Jacques Sennechael
Les juniors nous ont offert tout un spectacle malgré un épais brouillard et de nombreuses chutes. L’Abitibien Kevin Lacombe fait partie de ceux qui ont goûté au bitume d’Hamilton.
Avec 10 tours à faire soit 123 kilomètres avec un relief à miner la prudence des coureurs, on savait qu’on allait assister à une course à rebondissements. Les juniors sont fringants et toujours près à relancer une course qui s’endort. On sait aussi que les chutes ne sont pas rares, pouvant du même coup modifier le visage de la compétition. Pour compléter ce tableau, la météo n’est pas très favorable, un épais brouillard recouvre Hamilton limitant du même coup la visibilité et rendant le parcours glissant.
Du côté de l’équipe canadienne, Brandon Crichton, Christian Meier, Raphaël Tremblay et Kevin Lacombe avaient des consignes fermes de Jacques Landry : attention aux chutes. Les trois premiers tours devaient être couru prudemment pour laisser le temps au peloton de s’étirer. Ensuite, il faudra s’efforcer d’être dans les coups.
Meier et Crichton ont particulièrement bien utilisé cette stratégie lors de leur préparation en Italie en septembre. C’est un peu moins le cas pour Tremblay et Lacombe qui ont souvent chuté.
On connaît la ténacité de Lacombe en course, même s’il faut qu’il travaille encore son habilité. Ces Championnats du monde peuvent être l’occasion pour lui de prendre une revanche sur le Hollandais Kal Reus qui lui a piqué le maillot de leader à la dernière étape du Tour de l’Abitibi.
D’entrée les 143 coureurs du peloton prennent toute la largeur de la route. Pas d’attaque conséquente lors de ce premier tour, le peloton s’étire dès les premiers reliefs et se regroupe par la suite.
Dans la descente de la rue James Moutain, une chute. On voit à l’écran Kevin Lacombe donné un brusque coup de frein. Sa roue arrière dérape, mais il reprend le contrôle de son vélo. Pas suffisamment. Déporté sur la droite de la route, il ne peut éviter les coureurs devant lui. Il passe cul par-dessus tête et va heurter les blocs de pierre sur le bas-côté. Les autres coureurs impliqués dans la chute se relève, Kevin reste étendu jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. Son nom apparaît sur la liste des abandons avec ceux du Japonais Jumpei Murakami et du Norvégien Frédéric Wilmann eux aussi impliqués dans la chute. Nous apprendrons plus tard que Kevin a été transporté à l’Hôpital Général d’Hamilton. Son état est jugé critique mais stable. Kevin a l'os orbital (arcade sourcilière) fracturé. Les médecins l'ont mis dans un état semi-conscient pour qu'il puisse récupérer.
C’est l’Australien Matthew Goss qui ouvre le feu en prenant une avance de 45 secondes qu’il arrive à conserver malgré une crevaison. Plusieurs coureurs tenteront de le rejoindre dans une chasse plutôt tranquille. Ce n’est finalement qu’au 4e tour qu’il se fait rattraper après avoir subi une 2e crevaison. Un groupe de sept coureurs prend la tête en prenant huit modestes secondes sur le peloton. Ils se feront rejoindre dès le tour suivant.
L’Ukrainien Dmytro Grabovskyy tentera bien de prendre le large avec une quinzaine de secondes sur un groupe de chasse qui se forme aussitôt. Le Québécois Raphaël Tremblay arrivera même à s’y glisser tandis que Brandon Crichton reste bien au chaud dans le peloton et que Christian Meier s’accroche difficilement derrière. Finalement l’Ukrainien se fait rejoindre dès la fin du 7e tour.
Les petits groupes d’une demi-douzaine de cyclistes vont se succéder en tête de la course sans pour autant prendre l’avance suffisante pour résister à un peloton décidé. C’est finalement le Hollandais Kai Reus, pourtant pas très présent dans les tentatives d’échappées qui réussira à tirer son épingle du jeu. À 300 m de la ligne en sortant d’on ne sait où, il prendra la quinzaine de secondes nécessaires pour ne pas avoir à sprinter pour franchir la ligne. Il est suivi par le Danois Lund Anders et le coureur de la République Tchèque Lukaz Fus. Brandon Crichton 58e termine à 3m 2s du vainqueur, Raphaël Tremblay 86e et Christian Meier 108e.
Même s’il est un peu déçu de sa performance, Brandon Crichton se montre quand même satisfait : "Il fallait éviter les crashs et ensuite essayer d’aller le plus vite possible. J’ai réussi le premier point ".
Raphaël a chuté dans le virage juste avant l’arrivée, il était quand même satisfait d’avoir vécu l’expérience. " Les 8 premiers tours, je n’ai pas eu de problème pour rester dans le peloton a-t-il expliqué. Ensuite je me faisais décrocher dans le 2e peloton et je devenais revenir à chaque fois. J’avais mal aux jambes. À la dernière côte, je me suis dit qu’il fallait que j’attaque ou je ne grimpais pas. J’ai finalement réussi à monter avant de tomber dans le dernier virage ".
L'analyse
On sait que l’on peut s’attendre à tout dans une course junior. Éviter de tomber était certainement un bon objectif, encore fallait-il l’atteindre. Kevin tombe souvent. Il devra développer son habilité dans un peloton. Les autres ont fait ce qu’ils ont pu. Quant à Kai Reus le Hollandais, il va finir par nous faire croire que ces apparitions soudaines en tête de peloton lors de l'arrivée sont une spécialité de son pays. Thomas Dekker a fait la même chose hier. Comme quoi, il est toujours bon de rester pas très loin de la tête de la course en faisant bien attention de ne pas brûler toutes ses cartouches.
Les citations du jour
" Jeannie Longo Ciprelli fait partie de la nouvelle génération des cyclistes françaises "
Un journaliste italien qui veut rester anonyme
" You don’t know Mme Sheila Copps ? "
Marc Lemay facilitant le passage de la Ministre du patrimoine canadien
" Il faudra penser à rester sur son vélo "
Jacques Landry avant la course des juniors
" On va les faire courir avec un GPS "
Jacques Landry à propos de la météo brumeuse
" La tête allait bien, c’était beaucoup plus difficile pour les jambes "
Raphaël Tremblay
Roue Libre
• Jean-Claude et Georgina Guilloux en sont à leur 22e Championnats du monde, autant vous dire qu'ils ont des outils de comparaison. S'ils devaient remettre une médaille pour l'accueil et la qualité de l'organisation, Hamilton monterait sur la plus haute marche du podium.
• L’équipe italienne gardera un mauvais souvenir du pays de Sheila Copps, un mauvais garçon a " emprunté " le véhicule qui contenait quatre vélos de l’équipe femme élite. La facture s’élève à 25 000 Euros et en plus c’était la veille de la course.
À son passage dans le box canadien, la ministre du patrimoine Sheila Copps a voulu féliciter l’entraîneur de l’équipe. Hélas, on ne sait pas ce qui a motivé la fierté de la ministre.
| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d'autre ? |
Page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive