17 août 2004
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Le sont-ils ou pas ? L'est-il ou pas. Les téléspectateurs se posent constamment la question. Les Jeux d'Athènes viennent à peine de commencer que déjà le dopage occupe tout le terrain. Presque tous les pays ont déjà leurs coupables à punir, parfois même avant le début de leurs compétitions respectives. La pureté du dogme olympique soulève des sarcasmes révélateurs et le caractère immaculé du mythe olympique est sérieusement ébranlé. Le Journal vous propose deux visions différentes du fléau qui ronge lentement les anneaux olympiques. |

Ex-culturiste devenu consultant en performances auprès d'athlètes qu'il ne veut pas identifier, Jean-François Boulay, 34 ans, souhaite une législation complète de toute la gamme de produits que l'on retrouve sur l'actuelle liste noire du CIO.
Selon lui, ce qui est diffusé par les médias est loin d'être conforme à la réalité. « J'ai consommé des stéroïdes pendant six ans. Ce n'est vraiment pas si dangereux que ça. En fait, il n'y a aucun danger, seulement des risques calculés. Nous avons affaire à des adultes consentants qui n'ont pas de fusil sur la tempe. Ça prend le potentiel de base. Moi-même je n'aurais jamais réussi chez les professionnels, même avec des suppléments. Il y a trop d'athlètes qui sont des cobayes de leurs propres expériences » dit-il.
M. Boulay est d'avis que les belles valeurs du mouvement antidopage ne tiennent plus la route. «Les performances des athlètes de haut niveau n'ont absolument rien à voir avec l'adage de la santé par le sport. Le sport d'élite, ce n'est pas ça. Les gens veulent voir du spectacle » mentionne celui qui a déjà remporté le championnat canadien de culturisme en catégorie junior poids-moyen.
Respect
Adepte d'une discipline controversée, ce dernier gère un site d'information spécialement destiné aux athlètes de pointe. « Je démystifie la situation » précise-t-il. Il jure ne pas être impliqué dans la vente ou la distribution de produits dopants. Pour lui, l'éthique sportive se limite au respect d'autrui et des règlements techniques du sport pratiqué. Pour le reste, c'est une question de choix personnel.
« Pas des sales »
« Les tests antidopage constituent une atteinte aux droits de la personne qu'il est impossible de retrouver ailleurs. Il faut cesser de considérer les athlètes qui sont pris comme des monstres ou des êtres démoniaques. Quand on prend ce que dit le CIO comme de l'or en barre, c'est l'idée qu'on a. Ça n'a rien à voir. Ils sont aussi respectables et ils méritent autant d'admiration que les autres. La plupart mènent une vie irréprochable : l'entraînement, la nutrition et le reste. Quand j'entends parler de propreté dans le sport, je me dis qu'ils sont loin d'être des sales... Pour remporter une victoire aux Jeux olympiques, il faut que tous les facteurs soient réunis dans une synergie parfaite et à un moment précis. La pire erreur est d'affirmer que ceux qui font usage de produits dopants gagnent facilement et de façon injuste. C'est totalement faux. Le dopage, c'est 15% pas plus de la performance, pas plus » affirme-t-il.
Les tricheurs sont présents partout dans la société. À preuve, les prisons sont pleines. Ce qu'il y a de plus important à mentionner, c'est qu'il y a des athlètes propres. Il y a également des sports où le dopage ne sert absolument à rien » pense Louis Garneau.
L'homme d'affaires de Saint-Augustin a vécu l'expérience des Jeux de Los Angeles. N'eut été le boycott de Moscou, il aurait pris part aux Jeux olympiques à deux reprises. Toujours passionné de son sport, ses propos se veulent rassurants pour le futur, mais aussi réalistes de l'inéquité des moyens de chacun des clans.
Comme dans la société, Louis Garneau ne croit pas qu'il soit possible d'écrouer tous les fraudeurs. « C'est la vie. Il ne faut pas en faire un plat ni mettre tous les athlètes dans le même groupe. Il y a eu les amphétamines, les anabolisants et maintenant on parle de modifications génétiques. Même si le dopage est souvent en avance de plusieurs années, j'ai espoir que les tests de plus en plu sophistiqués viendront compliquer la tâche des tricheurs » dit-il.
Sans déroger de sa philosophie, il maintient que si les jeunes passent le cap de l'adolescence avec le goût du sport et la discipline de vie qui va avec, la victorie est acquise.
« Autodestructeur »
L'ex-olympien refuse d'ouvrir la porte à une légalisation complète des substances. « Ce serait un comportement auto-destructeur. On mettrait des enfants en danger. On pourrait enlever tous les feux rouges en ville en pensant que les automobilistes vont se discipliner eux-mêmes. On n'évitera pas les carambolages. L'humain est géré comme ça, avec des règles et des lois. C'est la seule façon », pense-t-il.
En nettoyant le sport de toutes les substances illicites, le cycliste estime que nous aurions probablement les mêmes individus aux Jeux. « Oui, parce que ça prend une génétique et des capacités olympiques pour se rendre à ce niveau. Le reste, c'est pour faire la différence. »
Structure canadienne
Quant aux perfomances canadiennes « parfois ordinaires » sur la scène mondiale, il estime qu'une réflexion s'impose. « Il faut s'interroger sur notre structure du sport amateur. Nous voulons des médailles mais pas nécessairement la facture qui va avec » ajoute-t-il.
Plein d'optimisme, Louis Garneau voit encore les Jeux comme la plus belle réunion d'humains, sans guerre, « Ça demeure extraordinaire. J'adore regarder les épreuves et ça ne brise pas mon plaisir » termine-t-il.
Pour sa part l'ex-plongeuse et médaillée d'or olympique Sylvie Bernier tient un discours qu'elle juge idéaliste.
« Je suis peut-être naïve, mais je crois que derrière chaque athlète se cachent de belles histoires et une passion indescriptible. La majorité des athlètes sont corrects » dit-elle.
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