Philadelphie
21 février 2005

Bonjour à tous !

Eh oui, ça fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles. Disons que ce que je vis présentement est pas mal moins intéressant que mes escapades à Seattle/San Francisco/San Diego. Ma lune de miel avec mon travail est terminée. Alors que je me balladais partout gratuitement (et que j'avais le temps d'en profiter !), me tapais des hôtels de luxe et des restos du tonnerre, je vois maintenant l'autre côté de la m.édaille... TRAVAIL, TRAVAIL et TRAVAIL !

J'y goûte pour vrai ! Je travaille dans l'état de NY pour trois mois. Du lundi au jeudi, à chaque semaine, je suis à Armonk. C'est ou ça ? Ne cherchez pas sur une carte : c'est au milieu de nulle part ! Complètement perdu dans les bois. D'ailleurs, la vue de mon bureau est la forêt et un lac. Oui, c'est beau, mais, comme je disais, c'est au milieu de nulle part ! Donc, on ne peut sortir le soir : nous sommes condamnés à la nourriture de l'hôtel. Et, étant donné que c'est au milieu de nulle part, il n'y a pas d'hôtel chouette. J'habite présentement au Renaissance, la même chaîne que Marriot. Depuis que j'y habite, j'ai appris des nouvelles statistiques. Vous savez qu'ils lavent les couvre-lits et les couvertures quatre fois par année ? Sans parler des tapis... Burk ! Je deviens de plus en plus dédaigneuse...

C'est maintenant rendu que tous les employés de l'hôtel me connaissent ! Tout le personnel me fait la conversation.

Le seul fait cocasse qui s'est passé est un matin, je me suis levée pour aller au gym. Il n'était même pas 6h du matin, j'étais encore endormie. J'ai contourné le corridor pour me rendre aux ascenseurs et un homme flambant nu attendait également l'ascenseur. Lorsqu'il m'a vu, il est parti se cacher très très tranquillement, en marchant de façon très détendue. Une fois rendue en bas, j'ai croisé un employé de l'hôtel. Je lui ai dit : oh, en passant, un homme nu attend l'ascenseur au 6ième. Un autre locataire se rendait également au gym. Tout de suite, il a réagi à cette nouvelle. Imaginez. Un hôtel dans une petite ville perdue au milieu de NY State. Vous savez à quelle vitesse la nouvelle s'est répandue dans l'hôtel ! C'était sur toutes les lèvres... En arrivant au travail ce matin-là, je conte mon anecdote à mes collègues. Le manager du projet me répond : oh, tu sais ce qui est arrivée à telle actuaire d'EY au même hôtel ? En plein milieu de la nuit, un homme nu a cogné dans sa vitre et lui a demandé de le laisser entrer...

Et voilà. C'était l'anecdote d'Armonk. Point final. À part travail, travail, travail, il n'y a rien d'autre à dire.

À tous les vendredis, je suis à Manhattan. Et où se trouve mon bureau ? Collé collé sur le World Trade Center. Quand je dis collé, je parle d'une rue qui sépare les deux, donc 3-4 mètres. Je suis au 52e étage. À chaque semaine, je vois Ground Zero, un gros vide dans la ville. Je ne suis pas Américaine, mais j'ai quand même une petite pensée pour tous les employés qui s'étaient rendus banalement au travail ce matin-là.

