleur, pas de cactus, que du vent et une forêt massive. J'avais tellement froid que j'ai dû acheter un polar au sommet. Donc, une journée je suis dans le désert en train de mourir de chaleur, et la suivante, j'ai l'impression d'être dans une forêt canadienne en train de geler ! C'est spécial !

Ma troisième randonnée était une vraie aventure ! En regardant la carte topographique, j'ignorais si mon itinéraire était réaliste ou non. Je voulais faire une grande boucle en partant d'un canyon, monter en altitude vers la forêt et redescendre au bas du canyon. Pour éviter la chaleur, je suis partie tôt : à 6h15, je commençais ma marche. Le soleil se couche à 19h, donc je me disais, si à midi, tu n'es pas rendue à la moitié, fais demi-tour. De cette façon, j'ai une heure de jeu avant qu'il fasse noir. Donc, je commence à marcher au bas d'un canyon. C'était magnifique, des supers roches partout. Le lever du soleil était de toute beauté. J'étais loin d'être la seule matinale : j'ai rencontré plusieurs joggeurs qui couraient sur le même sentier que moi. J'étais pas mal impressionnée; la majorité d'entre eux étaient âgés de 50 ans et plus et ils couraient en altitude, vers le haut !

Vers 9h30, je rencontre un autre marcheur solitaire. Il me demande s'il peut marcher avec moi. Étant donné que je commençais à être pas mal éloignée dans les montagnes, je me dis qu'il est plus prudent d'être deux. Il était jeune et avait l'air en bonne forme physique. Le pauvre, il n'avait aucune idée de l'aventure qui l'attendait ! Vers 10h, le sentier était de plus en plus difficile à suivre. Nous le perdions constamment. Toutefois, le gars était pas mal bon pour le suivre et il m'a fait sauver beaucoup de temps. Toute seule, j'aurais fait demi-tour. Ça devenait difficile et on commençait un peu à se décourager. Nous allions presque revenir sur nos pas et à 11h40, nous sommes parvenus à la moitié de la boucle. Donc, à partir de ce point, nous pouvions qu'espérer que le sentier allait être facile à suivre pour la deuxième moitié car, après midi, plus question de faire demi-tour. Je voyais que le gars commençait à être un peu fatigué, mais il n'avait pas encore émis de commentaire. Nous marchions depuis environ 6 heures.

J'étais encore pétante d'énergie, donc pour moi, aucun problème. En commençant la deuxième moitié, nous nous sommes aperçus que nous devions escalader une de ces montagnes ! Et là, les commentaires de mon compagnon ont commencé : et bien... on peut dire qu'aujourd'hui, tu fais vraiment un homme de moi ! Un peu plus tard... ouais, je croyais être en forme, mais j'ai de la misère à te suivre... En montant la montagne, il fallait enjamber des cactus, passer par des buissons, disons que c'était assez sportif et j'ai pleinement goûté aux aiguilles de cactus ! J'avais des belles jambes en sang ! Mais, j'étais déterminée à revenir au sol avant la noirceur, donc pas question de ralentir. Mon compagnon commençait à être blanc comme un drap et il ajouté : "You are a pretty tough woman...". Je pense qu'il a un peu regretté de me suivre ! Il a fallu que je le nourrisse un peu et lui donne à boire. Je ne voulais pas qu'il s'évanouisse en haut ! La montée était difficile : ça nous a pris 2h30 pour parcourir 5km. La montée totale était de 4000 pieds.

À un certain moment, j'avais peur de ne pas être capable de revenir à la clarté. Nous avons commencé à descendre à 14h30, donc après 8 heures de marche. Je commençais à me poser la question : combien de km au total ? Durant la randonnée, je n'en n'avais aucune idée. Donc, on commence à descendre. Lorsqu'on s'est rencontré le matin, nous bavardions de tout et de rien. Vers 16h, silence total. C'était une épreuve d'endurance, il fallait revenir en-bas à la clarté. Nous marchions, point !

