5 août 2000
Trois camions de 53 pieds et une flotte de camionnettes transportent 1200 tentes,
40 tonnes de bagages personnels et 20 tonnes d'équipement entre les étapes.
André Noël
Quelque 1850 cyclistes, dont un homme de 76 ans et quatre jeunes de 13 ans, enfourchent leur vélo ce matin, à l'ouest de Hull, pour entreprendre un périple de 650 kilomètres qui les mènera pendant huit jours dans l'Outaouais, les Laurentides et la Montérégie.
Il s'agit désormais d'une tradition bien québécoise, comme on en voit peu à l'étranger. Depuis sept ans, presque 2000 personnes (en comptant les organisateurs et les bénévoles) se déplacent à coups de pédales et s'installent chaque soir dans un village ou une ville différente.
Le Grand Tour du Québec est préparé par les mêmes artisans que le Tour de l'Île de Montréal. Au plan de l'organisation, c'est un... tour de force. Chaque matin, les cyclistes lancent leur monture sur les routes. Mais il faut transporter leurs tentes et leurs bagages, les nourrir et les amuser.
Ce qui réclame de formidables dispositifs et une coordination hors pair. Trois camions de 53 pieds et une flotte de camionnettes transportent 1200 tentes, 40 tonnes de bagages pesonnels et 20 tonnes d'équipement d'un point à l'autre. Le soir, un véritable campement est dressé dans des parcs municipaux ou dans des terrains de jeux (ce soir près de l'école secondaire Mont-Bleu à Hull).
Des clubs Med itinérants, dotés de 160 toilettes portatives, de 100 poubelles pliantes, de centaines de tables et de buvettes, sont montés et démontés soir et matin. Les cuisiniers prépareront 42 000 repas au cours de la semaine. Les cyclistes sont pris en charge par des brigardes de mécaniciens, de secouristes, de massothérapeutes.
En fin de journée, ils peuvent se désaltérer au zinc d'un bistro ambulant. Ce soir, ils danseront aux son raggae de Bingie Barker and the Raggamuffin Band. Il y a aussi du cinéma, des joutes sportives, etc.
Pour les cyclistes, c'est l'occasion de découvrir le Québec. Ce le sera aussi pour les lecteurs de La Presse, puisqu'un journaliste et un collaborateur de Vélo-Mag se taperont, toutes les côtes pour couvrir cet événement estival sans rien rater. Les maires des 62 villages traversés et les associations touristiques locales profitent d'ailleurs du Grand Tour pour faire connaître leurs attractions.
Cette année, les cyclistes débutent leur virée à Quyon, dans le Pontiac, une belle région méconnue qui doit son nom à un chef algonquin (1720-1769) qui a consacré une grande partie de sa vie à la reconquête de son territoire tombé aux mains des Anglais.
Ils passeront par Eardley, Luskville (avec un détour pour voir de jolies chutes) et Aylmer. Demain, probablement sous la pluie, ils rouleront 133 kilomètres pour rejoindre Maniwaki, ce qui les amènera à traverser de très beaux villages (dont ceux de Chelsea et Wakefield) et à longer le lac Blue Sea.
Les étapes suivantes se partagent entre les Laurentides et la Montérégie : Mont-Laurier, Saint-Jovite, Lachute, Valleyfield, Saint-Lambert. Les intrépides voyageurs auront droit à une seule journée de repos (à Saint-Jovite).
On compte 65% d'hommes et 35% de femmes. La moyenne d'âge : autour de 45 ans. La majorité (plus de 60%) viennent du grand Montréal. Bon an mal an, le Grand Tour attire aussi quelques étrangers. Des relations s'y nouent, qui se concluent parfois par des mariages. D'amusants imbroglios s'y produisent. Tous les détails au cours de nos prochaines éditions !
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Avec la collaboration d'André Poirier, Vélo-Mag.
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