Ressuscité 5 septembre 2006

Ressuscité

Dominique Perras

Fin mai et début juin, les choses «regardaient bien mal» pour moi. Des maux de ventre persistants et des jambes fort ordinaires depuis un moment déjà. J'ai fait une croix sur les courses de Philadelphie et sur le GP Nature Valley au Minnesota pour revenir à la maison. Après plusieurs tests médicaux, j'ai enfin découvert la raison de mes difficultés à récupérer: un virus intestinal. Un repos forcé et une médication m'ont rétabli, mais j'ai manqué plusieurs jours d'entraînement.

Bref, dans le mois menant aux Championnats canadiens à Québec, je n'ai fait que deux petits critériums. Je dois dire toutefois que la frustration accumulée pendant mon inactivité a été par la suite canalisée en motivation.

Une de ces courses, le week-end de la Saint-Jean-Baptiste, a été une escapade de quelques jours à Rochester, dans l'État de New York, pour une nocturne, un de ces critériums de soir qui vous garantissent une nuit d'insomnie par la suite. Il faut bien quelques heures avant de redescendre le rythme cardiaque... C'est aussi à cet endroit que se situe le siège social de Kodak, un de nos deux commanditaires principaux, ce qui implique bien sûr des visites et même des sorties à vélo avec certains des employés.

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Ces championnats, donc. Au Québec pour la première fois depuis 1999, dans la cité de la mairesse Boucher et de ses robes excentriques, le jour de la fête du Canada. Le départ est retardé, en partie en raison d'un retard à sécuriser les rues, mais aussi à cause de manifestants, fiers de leur seule victoire à Saint-Denis en 1837, venus exprimer leur haine du Canada et leur âme patriote. Je me demande encore ce que les Canadiens anglais au départ pouvaient bien se dire. Si au moins les manifestants étaient restés jusqu'à l'arrivée, ils auraient été fiers de voir la teneur québécoise du podium.

Disputé sur un parcours en pleine ville, un parcours de 12,5 km plat dans l'ensemble avec une côte d'un peu moins de 1 km, la côte Gilmour, dont la première partie est tout de même assez raide pour être fermée l'hiver. Beau soleil, chaud mais pas trop (dommage, car j'aime bien cette chaleur écrasante qui en décourage plusieurs) et peu de vent.

C'est toujours dur de savoir où on se situe exactement quand on n'a pas fait de «vraies courses» pendant un long moment, mais je me sentais assez bien à l'entraînement les jours précédents.

La course est agressive comme prévue. Après qu'un groupe de six ou sept coureurs se forme en tête dans la première heure de course, je réussis à m'extirper du peloton et à faire la jonction avec ce groupe. À ce moment, l'échappée compte 13 coureurs, dont au moins 5 de la formation Symmetrics, l'équipe sans doute la plus représentée à ces Championnats canadiens. Pas bon.

Après quelques attaques un tour plus tard, nous ne sommes plus que 8, dont 3 Symmetrics, mais nous n'arrivons pas à distancer le peloton en raison d'une mauvaise collaboration au sein de notre groupe. Quelques tours plus tard, je place une première accélération dans la côte, et notre groupe, réduit à 6, travaille déjà mieux.

À deux tours et demi de la fin, je place une autre attaque, pour tenter de réduire le surnombre des Symmetrics, et seul Svein Tuft et Dominique Rollin me rejoignent. Tuft, le seul Symmetrics restant, refuse de travailler et, immédiatement, Rollin et moi nous entendons sans nous parler pour l'attaquer à tour de rôle. Après trois ou quatre accélérations, il est condamné à travailler avec nous, à cesser les hostilités.

À deux tours de la fin, l'écart avec le peloton dépasse enfin le cap de la minute. C'est au pied de l'avant-dernière montée que je décide de jouer le tout pour le tout. Les montées précédentes, j'ai bien tenté le coup dans la seconde moitié de la côte, mais Tuft et Rollin ont recollé ; là , je veux m'essayer dans la section raide. Et à l'ascension finale, mes deux comparses seront assez malins pour se reposer un peu avant d'entamer la côte, surtout que nous venons tous trois de faire un bon effort. Mais avant tout, je ne veux pas arriver au sprint avec ces deux coureurs a priori plus rapides.

Malheureusement, mon attaque se retourne rapidement contre moi quand je suis victime de crampes et que je dois me rasseoir sur mon vélo. Manque de courses ? Je ne sais pas, mais je n'ai pas eu de crampes depuis des années. Qu'importe, Rollin et Tuft en profitent. Sur le plat, en moulinant, je passe tout près de revenir, recollant à trois minuscules secondes, en vain. Je termine troisième.

C'est frustrant de (re)passer si près de la victoire (mon quatrième podium en cinq ans, dont une fois la plus haute marche, sauf que je dois me consoler en me disant qu'au moins, je suis enfin en santé et en forme.

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Je poursuis ma saison à la recherche d'une belle victoire, avec la Superweek au Wisconsin, puis le Tour de l'Utah, une nouvelle course qui veut être l'égale du Tour de Californie et du Tour de Georgia. En septembre, l'Univest GP remplacera en quelque sorte le Grand Prix de San Francisco, et je terminerai ma saison avec le Sun Tour en Australie, avant de revenir à temps pour la naissance de notre premier enfant.


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