De Philadelphie à Chicago
9 mai 2005

Bonjour à tous !

Oh la la ! Déménager aux Etats-Unis, faites-moi confiance, c'est toute une aventure !

Mon déménagement Montréal-Philadelphie s'était tellement bien passé que jamais je n'aurais cru qu'un déménagement pouvait tourner en un tel cauchemar.

J'avais fait ma réservation pour le vendredi 29 avril. Les jours précédents la date, j'essayais à maintes reprises de rejoindre la compagnie de déménageurs et elle était très difficile à joindre. Dans le contrat, c'est indiqué que la date estimée de déménagement était le 29 ou 30. Toutefois, ce que l'on m'avait expliqué lorsque j'ai signé était que les déménageurs seraient là le 29 pour sûr, a moins qu'il y ait un tremblement de terre, ouragan ou un tsunami. Je me disais donc que la probabilité qu'ils viennent le 30 était plutôt mince. Le 28, on m'appelle pour me dire qu'ils viendront le 30 à 9h. Ok, ça va puisque c'est un samedi. Je voulais absolument être à Chicago le lundi. Un de mes anciens professeurs d'université y était pour une conférence et nous avions un souper de prévu. Le 30 était donc encore acceptable. Je change ainsi mon billet d'avion.

Samedi matin, le déménageur même m'appelle pour me dire qu'il est présentement à Virginia Beach. Il me dit qu'il tenterait de venir me chercher en soirée. Je lui demande donc de m'appeler régulièrement durant la journée pour me dire où il est rendu dans son parcours. Mais il n'appelait pas ! À 15h30, j'ai finalement été capable de le joindre et il me répond : "Right now, I'm in Maryland. Stop calling me, you are eating my battery. I'll try to be there tonight, if not, I'll be there for sure Sunday morning at 7:00am". D'accord, je change encore une fois mon billet d'avion. Aussi, ce qui me rendait la vie encore plus difficile, est que dans mon building de Philadelphie, les locataires doivent déménager à des heures fixes et réserver les ascenseurs à l'avance. Les gardiens ne cessaient de me répéter : tu ne pourras pas à cette heure, d'autres personnes ont réservé. Il y a des règles a suivre ici. Tu dois les respecter.

Pour bien comprendre ma situation, il faut se rappeler que tout est empaqueté et qu'il y a des boîtes partout. Le frigo est vide, je ne peux quitter le building au cas où le déménageur se pointe. Les serviettes et le rideau de douche sont rangés dans les boîtes ainsi que mes draps. Je me répétais, ne t'inquiète pas....il arrive bientôt. Une dernière nuit à coucher sur le sofa sans couverte et ce sera terminé.

Dimanche matin, aucune nouvelle du déménageur. Le temps passe et passe. Il ne se pointe pas. Il ne répond pas à son cellulaire. J'appelle le courtier qui m'a trouvé cette compagnie de déménagement. C'est dimanche, personne ne répond. J'appelle la compagnie de déménagement. Personne ne répond. C'est dimanche. J'essaie tant bien que mal de joindre qui que ce soit. Toujours la même situation. C'est dimanche, tout est fermé. Et le déménageur n'arrive pas et il ne répond pas à son cellulaire. Je ne peux quitter le building. Gggggrrrrrr !!!!! Ça me rendait folle ! J'étais tellement impuissante dans cette situation. Je suis totalement dépendante de ces déménageurs : je ne peux déménager mes gros sofas et mon lit moi-même de Philly à Chicago. Et j'avais déjà payé un dépôt assez important. Dimanche soir, je ne change pas mon billet d'avion, je l'annule tout simplement.

Lundi matin, j'appelle la compagnie de déménagement. Je leur demande : qu'est-ce qui se passe ? Personne n'est venu et le déménageur n'est pas joignable. La compagnie n'y comprenait rien. Elle me rappelle une demi-heure plus tard pour me dire, genre : Le déménageur a décidé de démissionner en fin de semaine. Il a quitté, laissé le camion sur la route, et est parti. Nous ignorons où est le camion. Non mais, vous vous rendez compte ????? Vous vous imaginez si mes affaires avaient été dans le camion ? J'appelle donc mon courtier pour lui dire qu'il doit me trouver une autre compagnie au plus vite. Je ne pouvais plus vivre dans mes boîtes !

Il me rappelle pour me dire qu'il m'envoie un excellent chauffeur le mardi matin. Je trouvais que c'était un peu tard étant donné que ma date était supposée être le vendredi. Mais bon, je n'avais pas le choix. Quelqu'un devait venir chercher mes affaires. Zut, je manque mon souper à Chicago. J'espère juste que mon ancien professeur ne croit pas que j'invente des excuses comme une étudiante qui essaie d'échapper à un examen ! Le chauffeur m'appelle le lundi soir pour me dire de ne pas m'inquiéter et qu'il sera là à 9h le lendemain.

