5 juin 2008

Le retour du fils prodige

Jacques Sennechael

« Ça va être super agressif, si y’a de quoi qui part, ça va être dangereux », Éric Boily ne croyait pas si bien dire en prenant le départ de cette 1e étape de la Coupe des Nations. Lui qui n’avait pas couru sur ce parcours depuis ses années minimes savait à quoi s’en tenir : les candidats à la victoire devront se tenir devant. Comme le peloton n’est pas très gros et qu’il n’y a pas d’équipe assez puissante pour contrôler la course, il s’agit de prendre le bon wagon. Il y a d’ailleurs pas mal d’équipes candidates pour les meilleures places au classement général. La Coupe des Nations est le meilleur endroit pour récolter les fameux points de l’Union Cycliste internationale qui ouvrent la porte aux Championnats du monde. 13 équipes nationales (dont deux pour le Canada) et une équipe mixte ont fait le déplacement. Les mieux placés au classement de l’UCI (Portugal, Italie France) ont évidemment envoyé leurs meilleurs coureurs.

Dès le 10e kilomètre, un premier trio en échappée affronte la côte du Parasol. Ils vont être rattrapés mais d’autres suivront. De toute façon, les hostilités débutent vraiment dans le rang Saint-Martin connu à cause de la rivière Saguenay qui le borde et sa fameuse côte. Nos coureurs ne sont pas là pour admirer le Saguenay. La boucle rang Saint-Martin, Ligne Bagot et rang Saint-Joseph est à parcourir six fois et il est certain qu’elle va permettre de faire le tri dans le peloton. En un peu moins d’une vingtaine de kilomètres, on a droit à une succession de montées et de descentes courtes mais plutôt sèches. Le genre de parcours qui fait mal aux jambes, surtout quand il se répète une demi-douzaine de fois et que le vent s’en mêle. Ce dernier est de plus en plus présent, aidant dans certains cas, provoquant des bordures dans d’autres situations. Quand le vent arrive de côté, les coureurs prennent toute la largeur de la route, gare à celui qui n’arrive pas à se glisser dans la ligne. C’est ce qu’on appelle se faire « bordurer », le coureur concerné se retrouve seul à travailler contre le dieu Éole. C’est ce qui arrive à Éric Boily qui en plus de quelques chutes qui le gène doit travailler fort pour revenir. Il le fait d’ailleurs avec David Veilleux pour revenir à recoller les échappées qui se sont produites.

C’est en entamant la 3e boucle que le coureur de l’Afrique du Sud Johan Rabie et celui de l’Ouzbekistan Temur Mukhamedov prennent le large. Ils arrivent à se tailler une peu d’avance sur le peloton, quelquefois jusqu’à 1 minute 40 sur le peloton. Un duo de chasse s’organise cependant avec un gros travail du lituanien Edagras Koalivas suivi par l’italien Allessandro Mazzi. Au 116e kilomètre, ils réussissent à rejoindre l’échappée alors qu’un groupe de cinq quitte le peloton pour tenter de rejoindre le quatuor. David Veilleux et Éric Boily sont du lot. Ils vont beaucoup travailler tous les deux alors que le reste du groupe de chasse prend ça plus mollo.

Le coureur de l’Afrique du Sud se retrouve largué dans la côte du rang Saint-Martin, puis c’est le tour de Temur Mukhamedov qui se consolera en enfilant le maillot à pois de meilleur grimpeur. Le lituanien a beaucoup travaillé et c’est l’italien qui prend le relais pour les derniers kilomètres de course. Derrière, le groupe de chasse travaille fort pour tenter de rejoindre les deux hommes. À 10 kilomètres, ils ont 34 secondes de retard sur le duo de tête. À trois kilomètres, il ne reste que huit petites secondes mais le reste du parcours est en descente. Mazzi Alessandro passe donc le premier la ligne devant son collègue d’échappée.

« À 500 mètres de la ligne, j’ai pris une chance de revenir sur les deux coureurs » a précisé Éric Boily une fois la ligne franchie, mais j’étais trop juste, j’ai quand même eu ma 3e place. » Éric avait le petit sourire en coin de celui qui vient de prouver qu’il faut encore compter sur lui. L’équipe canadienne n’avait pas de leader désigné pour le moment, c’est maintenant chose faite.

C’est le coach de Alessandro Mazzi qui nous a traduit les propos du coureur. Après une 9e place à la flèche wallonne et quelques autres très bons classements, c’est sa première victoire cette saison. « Nous avons une équipe très compacte, a expliqué le coach, on a la vitesse, et la diversité, on va s’efforcer de ramener la victoire en Italie. Ça fait quatre jours qu’on est là, on a pu repérer le parcours. »

Demain le peloton a rendez-vous du côté de Jonquière et Laterrière sur un parcours un peu plus relax. Le départ est donné a 12h sur la rue Panet.

On a aimé
Les enfants qui ont fait un peu d’école buissonnière pour aller voir les coureurs. C’est comme ça qu’on plante de la graine de champion.

Le parcours est un bijou pour se faire mal aux jambes, en plus, pour ceux qui veulent lever le pied, les paysages avec vue sur le Saguenay son magnifiques. On aime aussi l’arrivée sur La Baie. On aurait presque eu envi de rouler moins vite pour admirer la vue.

On a moins aimé
La qualité de la route qui a fait travailler fort les mécanos en plus de provoquer quelques chutes.

Voir le peu de moyens de certaines équipes, ce qui est loin de faciliter le travail des coureurs.


nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net