5 septembre 2006

Futur champion ?

Dominique Perras

Je vous écris cette dernière chronique annuelle au début d'octobre, installé chez mon ami Denys, dans les hauteurs de La Malbaie, une région que je recommande fortement à tout cycliste ou aux simples marcheurs. Décorés des couleurs automnales, les Hautes-Gorges et le mont Grand Fonds offrent des paysages fantastiques. En plus de dénivelés intéressants, la qualité du revêtement est nettement meilleure que dans le reste de la province. Et puis, l'automne, c'est aussi le temps de jouer au hockey, au tennis, de faire du canot et d'aller voir les baleines à Tadoussac. Bon, c'est Vélo Mag ici, pas Géo Plein Air, alors je reviens aux deux roues.

Cet été, mon équipe a décidé de concentrer une bonne partie de ses ressources à préparer quelques critériums importants, dont un à Charlotte et l'autre à Chicago – offrant plus de 100 000 $ en bourses –, en plus du Championnat américain de critérium. Ces objectifs de la direction m'ont contraint à participer à la série Superweek au Wisconsin, à proximité de Milwaukee, plutôt qu'à deux autres courses par étapes. Cette décision a été prise un peu à mon détriment, puisque ce ne sont pas les courses dans lesquelles je me sens le plus à l'aise. Cela fait toutefois partie du métier, si bien que j'ai joué un rôle de soldat pendant 10 jours.

J'ai pu participer à la fin de juillet au Tour de Toona, en Pennsylvanie. Je courais au sein de l'équipe du Québec, car la mienne avait décidé de faire l'impasse sur cette course. J'ai pris un grand plaisir à côtoyer ces jeunes qui ont un bel avenir devant eux. Les Éric Boily, David Veilleux et Clovis Auger, entre autres, 18 ans bien sonnés, en étaient à l'une de leurs premières participations à une course par étapes en compagnie d'équipes professionnelles aux États-Unis. Auprès de ces jeunes verts, fringants et très enthousiastes, j'ai passé une semaine à la fois motivante et... rajeunissante. Ils ont une approche parfois plus axée sur le plaisir que sur la performance, donc chacun finit par faire le clown! Ç'a été rafraîchissant. En plus, j'ai éprouvé un plaisir certain à leur transmettre quelques connaissances relatives aux parcours, aux stratégies de courses, etc., tel un vieux sage. L'avenir est devant eux...

Au début d'août, je me suis dirigé en altitude pour le Tour de l'Utah. Et sans vouloir complexer les côtes de Charlevoix, on y trouve là de sacrés cols, qui n'ont d'ailleurs rien à envier aux cols alpins. Une théorie d'entraînement recommande de dormir en altitude et de s'entraîner plus bas, un concept qui s'applique mieux à l'entraînement qu'à la veille d'une compétition.

Bien malgré nous, nous avons dormi à Snowbird, une station de ski à 2500 m d'altitude, alors que les courses se déroulaient plus bas. Je ne recommande cela à personne... Le sommeil est aussi important que l'entraînement et, sans air, il est perturbé. Ce tour de six jours a été difficile mais satisfaisant. En quête d'un bon résultat après mon décevant printemps, j'ai fait 3 fois le top 10 lors des étapes de montagne et je suis arrivé 9e au classement général. Scott Moninger, qui a près de 40 ans, a gagné la course. Il continue de dominer presque toutes les épreuves en altitude aux États-Unis. Un vrai modèle de longévité, un peu à la Eric Wohlberg.

Après avoir participé au Championnat américain de critérium, mon équipe a terminé sa saison au début du mois de septembre avec le Championnat américain sur route, auquel je n'ai pu prendre part. Bizarrement, les étrangers sont admis au Championnat de critérium mais pas au Championnat sur route. Comme je voulais être certain de ne pas manquer la naissance de notre premier enfant, j'ai décidé de ne pas me rendre en Australie pour le Sun Tour, auquel j'ai participé les trois dernières années. Ma saison s'est donc terminée à la fin d'août, plus tôt que jamais.

D'ici à la publication de votre revue préférée, je serai probablement en train de changer des couches. Assurément, je rédigerai ma prochaine chronique affaibli par un manque de sommeil chronique ! Sur ce, j'en profite pour remercier tous mes lecteurs assidus. Je vous souhaite un excellent hiver.

Félix Perras est né le 17 octobre. Bienvenue futur champion !


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