Jacques Sennechael
Les hommes juniors ont flingué pendant presque tout le parcours, les femmes élites ont attendu le dernier tour pour prendre les choses en main. Les deux épreuves sur route d’aujourd’hui avaient exactement le même parcours et la même longueur, c’est bien là leur seul point commun.
Éric Boily a, lui aussi, connu un début de course difficile. « Je suis tombé dans la descente alors que j’étais en 5e position. J’ai cassé mon dérailleur et je me suis retrouvé avec un vélo de secours Shimano pas à ma taille avec des cales-pieds. J’ai quand même réussi à revenir au début de la montée. Au tout suivant, j’ai récupéré le vélo de Raphaël. » Ces changements de vélo ont fait qu’Éric a pris trop de retard, il est finalement rentré au kiosque au 6e tour. L’autre Canadien Brooke Boocock est tombé deux fois en montant et descendant Toricelle. Quant à Adam Thuss, il termine à la 112e place après avoir subi quelques problèmes de digestion au cours de la course.
Les juniors n’ont pas laissé à la course le temps de s’endormir. La tête de la course a changé de couleur régulièrement, les tentatives d’échappées se sont succédé sans qu’une avance décisive soit prise. Comme dans bien des courses sur ce parcours, ceux qu’on a vus aux premières loges pendant la course n’ont pas réussi à grimper sur le podium. Il fallait décidément être très fort pour espérer tenir une attaque en partant dans la côte de Toricelle.
Dans un groupe de 7 cyclistes en échappée, le Tchèque Roman Kreuziger arrive à prendre le large avec le tunisien Rafaâ Chtioui. Dans la descente de Toricelle, ils confirment leur avance jusqu’à la ligne. « Je ne croyais pas à notre victoire quand on a réussi à partir » a précisé le médaillé d’or. Le plus heureux est sans conteste le jeune tunisien : « j’étais le seul tunisien dans le peloton, je voulais être le premier de mon continent, mais je ne connaissais pas les autres Africains pour travailler avec eux. Ça flinguait de partout, je suis resté tranquille pendant la course pour tenter ma chance au dernier tour. J’av ais de bonnes jambes. » Rafaâ vient tout droit du Centre mondial du cyclisme de l’UCI à Aigles. « J’ai appris beaucoup de chose en deux ans là-bas, mon entraîneur m’a montré beaucoup de chose tout en respectant mon cheminement. Ça fait quatre ans que je fais du vélo dans mon pays, mais il manque beaucoup de matériels. » Le Tunisien a descendu Toricelle à toute vitesse. « J’ai appris en Suisse, explique-t-il, en regardant le paysage et les grandes descentes. »
Épreuve sur route femmes élites
Les tours se succèdent, il ne se passe pas grand-chose du côté des échappées. Au 3e tour, Erinne Willock rejoint la Suissesse Sarah Grab suivie par l’espagnol Dori Ruano Sanchon. Ils vont garder la tête jusqu’au 7e tour. « Je suis partie dans la descente pour rejoindre la Suisse a expliqué la canadienne sourire aux lèvres, nous étions trois et une australienne nous a rejoint. On aurait pu faire quelque chose à quatre, mais la suissesse ne voulait pas travailler, elle attendait sa leader. À deux tours de la fin, c’était trop dur, on n’a pas pu tenir. »
S’il y en a une qui sait ce qu’elle va faire sans pour autant connaître son équipe, c’est bien Lyne Bessette : « Je ne veux pas aller dans une équipe européenne, je veux être un peu dans mes affaires et pourquoi pas, faire d’autre chose comme du cyclo-cross cet automne. Je veux prendre un break avec les gros objectifs et vivre une année plus mollo. »
La Québécoise a manqué un peu de jus en fin de course, il faut dire que l’équipe canadienne a été particulièrement active pendant cette course alors que celles qui ont rejoint le podium ont été plus tranquilles pendant la course. Lyne termine à la 14e place, Susan Palmer-Komar au 18e rang, Amy Moore 34e, Manon Jutras 51e et Erinne Willock 54e.
C’est l’Allemande Judith Arndt qui a su saisir la bonne échappée : « au dernier tour, je suis parti avec l’italienne Tatiana Guderzo et la norvégienne Anita Valen, mon coach m’a dit que notre échappée pouvait tenir jusqu’à la fin, j’ai tourné la tête qu’à 300 m de l’arrivée. » Tatiana Guderzo arrive 2e à 10, de l’Allemande. Une course parfaitement préparée de son côté : « j’avais la stratégie de partir dans la montée au dernier tour, mon équipe m’a couverte et contrôler la course et j’ai tout donné dans la montée. »
Demain c’est le tour des hommes élites pour 265,5 kilomètres de parcours. Charles Dionnes et Michael Barry défendront les couleurs canadiennes.
Les citations du jour
« Je veux être un bon coureur et montrer le drapeau de mon pays. J’offre ma médaille à toute ma famille, à mes parents, à toute la Tunisie et à notre président. »
Rafaâ Chtioui
« J’ai aucune idée de ce qui m’attend l’année prochaine. »
Erinne Willock qui oeuvrait au sein de l’équipe Rona cette saison
Roue Libre
Roméo et Juliette
La zone des boxes est à l’autre bout du monde, à deux kilomètres de la ligne de départ. Difficile pour les équipes d’avoir du monde aux différents endroits de la course. Pour compléter le tableau, elle est située dans une pente descendante à la sortie d’un virage. Résultat : on ne voit pas arriver les coureurs et ils arrivent à toute vitesse. Autant vous dire que les bidons ont volé.
Le Roméo du jour : Rafaâ Chtioui
Le seul coureur Tunisien de la course des juniors est parti tranquillement en bas de la côte au dernier tour. Personne ne s’est méfié de cet illustre inconnu qui a réussi a aller chercher la médaille d’argent. Jamais un coureur n'a été aussi heureux de ramener une médaille.
La Juliette du jour : Erinne Willock
Elle nous a fait tout un spectacle en s’enfuyant dans la descente de Toricelle et s’échappant avec deux autres cyclistes jusqu’à deux tours de l’arrivée. Elle nous a prouvé s’il était nécessaire qu’elle grimpe comme un chèvre et qu’elle a de la constance.
| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d'autre ? |
Page mise en ligne par SVP

Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive