6 juillet 2003

Le Mondial Cyclotour des Cantons

Jacques Sennechael

La seule Golden Bike d'Amérique du Nord nous a offert un beau parcours de 127 kilomètres.

6h47 du matin, dimanche six juillet. Une voiture me dépasse avec deux magnifiques vélos de route sur le toit. Les deux hommes vont sans aucun doute au même endroit que moi, la rue Lewis à Waterloo pour prendre le départ de la 2e édition du Défi cyclosportif de la série internationale Golden Bike UCI. Rouler en peloton sur un parcours chronométré doit être diablement motivant pour que 389 personnes se lèvent avant le coq un dimanche matin pour ne pas rater le départ.

Dans la queue pour aller chercher son inscription, les cyclistes se reconnaissent et se parlent du Défi Oryx en Beauce ou du Vélirium entre Québec et Mont Sainte-Anne. Les défis cyclosportifs sur la route ou les raids marathon sur les sentiers ont un incontestable pouvoir attirant. Sans répondre aux exigences de la compétition, ces parcours chronométrés permettent aux cyclistes de savoir où ils en sont. En fait, ils vont rouler en peloton, en équipes pour certains, sans avoir la pression du podium en ligne de mire. Le verdict du chrono, la moyenne réalisée va très précisément situer le cycliste. En faire plusieurs donnera en plus une idée tout aussi précise de l’évolution de sa forme ou de sa méforme.

La cyclosportive du Mondial Cyclotour des Cantons a en plus quelque chose de particulier. Elle fait partie d’une série de dix cyclosportives, les Golden Bike UCI, qui ont en commun la qualité de leur parcours. Huit de ces Golden se déroulent en Europe, une en Afrique du Sud, celle de Waterloo est la seule qui se déroule en Amérique du Nord. Nicola Conti est celui qui s’occupe de cette série de Golden pour l’UCI. "Nous sommes en train d’élaborer les critères de qualité d’une cyclosportive Golden, m’explique-t-il, nous devons regrouper les événements les mieux organisés de la planète. Il y a tout d’abord le critère de sécurité de l’épreuve, avec la qualité du bitume, l’organisation des secours, la signalisation… Il faut aussi penser au confort avant, pendant et après l’épreuve. Avant, les cyclistes doivent trouver facilement les infos pour participer et organiser leur séjour. Pendant, ils doivent pouvoir s’inscrire rapidement et avoir des ravitaillements conséquents. Après, ils doivent trouver des douches et pouvoir manger sans faire la queue. L’organisateur devra s’engager sur ce cahier des charges s’il veut s’appeler Golden. Quant au parcours, il devra faire entre 90 et 120 kilomètres pour être accessible à de nombreux cyclistes." Le cahier des charges pour entrer dans la série Golden est assez impressionnant. "Pour le moment, conclue Nicola Conti, j’ai deux Golden sur les sept auxquelles j’ai participé qui peuvent espérer rester dans la série. Pour les autres, dont celle du Mondial Cyclotour des Cantons, il y aura des décisions à prendre à la fin de l’année."

S’il y a un critère qui ne manque pas à la Golden du Mondial Cyclotour des Cantons, c’est bien la beauté du parcours. Long de 127 kilomètres, il part et arrive à Waterloo. Même s’il est vallonné, il n’est pas d’une difficulté insurmontable. C’est justement ce relief en courbe et en douceur qui fait son charme. Une fois passés le virage vers le Chemin Jolly, les coureurs peuvent laisser libre cours à leur énergie. Le peloton a été neutralisé les 8 premiers kilomètres pour cause de nouvelle tranchée à cette bifurcation. S’ensuit une petite route juste ce qu’il faut de sinueuse, une route qui donnerait presque envie de lever le pied et de mettre le nez en l’air pour mieux regarder le paysage. Quant au relief, il n’assomme pas le cyclise au point de lui faire regretter de s’être levé de bonne heure. Quelques montées descentes qui s’avalent fort facilement quand on est encore frais au cœur du peloton.

Les kilomètres défilent, si certains préfèrent rester dans le gros du peloton, d’autres, dont je suis, choisissent de rouler à quatre ou cinq. Même si on ne se connaissait pas avant, la mécanique des relais peut se faire assez facilement. Elle permet au mini peloton que nous sommes de rouler à bonne vitesse sans trop s’éreinter contre le vent qui vient de se lever. En plus, il est nettement plus facile de regarder le paysage quand on roule à trois quatre plutôt que dans un peloton bien serré. D’autres courbes, d’autres villages traversés sous quelques applaudissements d’encouragement, et nous rejoignons Bromont. Une bifurcation à droite et on grimpe jusqu’à Waterloo, un dernier coup de pédale et le chrono s’arrête. Il nous reste à reprendre des forces et à discuter des multiples péripéties du parcours.

C’est le Néerlandais Trijs Al qui a été le premier à franchir la ligne d’arrivée. Le cycliste, qui a terminé 46e à la dernière Coupe du monde de vélo de montagne du mont Ste-Anne le week-end dernier a fait l’ensemble du parcours avec un vélo de montagne muni de pneus lisses.


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