21 juin 2003

Raid Marathon UCI Vélirium

Jacques Sennechael

La 1e édition du Raid Vélo Mag – Marathon UCI de vélo de montagne a connu un grand succès avec près de 270 participants. Le trajet Québec-Mont-Sainte-Anne ne sera plus jamais le même !

Il régnait une certaine animation derrière l’hôtel Loews à Québec ce samedi 21 juin. Il faut dire que 270 montagniers attendaient d’en découdre lors de ce premier Raid Vélo Mag – Marathon UCI. Ce raid est d’un genre nouveau. Ouverts à tous, les Marathons vélo de montagne UCI doivent offrir un parcours entre 60 et 100 kilomètres.

Les prévisions annonçaient ce raid difficile. Ce qui ne semblait pas vraiment le cas quand la colonne de cycliste a descendu les grandes artères de Québec dans wrrrr de pneus à crampons. Les 14 kilomètres pour sortir de la ville ont été un bon échauffement pour ce qui nous attendait. Après les larges avenues, nous avons eu droit à un petit bout de piste cyclable avant d’entrer dans le vif du sujet à Boischatel.

Ceux qui ont lu les aventures de Jack London se souviennent sans aucun doute de la Chilkoot Pass, cette montagne que les chercheurs d’or devaient franchir avant d’espérer trouver la richesse. Nous avons formé cette même longue colonne dans la montagne en nous disant que finalement ce raid n’allait pas être aussi facile que les premiers kilomètres pouvaient nous le laisser croire. J’apprendrais un peu plus tard que le peloton de tête avait franchi cette première côte sans même daigner ralentir le rythme. En haut de la côte, une première zone de ravitaillement est vite franchie, les troupes sont encore fraîches.

Nous filons sous la ligne électrique. La piste, qui est empruntée par des quatre roues, est relativement bonne. De temps en temps, des zones sablonneuses exigent un pilotage attentif, sous peine de se retrouver par terre. Le relief a le mérite d’étirer le peloton, même si la participation est nombreuse, nous ne nous gênons pas sur les sentiers. En un peu plus d’une heure, j’ai parcouru une trentaine de kilomètres.

Entre l’Ange Gardien et Château Richer, nous suivons la ligne hydroélectrique. Des montées caillouteuses et exigeantes qui doivent se faire en poussant le vélo, des trous de boues, de belles montées dans des parties boisées, une canicule à faire fondre les plus coriaces… Voilà pourquoi nous sommes là. À défaut de venir chercher des points UCI, le raid est un défi personnel ou chacun va savoir où il en est du point de vue endurance, performance et habilité, sans oublier le fameux mental qui permet de continuer quand le corps lance des avertissements en disant "arrête cette folie". Il permet de vivre une aventure, de lancer un défi amical aux éléments, le tout dans un univers suffisamment balisé pour être sécuritaire. Pendant toute la durée du raid, l’état d’esprit change régulièrement. Il peut allégrement passer de l’euphorie du départ facile, de la volonté de passer rapidement les premières difficultés, aux premières douleurs qui engendrent les "dans quelle galère je me suis embarqué", sans oublier les sursauts de la volonté qui donnent du carburant aux jambes pour finir.

Pour le moment, j’ai un coup de blues provoqué par le bruit que fait mon pneu avant après avoir traversé une large mare boueuse. Je m’arrête et je sors mes outils. Je vais mettre plus de temps qu’il n’en faut pour changer ma chambre à air avant de remonter sur mon vélo. Je continue ma route, refroidi par cet arrêt forcé. Heureusement, une maman orignal viendra me redonner du courage peu avant la dernière zone de ravitaillement. Notre bref échange de regard fait partie du grand plaisir d’aller pédaler dans les bois.

Je franchis la ligne d’arrivée. Je retrouve l’usage normal de mes membres et de ma respiration. Il me reste la fierté de finir ce raid avec la légère frustration de ne pas l’avoir roulé plus vite, sans oublier le plaisir de la longue descente dans le sous-bois et le sourire d’une maman orignal.

Le Raid Vélo Mag – Marathon UCI n’a pas été jugé difficile par tout le monde. Les premiers sont arrivés environ une demi-heure plus tôt que l’estimation la plus rapide. C’est l’italien Roland Stauder qui a réalisé le meilleur temps en 2:44:24 suivi de Jason Clement de Nouvelle-Zélande. Le meilleur canadien et québécois est Martin Lafontaine avec une belle 4e place. Notre brillant collaborateur Gilles Morneau est resté fidèle à son numéro de plaque en terminant 13e. Chez les femmes, c’est l’allemande Andra Michels-Smith qui réalise le meilleur temps en 3:09:53. Elle est suivie par la québécoise Kasandra Côté.

L’épreuve a tellement été appréciée que la date de l’édition 2004 est déjà inscrite au calendrier, elle aura lieu le 19 juin.


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