11 janvier 2008

Des pantalons à taille basse

Nos policières ne souffriront plus

La mode des pantalons à taille basse atteint les policières de partout au Québec qui porteront bientôt uniquement ce type de vêtement, avant tout pour des raisons ergonomiques.

Habituées depuis des années de porter des pantalons à taille basse popularisés par les Britney Spears, Shakira et autres bombes médiatiques, les policières, particulièrement les plus jeunes, recherchent de plus en plus la même coupe pour leur uniforme.

Mais bientôt, la plupart des corps de police du Québec adopteront systématiquement le pantalon à taille basse pour les femmes, principalement pour des raisons de santé et de sécurité.

Essais concluants
Après avoir mené des essais concluants l'an dernier, les polices de Longueuil et de Québec ont reçu leurs commandes de pantalons à taille basse dernièrement.

Cette année, le fournisseur de la police de Montréal, CFM Uniformes, fabriquera entre 1500 et 4000 pantalons à taille basse, sur les 9000 qu'il confectionne annuellement pour les policiers du SPVM.

« Le pantalon régulier pour femmes est voué à disparaître », affirme Ronald Gallou, de CFM Uniformes.

« On pense que pour les femmes, la demande de pantalons à taille ajustée par rapport au pantalon régulier sera de 80%-20% », affirme le responsable de l'approvisionnement au SPVM, Jean-Marc Labbé.

Une torture
La taille des pantalons réguliers des policières est plus haute que celle de leurs collègues masculins. Conséquemment, elles souffrent davantage de la pression exercée par les accessoires de leur ceinturon sur leurs organes internes, artères, nerfs et os.

«Surtout quand elles sont en position assise dans le véhicule. Cela provoque des douleurs aux hanches et au dos», explique Sébastien Talbot, du Syndicat des policiers de Québec, spécialiste du dossier.

La taille du nouveau pantalon est plus basse d'environ quatre centimètres, ce qui contribue à diminuer la pression exercée par les accessoires. En étant plus bas, le ceinturon s'allonge d'environ six centimètres.

« Je peux mieux répartir mon équipement sur ma ceinture. Je n'ai plus rien dans le dos. Quand je suis assise dans l'auto, je suis bien », explique l'agent Lynne Labelle, de la police de Montréal, qui fait actuellement l'essai du nouveau pantalon.


11 janvier 2008

La mode

Si c'est surtout pour une raison ergonomique que la taille des pantalons des policières a été abaissée, un autre élément a peut-être également joué un rôle dans cette évolution du vêtement : la mode.

Daniel Renaud et Vincent Larouche

« La demande des policières venait plus du fait que la mode est à la taille basse », admet Stéphane Forget, responsable de la santé et de la sécurité au travail, à la Fraternité des policiers de Longueuil.

« Elles se plaignaient parce que la taille était trop haute. Pour elles, elles portaient des pantalons d'hommes », dit-il.

« Au début, la demande a commencé par la sécurité mais elle a fini par une demande de confort et de mode », raconte pour sa part Ronald Gallou de CFM Uniformes, qui fabrique les pantalons des policiers et policières de la Ville de Montréal.

« Elles disent : Je porte cela tous les jours, c'est parfait. Pour elles, c'est joindre l'utile à l'agréable », ajoute M. Gallou.

Plus loin du nombril
Depuis 1985, Nick Petrella fabrique des pantalons sur mesure pour les recrues de la police de Longueuil.

« Elles arrivent toutes avec des pantalons à taille basse. Je leur demande : C'est comme cela que vous le voulez ? Elles me disent oui », raconte le tailleur.

Depuis deux ans, il constate qu'elles veulent des tailles de plus en plus basses.

« Avant, la longueur des fourches variait de 10 pouces trois quarts à douze pouces et demi. Aujourd'hui, cela varie de neuf pouces à 10 pouces et demi. C'est très bas sous le nombril », dit-il.

« Ce n'est pas juste les policières. Les femmes qui portent d'autres uniformes également. C'est la mode qui a fait cela », conclut M. Petrella.