Mardi matin, il me rappelle pour me dire qu'il est en chemin et qu'il y a du traffic. À 10h30, hourra ! Il me dit qu'il est à Philly et qu'il sera là dans quelques minutes. Le calvaire va bientôt se terminer. À 11h30, il n'est toujours pas là. Je l'appelle, pas de réponse. Non, non, non. Je ne veux pas que ça recommence ! À 12h, pas là. À 13h, pas là. Toujours pas de réponse à son cellulaire. J'appelle mon courtier, il me dit qu'il ignore ou le chauffeur est.

À 15h, je me disais, ça y est. Il ne se pointera pas. Qu'est-ce qui s'est passe ? La dernière fois que je lui parle, il est à Philly et pouf ! Il s'est volatilisé. J'ordonne à mon courtier de me trouver quelqu'un d'autre. J'étais hors de moi. Vais-je un jour être capable de sortir de cet appartement ? Pourquoi personne ne veut venir me chercher ? Qu'est-ce que j'ai fait ??? Une chance qu'aucun autre locataire ne rentrait dans mon appartement. Attendre dans le corridor aurait été encore pire.

Trouvez-vous que mon histoire est longue et interminable ???? Imaginez la vivre ! C'était un calvaire d'attendre, d'attendre sans jamais savoir si quelqu'un allait se pointer ou non.

Le courtier me trouve une autre compagnie. Il sera la mercredi matin avant midi. Ma première réponse fut : Comment puis-je te faire confiance ? Est-ce qu'il viendra vraiment ? Il me donne le numéro du chauffeur. Je l'appelle immédiatement, lui explique que je vis dans mes boîtes depuis 6 jours et que j'attends comme une belle poire que quelqu'un vienne. Il a été très gentil. Il me dit, je vais être en retard car le déménagement que je fais présentement s'éternise, mais je viens, promis. Avec lui, j'étais confiante. Je me disais, il va venir.

Oui, il est arrivé. À 23h30 ! Il était seul et était plus vieux que mon grand-père ! Comment allait-il faire pour transporter mon lit et mes gros sofas ? Ainsi, j'ai TOUT déménagé avec lui. À un moment donné, il était sur le bord de s'écrouler. Je croyais vraiment que mon déménagement allait l'achever ! Sans exagération ! Nous avons terminé à.... 4h du matin ! L'enfer ! Mon vol pour Chicago était à 6h20. J'ai juste eu le temps de prendre mes valises, sauter dans un taxi et aller à l'aéroport. Pour couronner le tout, je m'étais faite sélectionner par l'ordinateur (peut-être à cause du nombre de fois que j'ai changé mon billet....) pour une fouille complète de sécurité. Toujours agréable après 6 jours è attendre des déménageurs et après une nuit blanche. À la seconde que je me suis assise dans l'avion, bang, je me suis endormie. Je n'étais pas du tout triste de quitter Philadelphie. Je n'ai jamais aimé cette ville et disons que toute cette attente ne me laisse pas un bon souvenir. Je ne cessais de penser que tout le monde devait détester cette ville puisqu'aucun déménageur ne voulait venir me chercher !

Durant mon attente, j'appelais régulièrement ma future coloc pour la tenir au courant. Elle m'avait préparé un beau lit pour mon arrivée. Lorsque je suis entrée, je me suis écroulée sur le matelas. J'étais totalement épuisée !

Est-ce que la saga est terminée ? Non. Elle le sera définitivement lorsque mes meubles seront en lieux sûrs dans mon appartement ! C'est vraiment une expérience que je ne souhaite à personne ! Je vous jure, la prochaine fois que je déménage, ce sera pour retourner à la maison, à Montréal et j'engage immédiatement le Clan Panneton. Et comme c'est parti avec mon travail, j'ai l'impression que ce ne sera pas dans trop longtemps ! Je m'ennuie tellement de Montréal. Surtout de la mentalité...... C'est féroce ici. J'aime bien dire que je suis un dauphin qui travaille dans un monde de requins méchants.

Je dois tout de même essayer de profiter un peu de Chicago. Ici, c'est superbe. J'habite à un bloc du lac. Il est tellement grand qu'on n'a pas l'impression que c'est un lac. Dimanche matin, je suis allée boire mon café assise sur les rochers en écoutant le bruit de l'eau frapper contre ceux-ci en regardant l'horizon. Ce n'est pas l'océan, mais quand même, pas si mal comme environnement. Il y a plein d'arbres et les gens sont très gentils. C'est le genre de quartier où tout le monde te dit bonjour lorsque tu prends une marche. Bien différent de Philadelphie !

