4 juillet 2008

Pas de surprises au contre-la-montre

Mathieu Toulouse

Les cyclistes commencent à être des habitués de Saint-Georges-de-Beauce. En plus du grand pèlerinage annuel du Tour de Beauce, la ville a servi d’hôte aux Championnats canadien et québécois l’an dernier et récidive cette saison dans les deux cas. Certains commencent même à avoir leurs petites habitudes à Saint-Georges, y compris les directeurs sportifs qui ont leurs bonnes adresses pour aller prendre un petit verre en soirée.

L’épreuve contre-la-montre du Championnat canadien de cyclisme sur route se passait donc en terrain connu, puisque le parcours emprunté était identique à celui de l’an passé. Un parcours difficile, pas plat du tout et relativement exposé aux caprices du vent. Contrairement à l’année dernière par contre, la météo était presque parfaite : un soleil radieux et une température confortable.

C’est dans ces conditions et devant au moins une demi-douzaine de spectateurs qu’Anne Samplonius a défendu son titre de championne canadienne contre-la-montre. Séparées entre elles de seulement 4 centièmes de seconde, Julie Beveridge et Alex Wrublevski la suivent en 2e et 3e place, à peine 4 secondes derrière. Il faut dire que Samplonius avait probablement une bonne source de motivation : elle n’a pas été choisie pour représenter le Canada aux Jeux Olympiques et voulait sans doute prouver qu’elle est encore une des meilleures cyclistes au pays.

Chez les hommes, Svein Tuft était le grand favori. Ryder Hesjedal, champion canadien en titre, était absent cette année puisqu’il participera au Tour de France dès demain. Idem pour notre autre olympien, Mike Barry, qui prendra part au Tour d’Autriche pour se préparer pour Beijing et a préféré ne pas faire le voyage en Beauce. Ce qui laissait le champ libre à Tuft pour reprendre le maillot à la feuille d’érable de champion national, qu’il avait perdu aux mains d’Hesjedal l’an dernier. Il n’a pas déçu et a littéralement survolé le parcours. Son temps de 51 min 23 secondes le place près de deux minutes devant son plus proche rival, Ryan Roth de l’équipe Team Race dirigée par Steve Bauer. Zach Bell, qui participera à la course aux points et au madison aux Jeux de Beijing, prend de son côté le 3e rang. La foule était au moins deux fois plus nombreuse pour les acclamer que durant la course des femmes en matinée.

Dans la catégorie Espoir, David Veilleux a confirmé qu’il était en grande forme, lui qui vient de remporter le Tour de Pennsylvanie avec son équipe Kelly Benefits. Il a continué sur sa lancée en remportant le titre de champion canadien Espoir. Fait intéressant, pour la première fois cette année, les espoirs faisaient la même distance que les coureurs de la catégorie senior, ce qui permet de comparer les résultats. David a inscrit le 4e meilleur temps de la journée, confirmant qu’il compte vraiment parmi les meilleurs au pays dans l’épreuve de vérité qu’est le contre-la-montre. Le podium Espoir est complété par Bryson Bowers de l’Ontario et Garrett McLeod de la Nouvelle-Écosse.

De mon côté, j’ai trouvé le moyen d’être fidèle à ma réputation de brise-fer et ai souffert d’un coincement de chaîne à la mi-parcours qui m’a coûté au moins 40 secondes. Alexandre Lavallée, mon directeur sportif, a eu l’insigne honneur de se battre avec mon pédalier pour le remettre en état de rouler; il en a été quitte pour des mains bien couvertes de cambouis. Désolé Alex. Je termine donc 13e, alors que j’aurais probablement été capable d’une 8e place. Un résultat honnête, mais sans éclat.

Fier d’être québécois
Les Québécois continuent à devoir s’habituer à la cohabitation avec les cyclistes sur les routes. En rentrant à l’hôtel après la course avec mon coéquipier Jean-Sébastien Perron, un homme plutôt corpulent, cigarette au bec et au volant d’une rutilante Sunbird orange nous a lancé : « Ôtez-vous d’dans rue câliss ». Avec l’essence qui flirte avec 1,50 le litre, il devra probablement se résoudre à partager « ses » routes avec les « maudits cyclistes ».

L’erreur de la journée
Avoir commandé un petit-déjeuner capable de rassasier un gros gaillard de la construction ce matin. Pendant toute l’épreuve, j’avais l’impression d’avoir une omelette au jambon-fromage et des crêpes en travers de la gorge. Peter Wedge, un ancien cycliste qui fut un de mes bons amis, disait toujours (dans la langue de Shakespeare) : « The hungry wolf wins the race ». Traduction libre : le loup affamé gagne toujours la course. J’aurais dû penser à Peter ce matin.


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