Jacques Sennechael
Le coup d’envoi des Championnats du monde de cyclisme sur route était donné lundi au pays de Roméo et Juliette, à Vérone. Pour être précis, les 71e Championnats du monde ont débuté à Bardolino, dans ce qui pourrait être qualifié de banlieue balnéaire de Vérone. Le magnifique lac de Garde, des routes étroites et sinueuses, un relief conséquent, voilà ce qui peut être le théâtre d’un contre-la-montre de qualité. Ce sont les juniors femmes qui ont fait leur premier tour de roues sur le parcours de 15,750 km. Une butte, une descente et un faux plat descendant, voilà ce qui résume un parcours bien dessiné, quand en plus il se trouve sur le bord d'un des plus beaux lacs du monde, il ya de quoi ne pas regretter les Championnats du monde d'Hamilton.
Les deux canadiennes inscrites dans ce contre-la-montre, Joëlle Numainville et Anna Tratnyek ont fort bien fait, se classant respectivement 18 et 19e. Pour cause d'accréditation manquante, je n'ai pas pu leur parler après la course.
C’est Tereza Hurikova de la République Tchèque qui a fait le meilleur temps en 22'14'' à une moyenne assez rapide de 42,5 km/h. Cette coureuse Tchèque est loin d’être une inconnue, elle a participé aux derniers Championnats du monde de Vélo de montagne aux Gets en se classant 3e. « J’étais très déçue de mon classement en vélo de montagne a-t-elle expliqué après sa course, cette victoire en contre-la-montre est une récompense après cette déception. Il faut dire que le parcours était parfait pour moi, un peu court par rapport aux courses de vélo de montagne mais la montée peu de temps après la ligne était parfaite.» L’Américaine Rebecca Much ne se tenait plus de joie de sa 2e place : « cela fait juste trois ans que je fais du vélo, quelque chose de grand vient d’arriver dans ma vie. »
Ce sont les espoirs hommes (moins de 23 ans) qui ont pris la suite sur un parcours rallongé en longueur et en difficulté. 36,7 kilomètres à parcourir avec une bonne bosse d’entrée de jeu suivie d’une descente, d’une montée et d’une nouvelle descente jusqu’à l’arrivée. Dominique Rollin et Jeff Sherstobitoff portaient les couleurs du Canada pour cette compétition. Ils s’y étaient préparés, notamment avec quelques courses en Europe. « Dominique a terminé 3e du Chrono Champenois, précise l’entraîneur en charge des espoirs Jacky Hardy, il a égalé le temps du champion de France. Cela dit, avec le relief dès le départ, ce n’est pas évident à négocier. Quant à Jeff, il vient du triathlon, cette course sera une bonne expérience qui lui servira dans l’avenir. »
C’est effectivement une bonne expérience pour Jeff Sherstobitoff qui se classe 31e à 4m 14s du gagnant. Dominique Rollin est 40e, un peu déçu de sa performance : « la première bosse n’était pas faite pour moi, de toute façon quand je me prépare pour un chrono, je n’avance pas, aux nationaux, je n’étais pas préparé et j’ai gagné. »
Le jeune espoir Canadien est à sa 2e année en Europe. Il a connu un bon début de saison. « Je suis allé au-delà de mes attentes avec quelques bons résultats, j’ai ensuite fait deux chutes en une semaine, notamment une en me payant une portière à l’entraînement. Cela m’a pas mal démotivé. Ensuite, l’été a été long, j’ai une dernière course le 10 octobre avec le Paris Tour et je rentre au Québec. Cela dit, ça ne va pas m’empêcher de revenir en dans une équipe européenne l’année prochaine, j’ai déjà deux trois propositions. »
C’est le Slovène Janez Brajkovic qui a réalisé le meilleur temps à près de 49km/h de moyenne. Il est suivi du Hollandais Thomas Dekker et de l’italien Vincenzo Nibali. « J’avais comme objectif de terminer 3 ou 5e, a expliqué le Slovène, je pensais vraiment trouver Dekker devant, le point clé de la course a été dans la 2e partie de la côte principale, c’est là que tout s’est joué pour moi. » Le Hollandais était effectivement très déçu de ne pas occuper la 1e marche du podium : « mon objectif était de gagner, 20 secondes c’est un gros écart, c’était lui le plus fort aujourd’hui. »
Mardi c’est au tour des juniors hommes et des femmes élites d’affronter le contre-la-montre de Bardolino. Éric Boily et Raphaël Tremblay sont à suivre avec attention chez les hommes.
Les citations du jour
« C’est un parcours très difficile, très sinueux qui demande des changements de rythme très souvent. »
Fransesco Moser
« Do you speak english, oh excuse me »
Tereza Hurikova en regardant le drapeau sur le maillot de l’Américaine Rebecca Much
« Un parcours difficile, très vallonné. C’est une expérience très excitante de faire son premier Championnat du Monde en Italie. »
Amanda Spratt, 3e du contre-la-montre
Roue Libre
Roméo et Juliette
La ville de Vérone et les Championnats du Monde ne sont pas à leur première histoire d’amour. Ils ont déjà eu lieu ici en 1999 pour le plus grand plaisir de l’Espagnol Oscar Freire qui avait fait la nique aux Italiens sur leur terrain.
Ici, ce n’est pas une miss tout de jaune ou de rose vêtue qui remet les trophées aux vainqueurs. Elles portent les costumes de la saison lyrique de l’Arena de Vérone.
Le Roméo du jour : Fransesco Moserbr> C’est à Vérone, dernière étape du Giro que Fransesco a devancé le Français Laurent Fignon. C’est un détail des 272 victoires en 15 ans de carrières du champion italien.
La Juliette du jour : Tereza Hurikovabr> La pimpante gagnante du contre-la-montre était tout sourire d'être enfin sur la plus haute marche du podium dans un Championnat du Monde. Il faut dire qu'elle avait manqué de peu celui des Gets en vélo de montagne pour cause d'ennui mécanique.
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