Jacques Sennéchael
Deux secondes, deux petite secondes ont suffit à Christine Thorburn pour garder sur les épaules son maillot de leader du Tour du Grand Montréal à l’étape du Mont Saint-Hilaire.
Sur la ligne de départ du Chemin de la Montagne au Mont Saint-Hilaire, Christine Thorburn sait très bien que l’étape du jour va être décisive. Elle détient huit modestes secondes d’avance sur Trixi Worrack et les Lipton suivent de très près. Dans ce parcours de 115 km pas difficile que ça, elle sait très bien que ses adversaires vont tout tenter pour grappiller les précieuses secondes.
Le parcours du mont Saint-Hilaire ne présente pas de difficultés particulières, mais il a ses particularités. Notamment la traversée du camping Rouville, un des plus grands du Québec. En plus de proposer ses jets d’eau, ses virages plutôt secs, sa zone de ravitaillement, son étroitesse, il est surtout l’occasion de récolter des précieuses secondes de bonus lors des sprints qui s’y déroulent. Le parcours se termine par une côte étroite mais modestement prononcée. En fait, les descentes dominent, ce qui ne devrait aider un gros peloton à rattraper une échappée.
Avant la course, la petite communauté des journalistes se demandent bien où va attaquer Élodie Touffet. La mouche du coche du peloton n’a pas laissé une occasion lui échapper lors des précédentes étapes, il n’y a pas de raison qu’elle ne s’y mette sur le mont Saint-Hilaire. «J’en ai marre d’être toute seule, nous confiera la coureuse de l’équipe italienne Nobili, on verra bien si je sens un coup. De toute façon, dans les premiers kilomètres, je ne suis pas très bien. Mais mon comportement de guerrière va reprendre le dessus, c’est comme ça, c’est une question de confiance, de moral et de progression. Cela dit, je ne suis pas très motivée, ici, les routes sont infâmes, elles peuvent vraiment occasionner des accidents.» En espérant que le ministère des transports reçoive le message…
Une qui n’a pas d’attente particulière c’est bien Karol-Ann Canuel. Elle vit chaque instant de la course avec bonheur. C’est sans aucun doute la Québécoise qui aura retiré le plus de profits de ce Tour du Grand Montréal. «J’ai acquis une grande expérience, a-t-elle expliqué, maintenant, je sais à quoi je dois m’attendre pour l’année prochaine. Je me rends compte que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, ne serait-ce que dans l’utilisation de radios! Elles ne sont pas autorisées dans les courses de juniors.»
La course continue son petit bonhomme de chemin. Au premier sprint de bonus au 20e kilomètre, Judith Arndt, Kori Seehafer et Christine Thorburn décrochent quelques précieuses secondes. Pas de quoi fouetter un classement général. Au 40e kilomètre, les deux premières récoltent quelques secondes de bonus ainsi que Trixi Worrack. Thorburn n’est pas loin et n’apprécie pas.
Huit kilomètres plus loin, huit coureuses réussissent à prendre la poudre d’escampette en cumulant 14 secondes d’avance dans la descente. Elles travaillent ensemble. Il n’y a aucune des filles en tête du classement général à part Kristin Armstrong qui a réussi à se faufiler. Par contre, les coureuses de Nurnberger, T-Mobile, Webcor sont bien présentes et elles ont toutes dans leur équipe des filles capables de jouer le classement général.
Dans les voitures des équipes qui suivent la course, les calculettes commencent à chauffer. C’est aussi le cas dans la voiture des journalistes. Avec les secondes récupérées aux sprints de bonus et celles qui sont attribuées en cas de victoire, Kristin Armstrong peut décrocher le gros lot pour l’équipe Lipton, même chose pour Trixi Worrack pour les Nurnbenger et Judith Arndt pour les T-Mobile.
Le message est vite transmis à l’équipe Webcor. Erinne Willock qui s’est insérée dans l’échappée n’est pas obligée de travailler fort pour la faire avancer et le reste de l’équipe doit œuvrer pour combler l’écart. La chasse est ouverte aux alentours du 60e kilomètres de course. De 57 s, l’écart va passer à 41 s au 80e kilomètre puis 27 s 8 kilomètres plus tard. Les Webcor, Doc Thorburn en tête, travaillent comme des forçats pour rattraper l’échappée. Au 102e kilomètre, Erinne Willock se laisser rejoindre par le peloton pour donner un coup de pouce à ses camarades de travail. Deux kilomètres plus loin, l’échappée est reprise. Comme il n’est pas question d’en créer une autre, le peloton roule à 50 km/h. L’arrivée se fera au sprint en haut du chemin de la Montagne. À ce petit jeu, c’est Judith Arndt qui remporte l’étape avec sur ses talons Trixi Worrack et Sigrid Corneo, le maillot de leader arrive en 5e position.
Les calculettes s’agitent plus que jamais du côté des juges et des équipes. Avec les sprints de bonus et les bonus de victoire, Christine Thorburn conserve de justesse sa 1e place au classement général. Elle est suivie à deux secondes par Trixi Worrack et trois secondes par Judith Arndt.
La première canadienne est la surprenante Alex Wrubleski. C’est un nom que les journalistes devront apprendre à bien orthographier dans les prochaines années. Cette jeune coureuse de 22 ans pourrait faire parler d’elle. Elle se classe 7e au général du Tour du Grand Montréal. «Je me sentais pas aussi bien que les autre jours dans cette dernière étape, a-t-elle précisé à la fin de sa course, je voulais finir avec le pack.» La patineuse semble avoir fait un choix qui pencherait vers le cycliste dans les prochaines années. On ne demande qu’à voir, en attendant, elle a tenté sa chance au cours de cette étape dans la chasse à l’échappée avec Erinne Willock et a déjà des contacts avec d’autres équipes. La jeune fille de Regina a beaucoup progressé en tactique pendant cette course et ses qualités de grimpeuses et de sprinteuses sont indéniables.
Le Tour du Grand Montréal sera marqué par le sourire de victoire de Christine Thorburn. Les Webcor, même s’ils ont fait preuve de beaucoup d’impulsivité, ont bien travaillé, y compris lors de cette dernière étape.
On a aimé
***La discrète mais efficace Alex Wrubleski de l’équipe canadienne qui se glisse à la 5e place de cette étape et à la 7e du général.
**Le sourire franc et soulagé de Christine Thorburn, celui de Karol-Ann Canuel heureuse d’avoir participé à son premier tour chez les élites.
*Le peloton dans les courbes avec en premier plan, les fleurs dans les champs.
On n’a pas aimé
*Les moustiques en fin de parcours
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