printemps 2007

À bas Kyoto

Dominique Perras

Oui, les conservateurs et Rona Ambrose ont raison: le réchauffement de la planète n'est pas un problème. En tout cas, pas pour les cyclistes au Québec en novembre et en décembre, et même au début de janvier pour ceux qui y étaient encore. Rouler 3 ou 4 heures dehors les 24 et 25 décembre, c'est bon pour faire descendre la tourtière ou pour se faire un creux avant d'en manger encore. Et puis, ça réduit le temps sur le vélo stationnaire. Merci, continuez votre bon travail avec vos VUS, en Alberta et ailleurs. Donc, ç'a été un bel automne et un beau début d'hiver pour rouler. J'ai aussi profité de cet automne, le plus tranquille depuis longtemps (quoiqu'un bébé naissant n'est pas toujours tranquille ; merci, ma femme, tu es extraordinaire !), pour renouer avec une ancienne passion: le hockey. Avec quelques amis de longue date, je me suis remis à jouer environ une fois par semaine, comme gardien de but, position que j'avais occupée une dizaine d'années «dans ma jeunesse». Un autre sport fantastique, où règne un esprit d'équipe et de camaraderie particulier.

Malgré le temps chaud qu'on a connu cet hiver, j'ai rempli ma voiture à pleine capacité, et ma femme, mon fils et moi sommes partis le 2 janvier pour 6 mois. Destination : la Californie, à quatre jours de route. Cette traversée était une première; et quel périple! Je ne croyais pas prendre un tel plaisir à conduire, à voir la succession de paysages si différents, de l'Ontario au Michigan puis aux plaines de l'Iowa et du Nebraska, jusqu'aux plateaux puis aux Rocheuses enneigées du Colorado (de quoi faire languir les amateurs de ski au Québec); ensuite venaient l'Utah, Las Vegas et, enfin, via Los Angeles, nous sommes arrivés à destination. C'est avec la constante pensée de ce qu'a dû être la conquête de l'Ouest au XIXe siècle que j'ai parcouru cet immense territoire. De sacrés contrastes, moins perceptibles lorsqu'on visite ces endroits sur un intervalle de temps plus long. Mais l'élément clé a été de vivre le tout avec les deux personnes que j'aime le plus. Notre garçon, âgé à ce moment-là de deux mois et demi, a d'ailleurs été d'un calme exemplaire. La vie de cycliste a aussi cet aspect intéressant: j'ai pu passer beaucoup de temps de qualité avec mon fils, d'autant qu'il est né au cours de ma saison morte... Nous louons une maison près de la mer, à Ventura. La température y est généralement parfaite pour rouler, soit entre 15 et 22 °C. J'en suis à ma septième visite ici, je connais suffisamment de partenaires d'entraînement et j'ai quelques amis qui ont de jeunes bébés. C'est toujours un plus d'avoir certains amis suivant le même rythme de vie.

Qui dit automne dit aussi «négociation» et équipe. Viennent évidemment deux considérations: les financières (et on ne parle pas de salaire de joueur de hockey ici) et surtout les sportives. Martin Gilbert et moi avons autant que possible tenter de faire front commun pour mener ces négociations et, après quelques semaines de tergiversations, nous avons finalement décidé de quitter Kodak et de suivre notre directeur sportif, Jonas Carney, qui lui aussi quittait Kodak pour former une nouvelle équipe, Kelly Benefits/Médifast. Nous avons une grande confiance en ses compétences sportives ; Jonas dirige les stratégies d'une main de fer et a su recruter nombre de jeunes coureurs de talent.

En sol américain, à partir du mois de mars, je prendrai part aux mêmes épreuves, ou à peu près, que les dernières années. J'ai aussi pris soin de faire préciser dans mon contrat que je serai du Tour de Beauce en 2007, du Championnat canadien et de la course Montréal-Boston qui, espérons-le, aura lieu. La seule course que je ne ferai pas, c'est le Tour de Californie à la mi-février, et j'en suis content. J'ai toujours eu du mal à faire un entraînement hivernal approprié pour le reste de la saison en amorçant ma saison si tôt. En passant les mois de novembre et décembre au Québec, il nous est généralement difficile de faire beaucoup d'heures d'endurance, et il me fallait passer aux efforts dès le mois de janvier pour être dans une forme raisonnable en février. Disons que notre début d'hiver, cette année, a été différent.

Et puis il y a, depuis quelques années déjà, un véritable boom cycliste aux États- Unis. Les courses importantes se multiplient, tout comme le nombre de formations. En plus des tours de Californie et de Georgia, les tours de l'Utah et du Missouri sont maintenant sanctionnés par l'UCI, tout comme le tour de Virginie et une nouvelle course d'un jour, dans le même État, qui sera télédiffusée à NBC, une des grandes chaînes publiques. Je devrais reprendre ma saison le 3 février aux Bahamas, mais sur une note somme toute modérée. J'y ferai une course de deux jours (le «Tour » des Bahamas) qui semble plus propice à la décontraction qu'à la contraction des muscles. La topographie y est de toute manière assez limitée, semble-t-il. Ensuite, retour en Californie pour participer à mon camp d'entraînement avec mes nouveaux coéquipiers.

Petites aventures que je pourrai vous relater dans le prochain numéro. Sur ce, bonne fin d'hiver !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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