19 juin 2006

Les Navigators seuls maître à bord

Jacques Sennéchael

«On n’a pas le choix de durcir la course» annonçait François Parisien avant le départ de la dernière étape du Tour à Saint-Georges. Le Repentignois a effectivement travaillé très fort, ce qui n’a pas empêché Valeryi Kobzarenko de conserver le maillot jaune. Il faut dire que le scénario était écrit d’avance. Les Navigators n’avaient qu’à verrouiller une course qu’il contrôlait déjà.

Il n’y a pas que les équipes ayant un œil sur le général qui ont durci la course, une température de 33 degrés plus un haut taux d’humidité ont contribué à durcir cette étape déjà considérée comme pas facile. Cela a fait l’affaire du Canadien de l’équipe Symmetrics Andrew Pinfold. «Ça fait plusieurs semaines qu’on est au Salvador où l’on retrouve les mêmes conditions climatiques qu’ici, a-t-il expliqué dans son excellent français, les conditions ne m’ont donc pas dérangées. En plus, je savais que j’étais meilleur au sprint que mon collègue d’échappée William Frischkorn.» Le coureur de l’équipe Tiaa-cref a pris la 2e marche du podium et c’est le Mexicain de l’équipe Tecos Trek Rodolfo Lopez qui a terminé 3e.

Dès le 1e tour, quatre coureurs ont pris la poudre d’escampette. Ian Mac Gregor, François Parisien pour l’équipe Tiaa-Cref, Jacob P. Erker pour les Symmetrics et Timo Honstein pour les Sparkasse. Quatre coureurs qui ne risquent pas de menacer la tête du classement général, mais la présence devant de deux Tiaa-Cref peut contribuer à donner un coup de pouce à Danny Patte qui est à 18 secondes du maillot jaune. Dès ce 1e tour, Mark Walters, décidément pas chanceux, chutera et devra abandonner la course.

Une chasse s’organise pour rejoindre l’échappée dès le 2e tour. Guère motivée, elle se fera rejoindre dans la côte de la 120e rue. Une autre chasse de 9 coureurs reprendra du service par la suite avec notamment quelques Mexicains et les Québécois Bruno Langlois, Éric Boily et Raphaël Tremblay. Ces deux derniers de l’équipe Trek Volkswagen, plutôt discret depuis le début du tour, ont sans doute eu la recommandation de leur directeur sportif Josée Robitaille d’être un peu plus actif…

Au 3e tour, les Tiaa-Cref de l’échappée bossent fort pour garder leur avance, les deux autres coureurs sont plus tranquilles. Ils maintiennent un peu moins d’une minute d’avance sur la chasse et presque deux minutes sur le peloton principal. Au 4e, Éric Boily ne peut plus suivre le rythme imposé par les coureurs partis en chasse. Dans l’échappée, le Symmetrics est plus actif. Cela n’empêchera pas les huit coureurs en chasse de faire la jonction avec l’échappée dans la côte au 5e tour.

Les quelques tours suivants sont une succession d’échappées, chasses. Dans le peloton principal, les Navigators sont aux avants-poste. Ils contrôlent la moindre tentative départ. Ils savent pertinemment qu’il n’y a aucun coureur dangereux pour le général dans la chasse ou dans l’échappée. Au 9e tour, sept coureurs ont une avance de deux minutes sur le peloton. Les Symmetrics et Tiaa-Cref sont présents. Dans le peloton, Danny Patte fait une tentative au 91e kilomètre. Il n’a pas le temps de prendre un demi-vélo d’avance que déjà les Navigators sont dans sa roue. Il fera bien quelques autres accélérations, mais les Navigators ne donnent pas de bon de sortie à quiconque est dangereux pour le classement général.

Au 11e tour, François Parisien est lâché par l’échappée. Il faut dire qu’il aura travaillé comme un forcené du début à la fin de ce Tour de Beauce. Bruno Langlois de l’équipe Canadienne réussit à rester. «Tout le monde travaille et prend ses relais, a-t-il expliqué après la course, sauf peut-être Andrew Pinfold des Symmetrics. En plus ils étaient deux, il aurait pu bosser un peu plus.» L’échappée se retrouve à 7 avec plus de 2 minutes sur le peloton. Dans la 120e rue, Andrew Pinfold de Symmetrics place une brusque accélération. William Frischkorn de Tiaa-Cref réussit à prendre sa roue. En débutant le dernier tour, les deux hommes ont 54 s d’avance sur leur cinq poursuivants et 2 m 13s sur le peloton principal.

C’est Andrew Pinfold qui réussit à tirer son épingle du jeu au sprint sur le Tiaa-Cref. «Je savais que j’étais mieux dans le sprint, a-t-il expliqué en s’aspergeant d’eau, je montais aussi très bien, je me classe 4e hier à Québec. Il faut avouer que les trois derniers jours ont été parfaits pour notre équipe. Aujourd’hui, je savais que les Navigators allaient contrôler les départ, y compris des Tiaa-Cref, je pouvais en profiter pour me glisser devant.»

Edward Beamon, le directeur sportif des Navigators est plus souriant qu’à la fin d’autres étapes: «C’était très dur, il a fallu contrôler la course du début à la fin. On a eu quelques problèmes de communication au cours de 2e étape, mais on bien travaillé.»

On ne peut pas dire que le maillot jaune Valeryi Kobzarenko ait poussé un grand soupir de soulagement. La victoire était attendue. «On a simplement travaillé pour conserver le maillot jaune en ne laissant partir personne de menaçant, a-t-il souligné, ces une de mes belles victoire des deux dernières années. Il y juste la 2e étape où l’on a perdu ce qu’on avait gagné à la première. Une chose est sûre, dans les prochaines courses, je suis prêt à bosser pour n’importe lequel de mes coéquipiers.»

C’est Bruno Langlois qui obtient le meilleur classement chez les coureurs Canadiens en terminant à la 6e place. «J’ai donné tout ce que j’avais, a mentionné le coureur de l’équipe canadienne. En plus, l’étape d’hier à Québec nous permet de visualiser le parcours pour les championnats canadiens.»

Le Tour de Beauce se termine sous une chaleur écrasante. Les Navigators ont dominé sur le terrain, mais aussi du côté de la direction sportive en tentant de s’imposer dans la caravane du tour. Les coureurs nous ont fait vivre des grands moments d’émotion en ne lésinant pas sur l’énergie dépensée. Il faut dire que ce fut dans le cas d’une organisation bien rodée qui a un profond respect pour la chose cycliste et ses acteurs.

Les citations du jour
«C’est une course pour laquelle nous avons beaucoup de respect. Ils font beaucoup d’efforts pour faire un événement de qualité. »
Edward Beamon, directeur sportif de l’équipe Navigators

«J’espère qu’au National ils vont changer les choses parce que c’est vraiment dangereux.»
David Pinfold, Équipe Symmetrics, gagnant de l’étape.


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