13 décembre 2004

Chronique d'une fin de saison occupée

Dominique Perras

Depuis notre dernier rendez-vous de l'été, j'ai caracolé de la Pennsylvanie au Québec, du Vermont au Colorado, puis au Japon via la Californie, tout en prenant soin de revenir chez moi entre chacun de ces déplacements.

La Classique Louis-Garneau Montréal-Québec est une épreuve qui me tenait à cœur, ne serait-ce que pour ce qu'elle représente pour le cyclisme québécois et canadien. Par exemple, mon grand père – qui n'est pourtant pas un grand amateur de sport – m'en parle depuis mes tout débuts en cyclisme, car son voisin et bon ami, Douglas Perron, a décroché les honneurs de cette épreuve dans les années... 40. Bref, c'est l'une des seules classiques en Amérique avec une histoire. Je me suis vraiment fait plaisir ce jour-là en réussissant à me détacher à 4 km de l'arrivée, et à venger ma place de second en 2002.

Par la suite, j'ai rejoint un de mes coéquipiers à Boulder, au Colorado, pour un stage d'un peu plus de deux semaines. Véritable Mecque du cyclisme états-unien, ce n'est pas pour rien que tant de coureurs s'y sont installés. Boulder est une belle petite cité dynamique et surtout un fantastique site d'entraînement, en altitude qui plus est. Je m'y suis payé plusieurs sorties extraordinaires en montagne, juste assez pour me rappeler les possibles changements climatiques, même en juillet. Je suis revenu complètement frigorifié après être parti en pleine canicule. Ça me fascinera toujours: comment une petite montée de 15 km peut vous faire passer de l'été à l'hiver?

Au cours de ce séjour au Colorado, j'ai pris part à un tour de cinq jours, la Colorado Cyclist Classic. Bizarrement, la course s'est réglée après... 2 km, dès la première étape! En effet, un groupe de trois coureurs s'est échappé dès le coup de pistolet. À la traversée de la première ville, le peloton – m'incluant – a été dirigé vers une route à l'extérieur du parcours par les policiers. Le temps de revenir sur le bon chemin, et les trois fuyards avaient déjà dix minutes d'avance, une avance presque insurmontable, surtout avec le capharnaüm derrière eux... Mais la règle est claire: «Le coureur est responsable de connaître son parcours.» L'organisation s'en lave les mains ainsi...

Will Frischkorn, mon coéquipier de l'occasion (nous étions dans une équipe composite Ofoto-Collavita), a pris le maillot jaune et nous l'avons défendu avec succès pour le reste de la semaine. Un scénario un peu bizarre, car il n'est pas vraiment mon coéquipier, mais pour cette épreuve nous portions les mêmes couleurs et cela paraissait comme la chose la plus raisonnable à faire: défendre son maillot. Et puis comme on dit en bon français, what goes around comes around.

En préparation pour le GP T-Mobile de San Francisco, je suis rentré au Québec quelques jours et j'ai pris part à une course par étapes au Vermont, au cours de laquelle j'ai remporté une étape et porté le jaune une journée.

Enfin, la course qui comptait, du moins pour les équipes américaines, c'est celle de San Francisco. Comme j'étais occupé en Europe à pareille date ces dernières années, ce fut ma première expérience. Ce circuit urbain comptait deux côtes courtes (400 m et 500 m), mais d'une raideur difficile à décrire; 25 %? Ça semblait plus, en tout cas! La course s'est jouée dans la dernière heure, voire demi-heure, et j'ai perdu le contact avec le premier groupe à 8 km de l'arrivée, bien par ma faute, pour m'être mal positionné dans l'avant-dernière ascension... En fait, je suivais calmement un coureur pour me rendre compte dans la descente qu'il était à un bon 100 m derrière le groupe de tête! Dans ces côtes, que l'on franchit à 10 km/h, un mètre n'a l'air de rien, mais quand on bascule en haut et que l'on se retrouve à 80 km/h, ce mètre se transforme en distance importante. Bref, j'ai terminé en 20e position au sein du second groupe. Comme vous le savez sans doute, Charles Dionne a remporté cette course avec brio. Soulignons que remporter une épreuve pour une seconde fois est souvent beaucoup plus difficile, l'effet de surprise ne jouant plus en votre faveur.

Enfin, je me suis rendu directement de la Californie au Japon, où j'ai pratiquement enchaîné avec le prologue. Un tour avec moins de relief qu'à ma dernière participation, et le tout s'est joué aux sprints de bonification. J'ai eu le plaisir de rouler avec le maillot fuchsia du meilleur grimpeur presque tout le tour; il paraît que c'est pour mieux le repérer au cœur d'un typhon! J'adore courir en ce pays où l'organisation est toujours impeccable et la population, d'une grande gentillesse.

Que me réserve l'avenir? À court terme, je participerai au Sun Tour et au Tour de Queensland, en Australie, où je terminerai ma saison au début de novembre. Ma blonde viendra m'y rejoindre et j'y prendrai des vacances. Comme j'ai amorcé ma saison compétitive le 25 janvier, je devrais en avoir assez à ce moment (je dis ça, mais le plus difficile est de poursuivre l'entraînement, parce que courir, c'est ce qui me motive vraiment, ce qui me donne des poussées d'adrénaline). Je compte faire de la plongée et de la randonnée pédestre. J'ai aussi quelques anciens coéquipiers à visiter. Ceux qui ont déjà côtoyé des Australiens savent qu'ils n'entendent pas à rire une fois le soleil couché; ils sont très forts pour lever le coude...

Quant à la prochaine saison, il semble fort probable que je reste au sein de la même formation américaine, Ofoto. De plus, avec le nouveau classement continental «America Pro-Tour», l'équipe nationale devra dorénavant être présente sur quelques fronts en Amérique latine, question de la qualifier pour les Championnats du monde.

J'ai une grande motivation pour ce sport. J'ai l'impression que je progresse encore et j'ai envie de me dépasser. Néanmoins, je me promets de modifier quelques éléments de ma préparation afin de changer de routine, mais ça, je vous en parlerai dans le prochain numéro...

Dans mon premier texte de l'année, j'avais inclus un petit lexique cycliste pour expliquer quelques expressions fréquemment utilisées. En cette dernière chronique de la saison, je vous refile des définitions «plus pointues», extraites de la documentation des Championnats canadiens sur route de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Contre-la-montre
Le contre-la-montre commence adjacent aux Sun Rivers sur la Route de Shuswap. Les cavaliers courent par-dessus une distance fixe contre l'horloge. Les cavaliers commencent individuellement à 1-les intervalles minutieux. Le cavalier avec le temps le plus rapide gagne. Les distances courues varient de 7,5 km à 40 km, selon la catégorie.

Course sur route
Le cours du centre ville de Course de Route présentera les meilleurs athlètes de cyclisme du Canada. Les femmes d'Élite courront pour 120 km sur le cours dans le matin. Les hommes d'Élite courront sur le cours pour 180 km de l'après-midi. Encourager sur les Olympians qui partira pour les jeux olympiques d'Athènes après cette course.

Le critérium
Un critérium est une forme raccourcie de course de route. C'est un événement de massif-début de beaucoup de genoux par-dessus un fermé en ville cours. L'ultra-rapide coincer et sprintant dans cet événement fait l'excitant extrêmement pour les participants aussi bien que les spectateurs. Le secteur de Début/Fin est monté devant le Kamloops Daily News.

Sic, sic et re-sic. Oui, c'est la retranscription exacte. Voilà, vous avez maintenant tout compris au cyclisme et... au bilinguisme canadien! Bon hiver.


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