5 septembre 2006

Avez-vous un remède contre le hoquet ?

Mathieu Toulouse

Si jamais vous vous posiez la question, je peux vous confirmer qu'il n'y a rien d'intéressant à la télévision belge entre 2 h et 6 h du matin. J'ai eu toute une semaine pour investiguer la chose, alors qu'un curieux problème m'empêchait de dormir. Tout a débuté au lendemain d'une manche de la Coupe du monde à Madrid.

J'ai commencé à avoir le hoquet... et ça a duré une semaine. En plus de me priver de sommeil, ça m'empêchait de manger et de m'entraîner normalement. J'ai bien sûr essayé tous les trucs de grand-mère pour faire passer mon hoquet, sans succès. J'ai donc consulté un médecin de campagne dans les Ardennes. Après avoir écouté mon histoire et m'avoir sommairement ausculté, il a fait une longue pause et a dit: «Intéressant.» Je ne sais pas si j'ai eu tort de le prendre ainsi, mais ça ne m'a pas vraiment rassuré. Il m'a prescrit des médicaments qui n'ont rien donné.

Comme mon état continuait à piquer du nez, j'ai consulté le médecin qui était à Spa-Francorchamps pour la Coupe du monde 48 h plus tard. Il m'a parlé d'une injection qui pouvait stopper mon hoquet mais qui était «assez forte pour assommer un cheval». Sans hésiter, j'ai relevé ma manche et je lui ai tendu le bras pour qu'il mette fin à mon calvaire. J'ai dû montrer trop d'empressement parce qu'il a dit qu'il préférait attendre encore quelques jours avant d'en arriver là.

Incapable de participer aux épreuves prévues, je suis rentré au Québec pour essayer de guérir. Mon hoquet a fini par s'arrêter, mais d'autres symptômes ont pris le relais: fièvre, mal de tête, toux, mal de gorge, léthargie, et toujours cette difficulté à manger. J'ai dû prendre des antibiotiques. J'ai perdu environ 5 kg. Oui, oui, je sais que ç'a été très bon pour Lance Armstrong de perdre quelques livres, mais je ne suis pas gras ni très musclé, et pour moi, une livre perdue, c'est déjà une de trop.

J'ai repris le manège des visites médicales en arrivant à Montréal. J'ai la chance de pouvoir compter sur une médecin extraordinaire qui s'est vraiment bien occupée de moi. Elle m'a fait passer une panoplie de tests et a même discuté de mon cas avec plusieurs collègues de diverses spécialités. Malgré cette diligence, les médecins n'ont rien trouvé de concluant, et j'ai fini par prendre du mieux avec beaucoup de repos et avec le temps.

J'ai perdu environ cinq semaines de compétitions et d'entraînement. Quand je suis remonté en selle au mois de juin, je trouvais difficile de rouler à 30 km/h de moyenne !

J'ai mis les bouchées doubles pour essayer de faire du rattrapage avec mon entraîneur, dans l'espoir de retrouver un semblant de forme pour la manche de la Coupe du monde au mont Sainte-Anne.

J'ai fini par comprendre que je ne serais pas au niveau souhaité pour la course, mais j'ai décidé d'y participer malgré tout.

Je tiens d'ailleurs à remercier tous les gens qui m'ont encouragé avec fougue au mont Sainte-Anne même si je peinais aux alentours de la 50e place. Ça m'a crevé le coeur d'abandonner, mais après environ 80 minutes de course, j'étais au bout de mes ressources. Merci aussi à tous ceux et celles qui étaient au courant de mes déboires et qui sont venus me dire de garder le moral, que les choses allaient se replacer.

Cela dit, il est maintenant temps pour moi d'essayer de sauver les meubles. Si j'arrive à être en forme pour les Championnats canadiens le 15 juillet, je peux espérer être sélectionné pour les Championnats du monde en Nouvelle-Zélande.

Après avoir cassé la glace à Sainte- Anne, j'ai besoin de faire des courses pour retrouver le rythme. Comme les Championnats canadiens sur route avaient lieu à Québec le week-end suivant la Coupe du monde, j'en ai profité pour renouer avec les pneus étroits.

Je n'avais pas encore suffisamment la forme pour être vraiment actif dans la course, mais j'étais quand même aux premières loges pour voir la tactique de course se dérouler. Quand j'ai vu la «bonne» échappée partir, je me suis dit: «Non, je peux pas, c'est beaucoup trop tôt.» J'ai vu quand Ryder Hesjedal s'est mis à chasser comme un forcené, après avoir manqué le bon coup. Il m'a même demandé de lui donner un coup de main, ne réalisant pas que j'essayais simplement de me rendre au bout des 180km.

J'ai vu les Symmetrics mettre en application de grandes tactiques de cadets en allant s'insérer parmi les coureurs qui chassaient chaque fois que ça semblait vouloir s'organiser. J'ai également entendu François Parisien les fustiger, lui qui n'a toujours pas digéré leur façon de disputer la dernière étape du Tour de Beauce. Comme quoi une course sur route, ça dure peut-être 4 h 30, mais c'est pas ennuyeux. J'ai terminé la course avec le peloton et j'ai senti que j'avais un peu de «watts» dans les jambes. Je suis enfin sur la bonne voie pour atteindre mes nouveaux objectifs. Tant que la santé tient le coup... Dites-moi merde !


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