Dominique Perras
Tout ce qui monte doit redescendre », dit le dicton. Alors après être « monté » vers l’ouest en janvier, je suis revenu au Québec au début de mai, en voiture, seul cette fois, car ma femme et mon fils avaient pris la voie des airs un peu avant moi. Me revoici à la maison, ou près de celle-ci, après une longue absence, et il semble que le printemps – ou est-ce l’été déjà ? – soit enfin arrivé. J’ai pu redécouvrir les sorties superbes dans le coin de Frelighsburg, Sutton et Jay Peak. Lors de mon séjour au Colorado, les « locaux » m’ont fait découvrir les plaisirs de rouler sur les chemins de terre battue, un type de route que l’on trouve en quantité en Estrie. Lorsqu’elles ne sont pas recouvertes de gravier, ces routes sont parfois en meilleur état que les routes asphaltées soumises aux hivers rigoureux (!) et elles donnent accès à des coins reculés et tranquilles d’arrièrepays. Fantastique !
En avril, j’ai participé au Tour de Virginie, une course de « remplacement » pour mon équipe étant donné notre « non-invitation » au Tour de Géorgie. Dans le palmarès des épreuves désorganisées que je compilerai quand je serai à la retraite, ce tour arrivera près de la tête. La course, au parcours splendide, consistait en six jours à l’ouest de l’État, avec quatre courses « en ligne », de point à point.
Cependant, cet itinéraire dépassait largement les capacités de l’organisateur. La sécurité était si déficiente qu’il tient du miracle que rien de grave ne soit arrivé. Par exemple, lorsque je me suis retrouvé seul sur la route, en deuxième position au cours d’une étape de montagne, il n’y avait ni voiture ouvreuse, ni motard, ni voiture suiveuse. Le dernier jour, lors de l’arrivée qui se voulait rassembleuse à Charlottesville, le peloton est arrivé avant le groupe de tête, les meneurs ayant été aiguillés sur un mauvais chemin.
Plus cocasse encore, au départ de la quatrième étape, les officiels se sont rendu compte que le maillot jaune de meneur et le maillot de meilleur grimpeur (que votre chroniqueur devait porter) étaient en fait… déjà à l’arrivée ! Disons que le Colombien en tête et futur vainqueur, Javier Zapata, est passé assez incognito ce jour-là . Évidemment, nous sommes tous conscients du casse-tête que représente l’organisation d’une telle course, mais il vient un point où la désorganisation met les aspects sportif et sécuritaire en péril.
J’ai eu des ailes lors de la montée principale de la semaine, une petite route étroite de près de 10 km et suffisamment pentue pour que j’utilise mon 39X26 au dernier tiers. Au milieu d’une forêt pratiquement déserte, j’ai eu la surprise de lire plusieurs fois mon nom en long et en large sur le bitume avant d’entendre de nombreux Québécois venus m’encourager avec le groupe Centrifuge. Toute une surprise à 1500 km de tout rassemblement de francophones !
Ce jour-là, malgré une bonne ascension, qui se trouvait à 35 km de l’arrivée, d’ailleurs, je me suis fait reprendre par un petit groupe derrière et j’ai terminé au quatrième rang. Comme je me suis retrouvé au cinquième rang du classement cumulatif et qu’un de mes coéquipiers occupait alors le troisième rang, mon directeur et moi avons décidé qu’il valait mieux prendre des risques pour essayer de gagner que de conserver mon énergie pour protéger ma position.
Le lendemain, je me suis donc lancé dans une offensive entre les deux principales montées de la journée ; j’ai été cependant rejoint et j’ai perdu du temps.
Parfois, quand on joue à quitte ou double, on sort avec quitte. Je vous le dis aujourd’hui avec un peu plus de sérénité que ce soir-là, bien sûr. J’ai poursuivi le tour au service de mon coéquipier Dan Bowman, qui a réussi à remonter un échelon et qui a terminé deuxième au classement général, derrière le Colombien, nettement le meilleur grimpeur de la course. Dans l’ensemble, ce fut quand même une belle épreuve et j’en suis ressorti avec une belle forme. Les courses par étapes ont toujours ceci de positif : à moins d’y tomber malade, après quelques jours de repos, on en sort toujours en bonne forme. Au moment d’écrire ces lignes, je me prépare à m’envoler pour l’Irlande où je participerai à la Milk Ras, une course par étapes de huit jours, que j’ai faite en 2001.
Ensuite, je reviendrai quelques jours à la maison avant de repartir pour les trois courses habituelles d’une journée au début de juin en Pennsylvanie, dont la dernière de 265 km à Philadelphie. Je serai au départ du Tour de Beauce le surlendemain. Comme ni mon équipe ni l’équipe canadienne, qui est à court d’argent ces mois-ci, n’y seront cette année, je porterai le maillot fleurdelisé de l’équipe du Québec. Éric Van den Eynde sera notre entraîneur, et j’aurai Martin Gilbert, David Veilleux et Charles Dionne, entre autres coéquipiers. Ça promet. Viendront ensuite les Championnats canadiens, sur les mêmes terres beauceronnes, et ça promet tout autant ! Sur ce, profitez bien de l’été, qui ne dure pas toujours longtemps.
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