Sur ce, je vous souhaite une belle semaine à tous !

Elise xxx

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11 mai 2005

Bonjour à tous !

Voici la conclusion de mes palpitantes aventures de déménagement.

On m'avait dit que les déménageurs arriveraient mardi à 8h. Étant donné que j'habite au troisième étage, aucun ascenseur disponible, des escaliers étroits, j'avais spécifié que je voulais plus qu'un déménageur. Je ne voulais pas me taper tout ça toute seule avec papi !

À 7h, le chauffeur m'appelle pour me dire qu'il est à 40 milles de moi. C'est le même papi qui avait chargé le camion à Philly. Il arrivera dans moins d'une heure. Parfait ! S'il arrive à 8h, j'ai toute la journée pour défaire des boîtes. Toutefois, pour aider à adoucir mes frustrations de déménagement, papi avait perdu son cellulaire en Pennsylvanie et il n'y avait aucun moyen de le joindre.

9h, pas là. C'est correct, je suis armée de deux laptops et une montagne de travail à faire. 10h, pas là. 11h, pas là. J'étais pas contente ! Oh non ! Le cauchemar de l'attente recommence ! Aucune façon de le joindre. La compagnie ignore où il est. A-t-il décidé de rebrousser chemin et de retourner chez lui en Ohio avec toutes mes affaires ? Avec le commencement de cette saga, plus rien ne pouvait me surprendre. 12h, pas là. 13h pas là. Mais au moins, j'étais capable de joindre la compagnie. À 14h, la compagnie cesse de prendre leurs appels. À 15h, toujours pas là ! Pas de nouvelle, autant de la compagnie que du chauffeur.

Tous mes billets d'avion sont achetés et certains sont non-remboursables. J'ai un avion le lendemain à 9h pour New York et je me fais expulser du pays vendredi pour renouveler mon visa. Mon déménagement doit être terminé avant cette date ! Je commençais à perdre ma concentration en travaillant. À chaque fois que j'entendais un bruit de camion à l'extérieur, je courais à la fenêtre espérant voir arriver papi.

À 15h30, FINALEMENT, je vois le camion ralentir devant mon appartement, mais il ne s'arrête pas !!! Non, pas question de le laisser partir. J'attrape les clés (m'embarrer dehors serait vraiment le comble!), descend les trois étages et commence à courir dans la rue en sandales de plage (la température à Chicago est tropicale ces temps-ci) en criant après le camion de s'arrêter. Il ne s'arrêtait pas ! Je courrais, je courrais et en même temps, je me répétais, casse toi pas la cheville, casse toi pas la cheville, fais attention, ne te casse pas la gueule, mais rattrape ce déménageur ! Ouf, je le rejoins alors qu'il arrive au lac. J'ouvre la porte de son camion et lui dit : t'étais où ???? Pourquoi tu n'as pas appelé ? Sa réponse : je me suis perdu.....Ggggrrrrrr.......

Je ne comprenais pas : il était seul dans son camion. Où sont les autres ? Oh, il faut les appeler. Ce sont des déménageurs de Chicago. Ils sont arrivés à 18h ! J'avais l'impression que c'était leur premier déménagement. Ils étaient d'une lenteur incroyable ! Et leur technique n'était pas géniale : ils ont sorti toutes les boîtes en premier et ensuite les gros meubles. Dans ma chambre, ils se regardaient en se disant : où allons-nous mettre le lit ? Il y a des boîtes partout ??? Oh la la.....

Ils sont partis à 22h30. Une chance que j'avais insisté auprès de la compagnie de déménagement pour être la première cliente de la journée ! Parce que au départ, j'étais supposée être la deuxième... Le lendemain, je devais quitter mon appartement à 6h pour aller à New York. Je reviens à Chicago que dans une semaine et demie. Il y a un beau bordel qui m'attend dont je dois m'occuper... Pauvre coloc qui doit sauter entre les boîtes pendant ce temps !

Il me reste toutes les boîtes à défaire, mais ça, ça ne fait pas partie de mes aventures : j'ai entièrement le contrôle sur ça et je ne dépends de personne pour le faire !

Après toutes ces frustrations, 3 choses agréables arrivent pour moi (enfin, après m'être chicanée avec mon courtier de déménagement pour ne pas payer le plein prix pour cette qualité de service !)

1. Une fin de semaine à Montréal (ma ville préférée dont je m'ennuie tant) !

2. Un spectacle de U2 la semaine prochaine (mon groupe préféré)

3. Un voyage en Alaska (avec les montagnes, mon élément !)

Ensuite, on se remet le nez dans les livres pour étudier de longues heures.....

Au revoir à tous !

Elise XXX