3 octobre 2004

Viva Espana !

Jacques Sennechael

Les Espagnols ont joué le même tour de cochon aux Italiens qu’en 1999 ici même à Vérone. Ils ont travaillé fort pour placer Oscar Freire au sprint et ce dernier ne s’est pas privé de l’emporter. C’est le 3e titre mondial pour l’Espagnol, autant qu’un certain Eddy Merckx.

La foule criait Bettini, celui que tout le monde attendait, ou Cunego, parce qu’il était à la maison. C’est finalement l’Espagnol Oscar Freire Gomez qui a re-signé une victoire à Vérone, comme en 1999. Il faut dire qu’il a été emmené par une véritable armada, au passage de la ligne au dernier tour, pas moins de 6 espagnols se classaient dans les 7 premiers. Le Danois Rasmussen puis les Italiens Basso et Cunego ont bien tenté de s’échapper dans la côte de Toricelle, mais ils ont vite été rattrapés par les espagnols dans le virage précédent la ligne droite de l’arrivée, ils étaient donc une bonne quinzaine à prétendre à une victoire au sprint, dont l’Australien Stuart O’Grady et l’Allemand Éric Zabel. « J’ai décidé de prendre la route de mon compatriote Alejandro Valverde a expliqué le vainqueur en fin de course, je pouvais prendre aussi les roues de O’Grady et Zabel mais je savais que mon compatriote pouvait me lancer jusqu’à la ligne. »

La victoire de Freire s’est construite tout au long de la course par l’équipe espagnole. Peu importe le tour, il y avait toujours en tête de la course un représentant ibérique qui menait le train et calmait toute velléité de départ. Les Italiens, les Allemands étaient aussi très présents plus la course avançait. « José Gutierrez m’a aidé jusqu’à qu’il puisse plus, a expliqué Freire, à cinq tours de la fin, j’ai discuté avec Valverde pour voir dans quelle disposition nous étions tous les deux. Il s’est mis à ma disposition pour m’amener au sprint. »

C’est le Français Christophe Le Mevel qui a ouvert les hostilités en s’envolant dès le 1er tour pour une longue échappée. Personne ne s’inquiète outre mesure dans le peloton. Au 3e tour, il est rejoint par le Russe Vladimir Efimkin. Ils vont avoir presque huit minutes d’avance au 9e tour. Là, le peloton décide que c’est fini de jouer. Les grosses équipes commencent à accélérer le rythme pour l’allonger puis le scindé en plusieurs morceaux. Au 11e, les deux hommes échappés n’ont plus que huit secondes d’avance, ils vont êtres mangés dans la montée de Toricelle. La suite est une succession de tentatives vite contrôlées par les grosses équipes en place. Dans le dernier tour, un groupe d’une quinzaine de coureurs prennent un soupçon d’avance, le sprint va se jouer dans ce groupe de 15.

« Ma 1e victoire en 1999 à Vérone était une surprise pour tout le monde y compris pour moi, a expliqué Oscar Freire, la 2e est beaucoup plus logique, on avait une bonne équipe qui a merveilleusement bien préparé mon sprint. » Quant à se classer au même rang qu’Eddy Merckx en termes de victoires au Championnat du monde (3), Freire reconnaît modestement qu’il n’a pas le palmarès du champion Belge.

Michael Barry et Charles Dionne formaient la modeste équipe canadienne. D’entrée, le travail d’équipe allait être plus complexe en étant deux plutôt que douze. « J’ai hâte de courir, a expliqué Charles Dionne la veille de la course, je me suis préparé à Sacramento avec Chris Horner, je n’ai jamais été aussi maigre. Cela dit, je n’ai pas fait de course depuis San Fransisco, il y a trois semaines. Je suis arrivé le plus tard possible pour rester dans un environnement que je connaissais. Pour le parcours, je n’ai jamais fait de courses faciles, mais la bosse va être dur à passer. Il faudra rester cacher et essayer de faire quelque chose à cinq tours de la fin. »

La course de Charles confirme son choix, il restera tranquillement dans le peloton jusqu’aux 13e tours puis il tentera de rejoindre une échappée avant de manquer de jus. Il finira la course à son rythme. Il ne s’est pas déplacé à Vérone pour rien, il en profite pour prospecter pour se trouver une nouvelle équipe en Europe. Michael Barry avait de bonnes jambes. Il venait tout juste de finir la Vuelta avec l’US Postal et se sentait particulièrement en condition. « Je suis tombé au sommet de Toricelle à 9 tours de l’arrivée, a-t-il raconté à la fin de la course, j’ai changé de vélo et je suis remonté dans le peloton en compagnie de Bettini. En fait, j’avais mal, je me suis arrêté à mon box, la course était finie pour moi. » C’est la fin de la saison pour Michael, il reprendra l’année prochaine dans la même équipe (Discovery qui remplace US Postal) et compte bien faire les classiques de printemps et peut-être le Tour de France.

Le prochain rendez-vous avec le Championnat du monde sur route est l'année prochaine à Madrid en Espagne. Les espagnols seront sur leur terrain.

Les citations du jour
« Il aura fait de la télé le petit Le Mevel »
Un journaliste du Figaro à propos de l’échappée prématurée du Français

« C’est à la fois une bonne et une mauvaise journée, je suis fier d’être 2e derrière un grand coureur comme Oscar Freire mais je ne suis pas passé très loin d’être champion du monde »
Éric Zabel

« Quand je me suis entraîné sur le circuit, j’ai eu plein de sensations de déjà vu. C’était bon signe. »
Oscar Freire

Roue Libre
Roméo et Juliette

Le Roméo du jour : le Brésilien Luciano André Pagliarini Mendonca. Il a tenté sans succès de rejoindre l’échappée du Français et du Russe, quand il s’est rendu compte que ça ne marchait pas, il s’est mis à faire des roues arrière sur le parcours et à saluer son public. À défaut d’une grande carrière de cycliste, il pourrait débuter à la télévision dans une novela.

Les Espagnols ont joué un bon tour aux Italiens. Il faut dire qu’ils sont très forts, c’est leur 4e titre en six championnats du monde. On constate aussi que contrairement aux Italiens très régulièrement tiraillés par des conflits de personnalités, les Espagnols travaillent très bien ensemble.

Bettini n’a peut-être pas gagné, mais cela ne l’empêche surtout pas de donner des entretiens à la télévision italienne. Le problème, c’est qu’il l’a fait pendant la course, ce qui lui coûtera une amende de 200 francs suisse donnée par l’UCI. Cela dit, il expliquait juste aux journalistes qu’il s’était fait mal au genou en heurtant la voiture de son coach, d’ou son abandon.

Le gagnant Oscar Freire et le Hollandais Eric Dekker ont fait un petit besoin naturel au cours de l’épreuve. Un petit pipi qui coûte cher (200 francs suisse) puisqu’ils ont été vus par un commissaire de l’UCI.


nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net