Manhattan est bien chouette pour venir y passer quelques jours en touriste. Il y a plein de choses à faire, à visiter, plein de places pour sortir. Manhattan pour travailler... L'ENFER !!! Je déteste ! À tous les jeudis, je quitte Armonk, monte dans le train le soir pour Manhattan. Un fois rendue, juste se rendre à l'hôtel est un calvaire. Du train à l'hôtel, c'est 9 coins de rues. La majorité d'entre vous me connait en habillement très confortable : pantalon lousse, coton ouaté et running shoes. Habillée de cette façon, je peux grimper, escalader toutes les montagnes de cette planète avec un beau gros sourire. Mais, à New York, je dois m'habiller en petit tailleur serré avec des talons aiguilles. Et me ballader partout en traînant ma valise et 2 laptops. Vous allez me dire : la solution est simple, prends un taxi ! Trouver un taxi, à Manhattan un jeudi soir, quand tout le monde sort ? Mission impossible. La quantité de monde qu'il y a à Manhattan, c'est incroyable. Marcher 9 blocs avec une valise, c'est la loi du plus fort : il faut pousser, couper et jurer quelques fois et je finis par me rendre à destination. J'ai tellement de travail que je n'ai pas le temps de profiter de la ville.

Grosse nouvelle : je déménage ! J'ai essayé Philadelphie et je déteste. Destination : Chicago. 1er mai. J'espère juste que cette future destination sera la bonne. Déménager n'est pas reposant. Oui, je garde le même travail. Ça a été très facile : j'ai demandé un transfert et une semaine et demie plus tard, on me disait : pas de problème. Quand t'es prête. Avec tous les voyages d'affaires que je fais, quelle est la différence entre retourner à la maison à Philly ou à Chicago ?

J'ai toujours dit que voyager est une super expérience : on apprend plein de choses et on rencontre plein de gens. Mon dernier voyage à Cuba est un bon exemple : j'ai rencontré Isabelle, qui vient également de Montréal. Depuis notre voyage, nous avons gardé contact. Elle m'annonce en décembre qu'elle se faisait transférer à Chicago. Je lui ai dit : en passant, je n'aime pas Philly. Tu veux qu'on soit colocs ? Et voilà ! Elle a déjà trouvé un très bel appartement, à un bloc du lac Michigan, dans un très beau quartier. Et beaucoup plus grand que Philly et pour beaucoup moins cher.

Dernière nouvelle. Pour briser mon quotidien de travail, travail, travail, vendredi matin, encore en étant au gym, alors que j'avais terminé mon entraînement, je descends de la machine très banalement. Je n'avais pas remarqué que la machine était sur un petite marche. Je suis complètement tombée, en entendant un énorme CRACK. Eh oui, la même cheville que je me suis blessée alors que j'étais en Alaska. Elle est maintenant enflée comme une poire. Et j'ai vraiment de la misère è marcher. Ça s'est passé à Manhattan. Inutile de vous dire à quel point c'était un plaisir de me rendre à Penn Station, un vendredi soir, avec le traffic, la valise et une entorse ! Ça a été plutôt éprouvant. En arrivant chez nous, j'étais tellement découragée, je me suis assise, et j'ai pleuré et pleuré de douleur. Au moins, je retrouvais mes béquilles ! C'est plus facile de me déplacer avec elles.

Le samedi, j'ai pris la décision de ne PAS me retaper le trajet en train. Tant pis New York, je vais travailler de Philadelphie pour toute une semaine. La dernière fois que j'y ai travaillé c'était la première semaine de novembre. Mes collègues vont sûrement m'avoir oubliée... Je me croise les doigts pour être capable de marcher bientôt. Mon objectif est une semaine.

Pour samedi soir, je me suis dit, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu ne peux marcher et je n'ai absolument aucune nourriture chez moi (que voulez-vous, je ne suis jamais dans mon appartement !). Il y a un mois, j'ai entendu entre les branches qu'un actuaire québécois de Towers-Perrin (eh oui, Alex Drouin) est, tout comme moi, coincé tout seul dans l'horrible ville de Philadelphie. J'avais déjà soupé avec lui une fois pour lui souhaiter la bienvenue. Je l'appelle, lui explique que je suis coincée en béquilles chez moi. Il a vraiment été gentil. Il est venu à ma rescousse avec de quoi boire et manger ! Ça a été une bonne soirée.

Au revoir et portez-vous bien !

Elise xxx