Dominique Perras
Rebonjour ! Mon clavier est au sud de la côte ouest américaine, encore une fois. J'en suis à la moitié de mon camp d'entraînement d'équipe, qui se déroule à moins de 10 km de la maison que j'ai louée ici. L'idéal. Je peux voir ma femme et mon fils le soir, une première. Les perspicaces me diront que c'est bien normal que ce soit une première, puisque mon fils n'a que quatre mois, mais j'entends par là que nos camps d'entraînement sont habituellement assez éloignés pour que je sois loin de ma famille.
Les camps sont parmi les moments que j'apprécie le plus dans ma vie de cycliste, avec leurs longues sorties en groupe à une vitesse soutenue mais constante, deux par deux, sans accélérations ni ralentissements inutiles. On monte les bosses au rythme et on continue de pousser sur les pédales dans les faux-plats descendants. Cela peut paraître surprenant, mais cette façon de faire n'est pas appliquée dans la majorité des sorties de groupe auxquelles j'ai participé, en particulier celles avec des non-coureurs. Disons qu'il me semble généralement plus agréable de conserver son ego et son orgueil pour les journées où l'on épinglera un dossard, de préférence pour les courses d'envergure. Par contre, avec les années, la motivation vient beaucoup plus facilement en groupe qu'en roulant toujours seul.
En plus de mon camp d'entraînement qui réunissait une dizaine de partenaires, j'ai eu de la compagnie presque tout l'hiver : mon coéquipier Martin Gilbert pour plusieurs semaines, deux amis norvégiens du Crédit Agricole – que j'ai connus du temps de mes années en Europe –, Mads Kaggestad et Thor Hushovd, venus s'entraîner au chaud une dizaine de jours avant le Tour de Californie, ainsi que quelques autres coureurs pros du coin. Il semble y avoir une nouvelle tendance chez les jeunes coureurs québécois, soit celle de s'acheter un Westfalia et de partir dans le sud question de faire du vélo, de manger des saucisses devant un feu le soir et de dormir dans son véhicule. Ce sont en quelque sorte les Jack Kerouac du cyclisme québécois.
Équipé de ses outils tout juste achetés au Wal-Mart, Martin Gilbert m'a bien fait rire quand il s'est pointé chez moi avec son véhicule brun aussi âgé que lui. On y trouve tout de même deux lits ! Malheureusement pour lui, le moteur était moins fiable que prévu et, malgré sa grande débrouillardise, Martin en a été quitte pour dormir trois nuits dans son véhicule à l'intérieur d'un garage californien à quelque 200 km de chez moi... Et il est revenu nous voir au lieu de poursuivre sa route vers San Francisco. On peut maintenant en rire !
Côté équipement, mon équipe roule avec les vélos LeMond en carbone (décidément, je suis sur une lancée de vélos portant le nom de grands champions : LeMond cette année après Merckx l'an dernier), avec le groupe SRAM Force, des roues Bontrager, des pédales et des souliers Time (ma marque favorite depuis près de huit ans). Comme pour les dernières saisons, nous avons chacun quatre vélos à notre disposition : trois vélos de route identiques – un vélo d'entraînement qui reste normalement à la maison, un vélo de course et un vélo de rechange en permanence dans le camion d'équipe – ainsi qu'un vélo de contre-la-montre.
J'ai amorcé ma saison compétitive le 3 février au Tour des Bahamas. Une course de trois étapes au cours de laquelle Martin Gilbert a été notre leader puisque les deux étapes devaient se terminer au sprint. Il a très bien livré la marchandise avec deux podiums, un bon début pour notre équipe. Néanmoins, avec un brin de réalisme, nous pouvons concéder qu'il s'agissait d'une course de second ordre, tout de même excellente pour apprendre à connaître de nouveaux coéquipiers. L'important était d'être au mieux pour nos matchs de volley-ball de plage et ceux de tennis au bord de la mer !
Mon programme de courses, au moment d'écrire ces lignes, consiste en une fin de semaine de course au début de mars au nord de la vallée de San Joaquin, dans la pittoresque ville de Merced. Finalement, j'espère être du Tour de Géorgie, mais notre présence n'est pas encore à ce jour confirmée.
Entre ces épreuves, je déménagerai ma petite famille et mes pénates (en automobile, question de faire ma part pour qu'il fasse plus chaud au Québec dans 10 ans) et j'irai m'entraîner en altitude quelques mois au Colorado, afin de bénéficier à la fois de la raréfaction de l'oxygène et de l'entraînement en montagne.
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