C'était quelque chose et je me rappelle de chaque minute. Pendant presque toute la randonnée, c'était moi qui prenait les devants et il me suivait. Mais, à 16h47, il était le premier. Je me rappelle de la minute exacte. Il a crié, crié, crié en sautillant comme un fou ! Et j'ai vu pourquoi. Ma plus grande peur. J'étais tellement contente de ne pas en avoir croisé durant mon séjour, et à la dernière journée, j'en rencontre un. Ssssssssssss... Un serpent. Il était rayé noir, rouge, jaune. Des rayures de la même grosseur. Je dois avouer que les couleurs étaient très impressionnantes. Elles étaient très éclatantes ! J'ai eu le temps de faire quelques pas vers l'arrière, lui quelques pas vers l'avant. Mon compagnon était de Tucson, donc il connaît les dangers environnants. Il me crié : "Watch out ! It's a killer one !!!". Oui, un serpent venimeux. Nous l'avons laissé passer, attendu un peu et on a continué notre route. Il m'a expliqué qu'il était normal d'en croiser à la fin de l'après-midi puisque la température baissait. Ma réponse a été simple : "À partir de maintenant, tu prends les devants en tout temps ! C'est pas discutable !". J'avais la chienne d'en croiser d'autres.

Apres l'épisode du serpent, nous n'avions aucune idée si nous étions proche de la fin ou non. Une heure, deux heures, aucune idée. À cause de la chaleur, il fallait boire beaucoup d'eau. Je crois avoir bu 5 litres dans la journée. Mais, après 5 litres d'eau, il est naturel d'avoir certains besoins... Mais j'avais tellement peur des serpents venimeux... Je ne voulais pas y aller ! Donc, c'était vraiment une épreuve d'endurance ! Finalement, à 18h15, exactement 12 heures apres mon départ, nous sommes arrivés au stationnement. Le bas du canyon est touristique, donc il y avait des salles de bain publiques. Dès que je les ai aperçues, je suis partie à courir ! Vite, vite, vite ! À mon retour, mon compagnon me dit : je ne peux pas croire qu'après 12 heures de marche en montagnes, tu es encore capable de piquer un sprint ! Nous étions complètement crevés et nous rêvions de manger, manger et manger. Nous ne pouvions sentir nos pieds.

À mon retour à l'hôtel, j'ai évidemment commandé un repas monstre. En attendant, j'ai pris la carte topographique et je me suis dit, voyons voir quelle distance nous avons parcouru. J'ai sursauté en réalisant que nous avions marché... 36 kilomètres ! Ouf ! C'est beaucoup. En fait, c'est mon record personnel. Sur notre chemin du retour, nous avions rencontré un couple qui faisait le même itinéraire, mais en 2 jours. Il nous ont expliqué que c'était la durée "normale"...

Donc, cette randonnée était vraiment toute une aventure ! Je suis sûre que c'est un bon réchauffement pour la montée du Kilimanjaro. En passant, j'ai récemment décidé de me prendre en main et j'ai finalement acheté une caméra numérique ! J'ai déjà essayé de vous envoyer des photos, mais toutes vos boîtes électroniques avaient refusé mon courriel à cause de la grosseur de mes photos. Je vais essayer de trouver un site internet où je peux les afficher. Comme ça, ça va vous donner une petite idée de mes aventures... Cette fois-ci, j'ai bien sûr pris des photos de toutes mes égratignures et de mes bleus ! Cette randonnée était mémorable ! Je suis convaincue que lorsque j'aurai 50 ans et que je vais regarder ces photos, je vais me dire : mon dieu que tu n'avais pas de tête lorsque tu étais jeune... Ah ! C'est pas pour rien que ça s'appelle "Les Aventures d'Elise" !!!

Ainsi, j'ai adoré l'Arizona. Un petit paradis pour les randonneurs. La prochaine fois que je vais dans cet état, je vais aller me balader dans le Grand Canyon. Je vous reparle lors de mes prochaines aventures. Dans trois semaines et demi, je m'envole pour les Alpes. Deux belles semaines de vacances à marcher dans les montagnes en France, Italie et Suisse...

Grosses bises,

Elise xxx