24 avril 2004


Tôt le matin, le peloton de cyclistes se dirige vers le Blue Ridge Parkway.
photo : Martin Chamberland

À vélo sur le Blue Ridge Parkway

Le Blue Ridge Parkway, en Virginie, est certainement l'un des plus beaux endroits pour faire du vélo dn Amérique du Nord. À seulement 12 heures de Montréal, cette route panoramique, dont le nom a été inspiré par la couleur des épinettes bleues de Virginie, parcourt 350 kilomètres sur la cime des montagnes. Vous serez hébétés face à tant de bleu émanant du paysage. C'est sans oublier la vue, aussi belle que dans les Rocheuses, les Pyrénées ou les Alpes, mais fort différente.

Les cyclistes rencontrés sur ces routes viennent surtout de l'est de l'Amérique du Nord. La rumeur veut que le super champion quintuple vainqueur du Tour de France, Lance Armstrong, s'y soit jadis entraîné. Vous en aurez pour votre petit change si vous aimez grimper et grincer des dents. Vous ne placoterez pas trop chemin faisant lorsque vous monterez les 16 kilomètres de pente qui séparent le fond de la vallée Shenandoah jusqu'au village de Montebello.

Le périple s'effectue très bien à partir de la charmante ville universitaire de Charlottesville. Il suffit d'une journée pour visiter les principales artères commerciales, les musées, le campus de l'université de style anglais et les maisons de trois présidents des États-Unis qui ont jadis habité la ville. Les autres attractions touristiques de la région sont les multiples grottes qui se trouvent dans l'État de la Virginie, les quelques ponts couverts toujours utilisés, les musées militaires ainsi que les vignobles.

Il est recommandé d'être en forme avant de s'élancer sur les routes de la Virginie car celles-ci montent et descendent constamment. Par exemple, lors d'une sortie de 100 kilomètres, vous devrez souvent faire face à des montées de quatre kilomètres, parfois 10, 15 et même 20 kilomètres. C'est sans compter toutes les bosses de moindre importance de 500 mètres et plus qui peuvent gruger votre énergie pour les ascensions futures. Préparez-vous pour un autre genre de montagnes russes ! Ce qui est si attirant en Virginie, c'est le nombre important de routes secondaires et de chemins de campagne par rapport à la faible densité de population. Ce qui se traduit donc par un faible achalandage routier. C'est sans parler de la beauté du pavé, un ruban duveté en asphalte pur, sans craques, nids-de-poule ou cratères. Parfait pour la pratique du vélo.

Dans ce genre de voyage, il est éprouvant de changer d'hôtel tous les jours. Puisque vous pouvez rouler 100 kilomètres par jour pendant une semaine sans vraiment faire le même parcours deux fois, pourquoi ne pas rester toujours au même endroit ? Il est donc préférable de loger à la même adresse le plus longtemps possible pour éviter les déplacements en voiture. Donc pas de transport de bagages, pas de chauffeur désigné, pas de longues heures au volant, juste de belles heures derrière le guidon !

Il y a même quelques voyages organisés par des Québécois férus de vélo, comme Marc Dufour du groupe Centrifuge. Chaque printemps, il loue un complexe de condos dans une colonie de vacances et organise pendant six semaines des camps d'entraînement pour ceux qui veulent commencer la saison en beauté. Il y a environ 50 places par semaine et il faut réserver tôt. Année après année, le mot se propage et les cyclistes se ruent pour faire de ce camp un franc succès. Cette année le camp fonctionne à guichets fermés, toutes les places étant vendues depuis belle lurette. Au menu, 100 à 150 kilomètres de vélo par jour; les cyclistes sont répartis en quatre groupes de niveaux différents. C'est l'expérience qui se rapproche le plus de la vie d'un cycliste professionnel : manger, rouler, dormir.

Il est tout de même possible de trouver des parcours sans dénivelé majeur, ce qui peut rassurer les cyclistes moins bien entraînés. Mais rien ne vaut un entraînement en hauteur pour améliorer l'endurance. Comme le disent si bien les anglophones, No pain, no gain. Profitez-en donc pour aller vers les sommets du Blue Ridge Parkway.