Jacques Sennéchael
Le contre-la-montre a ressemblé à un Mardi de Lachine qui se jouait un lundi : un critérium dans les rues de la ville avec quelques virages et relances.
Le contre-la-montre a démarré sur les chapeaux de roues avec un départ catastrophique de la mexicaine Ilda Guiterez Mota. Le «teneur»- c’est celui qui est chargé de maintenir en équilibre les coureurs sur le dénivelé de départ - a mal fait son travail. Il faut dire qu’il avait été pigé dans la foule quelques secondes avant le premier décompte. En lâchant trop tard la selle de la coureuse, il l’a fait chuter lourdement en bas du plot de départ. Blessée au visage, la mexicaine a dû attendre de longues minutes avant qu’on s’occupe d’elle. Le dénivelé de départ a finalement été retiré pour la reprise de la compétition et le «teneur» remplacé. C’est Audrey Lemieux qui a expérimenté les nouvelles dispositions de départ. Elle s’est lancée sur un parcours technique d’une dizaine de kilomètres qui demande une relance perpétuelle en raison des virages. Il ne fallait pas non plus perdre le compte des tours (2.5) avant de retrouver la ligne d’arrivée. Bref, un parcours style mardi de Lachine.
Un choix délibéré de la part de la jeune fille d’Alma: «je vais avoir plus de temps pour me reposer, c’est du vite fait, bien fait» a-t-elle souligné en préparant son vélo, «quand je serais plus forte, je voudrais peut-être connaître le temps des autres, mais là» Pour la coach de l’équipe du Québec Natacha Tremblay, le Contre-la-montre est important. C’est le résultat qui va déterminer la stratégie pour les étapes à suivre, c’est aussi l’occasion pour elle de voir en action certains membres de l’équipe : «je ne sais pas ce que ça va donner pour Karol-Ann Canuel, une junior qui est à sa première course chez les élites, c’est aussi le retour d’Émilie Roy. »
Sur la ligne de départ, la junior est quelque peu impressionnée par son entourage. «Ça me stress et en plus c’est plein de croches », souligne-t-elle avant de passer à la mesure de son vélo. Elle ne s’en laisse pas compter soulignant que son gabarit de grimpeuse ne l’empêche pas de se «débrouiller» dans un contre-la-montre. De toute façon, elle est là pour apprendre…
Les résultats des membres de l’équipe du Québec seront à la hauteur des attentes, ni plus ni moins. C’est Joanie Caron qui se classe le mieux à la 34e place à 1 m 09 s de la gagnante Christine Thorburn. Audrey Lemieux est 45e à 1 m 25 s, Karol-Ann Canuel 47e à 1 m 28 s et Émilie Roy 49e à 1 m 30 s. En faite, du côté des athlètes québécoises, c’est l’expérience qui a prévalu. Anne Samplonius a terminé 10e à 31 s de l’américaine victorieuse. Il faut avouer que la coureuse d’expérience de l’équipe Biovail nous a montré qu’elle était en très grande forme samedi sur le Mont-Royal (22e à une minute de la gagnante). « Le parcours était parfait pour moi, a-t-elle souligné à peine descendue de son vélo, c’est un peu ma spécialité. J’aime bien aussi l’étape de Rigaud, si tout va bien, je vais peut-être faire un podium » espère la leader de l’équipe Biovail qui vient tout juste de finir le difficile Tour de Gila et trois mois d’entraînement en Arizona et en Californie.
Du côté des grosses pointures, Christine Thorburn de l’équipe Webcor a logiquement remporté comme en 2005 ce contre-la-montre à près de 44 km heure de moyenne. Sur le Mont-Royal, c’est elle qui avait travaillé très fort avec Erinne Willock pour rejoindre Elodie Touffet qui avait pris la poudre d’escampette. La tout juste diplômé en médecine de 36 ans (trois de ses coéquipières sont dans le médical !) s’est trouvée très à l’aise sur le parcours: «mon rythme était correct, j’allais assez rapidement dans les virages. Pour la suite, on verra si je peux garder mon maillot, le parcours est difficile et les autres équipes sont très fortes. » Elle était suivie par deux coureuses de l’équipe Lipton, Kori Seehafer à 9 s et Kristin Armstrong à 11 s. Cette dernière était d’ailleurs peu loquace à la remise des prix, le bruit court qu’une voiture sur le parcours l’aurait obligé à ralentir et même s'arrêter.
Demain c’est la rigueur de Rigaud et de sa côte à Bourget qui attend la bonne centaine de coureuses.
On a aimé
*** Voir des jeunes coureuses comme Karol-Ann Canuel faire ses premières armes dans une course de cette envergure.
**Voir un coureuse diplômée en médecine de 36 ans gagner un contre-la-montre international.
*Voir des coureuses comme Anne Samplonius partager son savoir-faire avec les jeunes de son équipe comme Joëlle Numainville.
On n’a pas aimé
***La chute de la mexicaine Ilda Guiterez Mota pour cause de «teneur» mal choisi.
**Le peu de spectateur venu voir le contre-la-montre dans les rues de Lachine.
*Le parcours qui ressemblait trop à un critérium urbain.
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