5 juillet 2008

Wrubleski est championne canadienne

Mathieu Toulouse

La journée a bien mal commencé pour Erinne Willock. À peine trente minutes avant le départ de la course, elle a réalisé que le cadre de son vélo était brisé, rendant son frein arrière inutilisable. Pourtant, tout était au beau fixe en ce samedi matin ensoleillé à Saint-Georges-de-Beauce. La température était idéale, le vent soufflait faiblement et le parcours relativement sélectif risquait de bien convenir à Willock. Son sauveur s’appelle Vincent Jourdain, entraîneur de l’équipe nationale, qui lui a gracieusement prêté le vélo de sa blonde pour qu’elle puisse prendre le départ comme prévu. Ce n’est pas exactement ce qu’on appelle une préparation idéale pour une grande épreuve.

Il y avait quatre boucles de 28,5 Km à faire pour la soixantaine de coureuses inscrites, pour une distance totale de 124km. Dès le premier tour, les plus fringantes ont voulu tester leurs jambes et celles de leurs adversaires en plaçant quelques petites attaques plus ou moins convaincantes. C’est une des caractéristiques intrinsèques d’un championnat national : les favorites sont connues d’avance et une échappée où aucune d’entre elles ne figure n’a presque aucune chance de succès.

Il a fallu attendre au deuxième tour pour qu’Erinne Willock nous montre qu’elle pouvait très bien se débrouiller sur le vélo d’une autre en plaçant une solide attaque. Sept coureuses ont eu l’instinct de répondre au démarrage, alors que quatre autres les ont rejointes quelques kilomètres plus loin, flairant que c’était un train qu’il ne fallait pas manquer. Un groupe de douze coureuses s’est donc formé devant : Willock, Alex Wrubleski, Leigh Hobson, Julie Beveridge, Merrill Collins, Natasha Elliott, Kim Lambert-Gosselin, Heather Logan, Joelle Numainville, Anne Samplonius, Sue Schlatter et Felicia Gomez. Toutes les grosses pointures du cyclisme sur route féminin au pays y figuraient ou presque et Audrey Lemieux l’a vite compris. Elle a été la dernière à réussir à s’extirper du peloton et à revenir sur le groupe de fugitives.

La course allait donc se jouer devant, puisqu’en plus de réunir les meilleures coureuses ce groupe comptait deux filles de l’équipe Webcor (Wrubleski et Willock), deux filles de l’équipe Aaronn’s Women Pro Cycling (Beveridge et Gomez) et trois filles de l’équipe du Québec (Samplonius, Numainville et Lemieux). On pouvait donc s’attendre à ce que les filles collaborent assez bien entre elles pour maintenir leur avance sur le peloton. Le groupe de tête a lentement augmenté son avance, alors que le peloton n’arrivait pas à s’organiser et manquait décidément d’enthousiasme pour espérer revenir sur l’échappée.

En entamant le dernier tour, cette belle cohésion s’est vite effritée et les coureuses se sont mises à s’observer. Plusieurs changements de rythme ont rapidement réduit la taille du groupe à neuf cyclistes : Willock, Wrubleski, Samplonius, Beveridge, Hobson, Gomez, Logan, Collins et Schlatter. À 10 Km de l’arrivée, Hobson, Willock et Gomez ont réussi à se détacher. Elles se sont ensuite fait reprendre par les six autres, en grande partie sous l’impulsion d’Anne Samplonius. Il faut comprendre que ni Wrubleski ni Beveridge n’allaient prendre l’initiative de chasser puisqu’elles avaient chacune une coéquipière devant (Willock et Gomez, respectivement). C’était donc un scénario idéal pour Wrubleski qui a réussi à croiser le fil d’arrivée en première place après s’être fait emmener sur le porte-bagages de Samplonius. Leigh Hobson et Felicia Gomez complètent le podium.

Les filles de la catégorie moins de 23 ans couraient dans le même peloton que les filles senior : parmi elles, Julie Beveridge termine première, suivie de Joelle Numainville et de Stéphanie Roorda.

Vitesse de jambes
Erinne Willock n’est pas la seule à avoir eurent des ennuis avec sa monture. La pauvre Jenny Trew a brisé son câble de dérailleur avant et a été contrainte à faire presque toute la course sur le petit plateau. Marc Dufour, du service de dépannage Mavic, lui est venu en aide au dernier tour en verrouillant son dérailleur pour que la chaîne demeure sur le grand plateau. Parions que Jenny n’aura jamais tourné les jambes aussi vite en course qu’aujourd’hui !

Prompt rétablissement
À Catherine Hogan, une jeune coureuse de l’équipe du Québec qui a été victime d’une vilaine chute durant la course des femmes. On craint qu’elle ne souffre d’une fracture du tibia. Elle a dû quitter Saint-Georges en vitesse pour qu’on lui prenne des radiographies. On lui souhaite que ce ne soit pas trop grave.


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