Jacques Sennéchael
L’expérience a parlé sur le dur parcours de Rigaud. Les meilleures gardent le devant de la scène mais rien n’est joué pour le classement final.
Le plus difficile s’en vient. C’est ce qui semblait se dégager du peloton lors de cette 2e étape du Tour du Grand Montréal. Il faut dire que l’étape de Rigaud a de quoi en imposer: 118 km de relief avec en prime la côte à Bourget à grimper deux fois. On parle d'un dénivelé de plus de 15 %. Une chose est certaine: c’est à son pied que peuvent être posées les mines les plus meurtrières. Une fois au sommet, pas question de s’endormir sur ses lauriers; il faudra redescendre vite pour conserver un éventuel avantage.
À ce petit jeu-là, c’est l’expérience qui va parler. Les grosses équipes l’ont compris en roulant sans trop forcer les premiers tours, histoire d’en garder sous le pied. Les coureuses de T-Mobile, Lipton et Webcor roulent à la bonne place afin de surveiller toute tentative. De toute façon, c’est la difficulté du parcours qui va faire une première sélection. Le maillot de la leader Christine Thorburn est bien visible aux avants-postes.
Une nouvelle fois, c’est Élodie Touffet, la Française de l’équipe italienne Nobili Rubinetteri qui met le feu aux poudres. Dans la descente terminant le 3e tour, elle s’échappe, vite rejointe par la chinoise de l’équipe Giant Xian Gying Ruan. Les deux vont contribuer à l’amitié franco-chinoise, la première travaillant dans les descentes et la deuxième dans les montées. Elles vont réussir à avoir une modeste avance d’une quarantaine de secondes.
Les Webcor sont décidément très impulsives, elles qui ne supportent pas la moindre échappée, même s’il s’agit de filles peu dangereuses au classement. C’est Errine Willock qui s’y colle en abordant une première fois la montée de la côte Bourget. Le duo franco-chinois est vite rattrapé par la grimpeuse de l’équipe Webcor qui en profite pour prendre un peu d’avance. En haut de la côte, elle comptera une poignée de secondes sur le peloton composé des meilleures prétendantes.
Dans ces prétendantes, il y a l’Allemande de l’équipe Numberger Trixi Worrack qui a joué une autre partie avec l’aide de sa coéquipière Oenone Wood: celle des points bonus gagnés au cours des trois premiers passages de la ligne. Elle met en banque ainsi 7 s tout en restant devant.
Anne Samplonius décidément très en forme réussit à rejoindre Errine Willock. Elles vont faire un bon bout ensemble avant de se faire rattraper par le peloton de 16 coureuses. En basculant au sommet de Bourget, elles ont une quinzaine de secondes de retard. Sans traîner dans la descente, elles réussissent à rattraper le peloton à quelques encablures de l’arrivée. Hélas, en rejoignant l’échappée, Errine Willock est heurtée par une autre cycliste et chutera lourdement. L’arrivée s’est faite à fond de train mais c’est l’Australienne de l’équipe italienne Olivia Gollan qui passe la première la ligne d’arrivée. Les quinze premières se voient attribuer le même temps de 3h 12m et 1s pour une vitesse moyenne de 36,8 km/h.
C’est sans doute l’Allemande Trixi Worrack qui a fait la meilleure opération de la journée. Avec les points de bonif et sa 3e place, elle se positionne bien pour le critérium de mercredi dans la Petite-Italie en plus d’une 2e place au général. Judith Arndt est toujours bien campée, pas trop loin de la tête du classement. Christine Thorburn conserve son maillot, suivie par Worrack et par les deux coureuses de Lipton Seehafer et Armstrong.
Du côté des Québécoises, c’est sans aucun doute Anne Samplonius qui a fait la meilleure opération. En plus de s’être montrée, elle termine 6e de l’étape et 9e du général. Audrey Lemieux n’est pas très satisfaite de sa performance. «Je n’ai pas pu passer la 1e bosse avec les leaders » a-t-elle souligné dessus. Karol-Ann Canuel fait le plein d’expérience, en plus, en gardant le sourire d’une cycliste heureuse: «c’était pas facile mais c’était le fun. » Émilie Roy a chuté dans la première partie de la course en raison d’une bosse: «je venais juste de prendre mon bidon, ma main a glissé et j’ai terminé au fossé » a-t-elle raconté, piteuse.
Demain, Christine Thorburn et les Webcor devront travailler fort pour garder le maillot sur le dos. Ce sera la place aux sprinters avant l’étape de jeudi au Mont-Saint-Hilaire. Quant à la gagnante du jour, Olivia Gollan, elle est plutôt satisfaite de sa journée. Cette coureuse australienne polyvalente a deux jours pour continuer à faire ses preuves sur deux terrains différents. On attend aussi de voir ce que va faire la jeune Canadienne Alex Wrubleski qui, mine de rien, se classe 7e au général. Rendez-vous demain en fin de journée dans la Petite-Italie.
On a aimé
***Voir la très Tough Errine Willock répondre avec prestance aux journalistes malgré la douleur. En plus, elle nous a annoncé qu’elle devrait être là demain.
**La côte Bourget, qui est en fait une véritable face de singe, pas facile à grimper. Le spectacle est garanti.
On n’a pas aimé
***Voir Émilie Roy affligée finir sa course toute seule sans avoir l’aide de personne sur la ligne d’arrivée.
**Le gros bobo au coude d’Errine Willock.
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