
Pour ceux qui ne se sentent pas concernés par la pandémie. Voici un témoignage du Dr François Marquis, chef du service des soins intensifs de l'hôpital Maisonneuve-Rosement de Montréal, le 5 décembre :
«
Alors que le nombre de cas explose, les centres d’achat sont remplis, les billets d’avion pour le Sud s’écoulent malgré tout et le taux d’occupation dans les chalets frôle les 100% pour le temps de Fêtes.
Saviez-vous que les décrets ministériels qui permettent de faire passer les employés de temps partiel à temps complet ont été réactivés pour pallier le manque de ressources?
« Je lance un cri du cœur. Il y a beaucoup trop de personnes, dans beaucoup trop de régions, qui ont décidé qu’elles allaient saboter les efforts collectifs. »
Que dois-je comprendre? Quel message nous envoie la population? Que tous les sacrifices, que tous les morts, que tous les drames humains, que rien de tout cela ne compte. Pourquoi? Au nom du droit de fêter? Au nom du fait qu’« on est tanné »? Et tant pis pour les conséquences!
Clairement, ces personnes ne portent pas attention à ce qui se passe aux États-Unis où les hôpitaux doivent composer avec les répercussions de Thanksgiving. Les soins intensifs ne suffisent plus à la tâche. C’est sans compter les conséquences qu’auront les rassemblements du temps des Fêtes. Par chance, notre gouvernement a décidé de résilier son « contrat moral » et d’interdire les rassemblements à Noël. La décision est impopulaire, mais c’était la bonne chose à faire.
Devant autant de je-m’en-foutisme de la part d’une partie grandissante de la population, j’ai parfois envie de lancer la serviette.
J’ai envie de leur dire : allez-y, éclatez-vous! Quand plus rien ne fonctionnera, quand vous allez pleurer, que vous exigerez un vaccin, que vous vous demanderez où sont les médecins, où sont les infirmières, quand vous direz à tous « Mais je suis une victime! », je vous répondrai : « Vous êtes victime de votre propre stupidité. » Et je souhaite très fort que personne ne sera victime de votre stupidité. Ce serait tragique.
Parfois, je me demande si on arrivera au point où il faudra songer à traiter ces agissements comme la conduite en état d’ébriété : tout comme l’alcool au volant, ce sont des comportements qui peuvent entraîner des décès ou des atteintes corporelles graves. Faudra-t-il le faire si l’appel au gros bon sens ne suffit plus?
Je lance un cri du cœur. Il y a beaucoup trop de personnes, dans beaucoup trop de régions, qui ont décidé qu’elles allaient saboter les efforts collectifs. Ces agissements prolongeront probablement la deuxième vague de plusieurs semaines. Et croyez-moi, ce n’est pas le vaccin qui pourra nous aider.
»
Les gens qui magasinent leur voyage dans les Caraïbes poussent l’audace à demander au gouvernement que leur quarantaine soit remboursée parce qu’ils subiront des pertes de revenus. C’est le comble! C’est comme si on demandait d’être récompensé pour avoir commis des actes de désobéissance civile. C’est un non-sens. C’est enrageant. Pire, c’est insultant.
Saviez-vous que le délestage a commencé?
Tant pis pour les accommodements travail-famille. Tant pis pour les vacances des Fêtes. Tout le monde dans les hôpitaux va travailler tout le temps, point barre. Mes collègues qui gèrent les transferts de patients entre les différents établissements m’ont confirmé que ça déborde déjà de partout.
Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
également susceptible de vous intéresser :

| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d´autre ? |

.
.
.