9 septembre 2000


illustration et graphisme : André Rivest

Un trio ? Non, une équipe

En Amérique, la télédiffusion en direct de la majorité des finales des épreuves olympiques se fera en pleine nuit, en raison du décalage horaire de 15 heures. Exception à la règle, la course sur route féminine sera présentée à 19 h au Québec, le départ étant prévu à 10 heures du matin à Sydney.

Ainsi, le lundi 25 septembre prochain (le 26 en Australie), nombreux seront les amateurs qui auront les yeux rivés à l'écran de leur téléviseur pour suivre les performances de Clara Hughes, Lyne Bessette et Geneviève Jeanson, les trois cyclistes canadiennes inscrites à cette épreuve.

Deux filles du Québec, donc, et une Manitobaine qui, en fait, pourrait presque être qualifiée de Néo-Québécoise. En effet, Clara Hughes, double médaillée de bronze aux Jeux d'Atlanta (route et contre-la-montre), vit à Bromont depuis le début de l'été. Dès son retour de Sydney, elle prendra possession de sa nouvelle maison à Glen Sutton, en Estrie, une région qu'elle «adore». En juillet dernier, au terme des championnats nationaux de Peterborough, Hughes et Bessette, équipières chez Saturn, ont admis avoir agi de concert pour tracer la voie à Jeanson jusqu'au fil d'arrivée. «On voulait définitivement prouver qu'on pouvait travailler en équipe», nous avait dit Lyne.

Un mois et demi plus tard, le concept est toujours présent dans le vocabulaire des trois cyclistes. «On n'a pas le choix, si on veut être sur le podium à Sydney, il va falloir agir comme une équipe», affirment-elles à l'unanimité.

Mais contrairement aux courses professionnelles où les équipes peuvent compter sur une dizaine de coureuses, les Jeux olympiques ne permettent qu'un maximum der trois représentantes par pays. Impossible, donc, de placer cinq ou six filles aux avant-postes pour imposer un rythme au reste du peloton.

Par contre, si une Canadienne se retrouve dans une échappée qui risque d'être gagnante, les deux autres demeureront sagement dans le peloton. La forme de chacune des coureuses lors du jour J va aussi influencer la stratégie de l'entraîneur-chef Éric Van Den Eynde. Une chose est certaine, quelques réunions d'équipe auront servi à dresser les grands lignes du plan d'attaque des Canadiennes.

Puisque la course sur route sera une affaire d'équipe - du moins en partie -, nous nous sommes permis une petite variante pour cet article qui s'inscrit dans notre série de portraits d'athlètes olympiques. Pour l'occasion, nous avons demandé à Bessette, Jeanson et Hughes (les deux dernières participeront aussi au contre-la-montre) de nous livrer leurs commentaires sur les deux autres coureuses.

Clara Hugues :
la force tranquille
À tout seigneur tout honneur, débutons avec Clara Hughes, cette sympapathique athlète de 27 ans qui, pendant une bonne partie des années 90, a porté à elle seule le flambeau du cyclisme féminin canadien sur la scène internationale.

Lors de son arrivée chez Saturn, l'an dernier, tout ce que Lyne Bessette connaissait de Hughes se limitait à ses lectures dans les magazines spécialisés. «Je la percevais comme une fille dure. Elle avait l'air tellement tough sur son vélo. Quand je l'ai rencontrée,je me suis rendu compte que c'était plutôt une personne calme, douce et sereine. En course, c'est une battante forte et costaude. Par contre, elle garde toujours son calme. Elle a beaucoup d'expérience et je sais que je peux toujours compter sur elle si jamais ça ne marche pas à mon goût.»

Aux championnats du monde de 1999, en Italie, Geneviève Jeanson a sursauté en apprenant qu'elle partagerait la chambre de Clara Hughes. Intimidée, elle n'a pas voulu s'y rendre, reffusant de déranger la grande dame du cyclisme canadien. «Je sais que c'est la personne qui peut le plus m'apporter en tant qu'athlète, a dit Geneviève. Elle a beaucoup couru et elle ne se gêne pas pour partager son expérience. Très intelligente, elle ne s'énerve jamais dans une course. C'est ce qui m'impressionne le plus.»

Lyne Bessette
phénoménale
La grande fille de Knowlton a commencé le vélo sur le tard, à l'âge de 21 ans. Seulement quatre ans plus tard, Bessette est l'une des cyclistes les plus redoutées au sein du peloton international. Son palmarès, même incomplet, impressionne : l'or sur la route aux Jeux du Commonwealth de 1998, première place au Tour de l'Aude (France) en 1999 et une autre victoire à la classique Fitchburg Longsjo(USA) en juillet dernier.

«Lyne est une athlète phénoménale, affirme Clara Hughes. Elle a tellement parcouru de chemin en une si courte période de temps ! En 1998, je me suis blessée et j'ai arrêté pendant un an et demi. Je croyais qu'à mon retour, le portrait du cyclisme féminin canadien n'aurait pas changé. Au lieu de ça, il y a avait cette fille qui s'illustrait sur la scène internationale. Ça m'a beaucoup surprise et je m'en réjouis. Ça prend beaucoup de coeur pour maintenir le rythme comme elle le fait.»

Geneviève Jeanson constate la même chose : «Lyne a beaucoup plus de courses que moi dans les jambes. Elle a une grande expérience internationale. C'est une fille super intelligente qui aime le vélo et elle donne toujours son maximum. On peut dire que c'est une bonne battante.»

Geneviève Jeanson
le jeune prodige
À Peterborough, Clara Hughes nous avait dit que la sélection de Geneviève Jeanson au sein de l'équipe olympique allait de soi. Les victoires consécutives de la cycliste de Lachine au Tour de Snowy (Australie) et à la Flèche Wallonne, le printemps dernier, l'avaient fortement impressionnée.

À la veille des JOm Hughes n'a pas changé son discours d'un iota. «Il est évident que Geneviève est une athlète d'exception. J'apprécie particulièrement sa férocité et sa détermination. C'est définitivement inspirant de savoir que des cyclistes aussi talentueuses que Lyne et Geneviève soient là pour assurer la relève même si je ne suis pas si vieille que ça !»

De son côté, Lyne Bessette retient la détermination de sa compatriote, qui vient tout juste de célébrer ses 19 ans. «Je ne la connais pas beaucoup puisqu'on n'a pas couru souvent l'une contre l'autre. Par contre, je sais que c'est une jeune femme qui a beaucoup de volonté et de caractère. Elle a beaucoup de talent et elle va se battre pour atteindre ses buts et aller au bout des choses. Mais surtout, Geneviève est toute une grimpeuse. Dans une côte, elle se sent comme dans sa cour.»

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Une belle cohésion semble donc régner au sein de l'équipe canadienne de cyclisme sur route féminin. L'objectif est clair : l'obtention d'une médaille, peu importe qui la portera à son cou sur le podium.


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