Mathieu Toulouse
Peut-être que je vieillis, mais il me semble que, cette année, j'étais un peu moins pressé de quitter le Québec pour mon camp d'entraînement hivernal. Comme j'ai changé d'équipe et que mes objectifs pour la saison à venir sont très différents, j'avais choisi de rester en Amérique du Nord pour engranger les kilomètres hivernaux usuels.
Peut-être que je vieillis, mais il me semble que, cette année, j'étais un peu moins pressé de quitter le Québec pour mon camp d'entraînement hivernal. Comme j'ai changé d'équipe et que mes objectifs pour la saison à venir sont très différents, j'avais choisi de rester en Amérique du Nord pour engranger les kilomètres hivernaux usuels. Plus précisément, c'est à Athens, en Géorgie, que je me suis installé, site drôlement moins exotique que ma Costa Blanca de l'hiver dernier.
Mais Athens offrait plusieurs avantages pratiques, dont celui d'être une ville universitaire où, apparemment, toutes les étudiantes se font un devoir de faire au moins une séance de jogging hebdomadaire sur la rue principale du quartier où j'étais installé. Aussi, j'y avais la compagnie de mes compatriotes Dominique Perras, Bruno Langlois et Lyne Bessette, de même que de son mari Tim Johnson. En plus, Athens est une ville où la culture cycliste est solidement ancrée, et les week-ends, nous avons fait quelques sorties de groupe qui ont réuni plus de 200 personnes.
J'ai même profité de mon séjour en Géorgie pour aller visiter les bureaux de mon nouvel employeur, Maxxis, en banlieue d'Atlanta, à une heure de route à peine d'Athens. J'ai enfin pu voir le visage de plusieurs personnes à qui j'avais déjà parlé au téléphone et me familiariser un peu avec l'entreprise. Fait intéressant, Maxxis est une énorme compagnie originaire de Taïwan et seul un faible pourcentage de son chiffre d'affaires provient de la vente de pneus de vélos. Ce sont plutôt les pneumatiques pour automobiles, camions et motos qui rapportent le plus à l'entreprise. Les responsables du marketing investissent tout de même des sommes importantes dans la commandite cycliste: l'équipe dont je fais partie est soutenue par Maxxis, mais, en plus, plusieurs grandes équipes de vélo de montagne sont chaussées de Maxxis, dont Giant Europe et Mérida, de même que sept des plus grosses équipes de route professionnelles aux États-Unis. Ils m'ont même dit vouloir être présents au Tour de France dans un avenir rapproché.
Un tel attachement au cyclisme s'explique par le fait que, il y a plus de 60 ans, quand la compagnie a vu le jour, elle vendait exclusivement des pneus de vélos. Elle se sert toujours de ce sport comme outil de marketing. C'est très motivant de travailler avec des gens qui ont un intérêt aussi marqué pour la course cycliste.
Au 1er avril, j'ai déjà huit jours de compétition de vélo de montagne derrière la cravate. Le calendrier Norba est bien entamé; les manches de Boerne, au Texas, et de Phoenix, en Arizona, sont déjà choses du passé. En plus, j'ai participé à un autre week-end de compétition à Waco, au Texas, avec mon équipe. Les courses se sont relativement bien passées pour moi, mais sans trop d'éclat. Cette année, j'espère vraiment arriver au meilleur de ma forme en juin et réussir à rester frais jusqu'au Championnat du monde en septembre. Mon nouveau coéquipier, Geoff Kabush, a pour sa part été éblouissant, remportant sept courses sur huit. Le moral au sein de l'équipe était plutôt bon !
Lyne Bessette aussi a fait ses débuts en vélo de montagne. Elle a choisi d'essayer des activités différentes cette année, comme celle de disputer quelques courses de VTT. Je lui ai même donné un petit cours de technique avant la première course pour l'aider à se sentir plus à l'aise. Les courses se sont bien passées pour elle aussi. Je crois que, dès qu'elle maîtrisera un peu mieux son vélo, elle réussira à terminer parmi les premières. Chose certaine, elle a la forme pour le faire.
Au cours des derniers mois, j'ai passé six semaines en Géorgie, deux au Texas et deux autres en Virginie. La fameuse southern hospitality existe bel et bien; les gens sont en général très fiers et accueillants. Mais dans cette région très conservatrice, la religion occupe une place importante.
Alors qu'il s'était arrêté à un dépanneur pour se ravitailler en eau, un de mes amis s'est fait dire: «You outta be ashamed to be out in your wrestling suit.» Traduction libre: vous devriez avoir honte de vous promener en public en costume de lutte! Ce n'était pas une blague.
J'ai aussi été «ébloui» par certains des messages que l'on peut lire sur les panneaux devant les églises. Je vous dresse une petite liste de mes favoris :
A dusty bible leads to a dirty life.
Get saved or you will go to hell.
The wages of sin is death, repent before payday.
A lot of kneeling will keep you in good standing.
Science proves the existence of God.
Traduction libre :
Une bible empoussiérée mène à une mauvaise vie.
Soyez sauvé ou vous irez en enfer.
Le salaire du péché est la mort, repentez-vous avant le jour de paye.
Passez beaucoup de temps à genoux et vous aurez bonne réputation.
La science a prouvé que Dieu existe.
La prochaine étape m'amènera en Californie, où j'irai faire un tournage publicitaire pour les casques Lazer et participer à la Sea Otter Classic. Je vous raconte ça dans le prochain numéro!
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