31 juillet 2008

Le marathon de Nick Aitken

Pierre Hamel

Val-d'Or - On a assisté aujourd'hui à une bonne leçon de cyclisme 101. Certains coureurs l'ont passée avec grande distinction, d'autres l'ont carrément ratée. On pense, entre autres, à certains favoris comme le Québécois David Boily et le Français Arnaud Jouffroy qui ont loupé l'échappée royale. Par contre, le Québécois Simon Lambert-Lemay et son coéquipier Nathan Brown (Hot Tubes) sont les grands bénéficiaires de cette première étape. Et que dire de l'Australien Nick Aitken qui a fait flèche de tout bois (c'est Lady Marianne qui aurait été fière !).

L'Australien a fait de véritables bonds de kangourou tout au long de la journée. Quand il est parti au train, après le premier sprint de montagne (23e km), on s'est regardé et on s'est dit qu'il voulait sans doute conserver sa réputation de baroudeur. Après le premier sprint avec bonifications (48e km) remporté par le Français Arnaud Jouffroy, où il a récolté la troisième place, on a compris qu'il était prêt pour un marathon.

Treize kilomètres plus loin, Jouffroy est venu coiffer tout le monde au sprint intermédiaire. Avec six secondes de bonifs dans les poches, on s'est dit (oui, je sais on s'en conte des histoires dans la voiture de presse) que le vainqueur du Tour de l'Abitibi était parti pour la gloire. Grossière erreur. Un p'tit groupe de 8 coureurs en a alors profité pour contre-attaquer. Le Québécois Pierrick Naud était du nombre. On retrouvait aussi deux Américains, Nathan Brown (Hot Tubes) l'un des favoris de cette Coupe de nations et Larry Warbasse (Équipe nationale), le Canadien Dustin Andrews, le Français Florent Brochard, l'Australien Daniel McIntyre. Leur avance a grimpé rapidement. Au 78e kilomètre, il avait réussi à creuser un écart de 53 secondes.

Ni David Boily, leader de la deuxième formation canadienne, ni le Français Arnaud Jouffroy étaient dans cette échappée. Premier faux-pas des deux favoris. Au 80e kilomètre, le peloton a réagi et s'est approché à moins de trente secondes de l'échappée. L'harmonie ne régnait plus au sein de celle-ci. Puis, en un rien de temps, la course a été relancée. Un petit groupe de six coureurs a rejoint l'échappée de tête. On y retrouvait, entres autres, deux coureurs de l'équipe du Kasakhstan, deux autres de l'Ukraine, Simon-Lambert Lemay (Hot Tubes) et bien sûr l'Australien Nick Aitken.

Toujours pas de trace de David Boily et du Français Jouffroy. « On n'était pas réveillé, a reconnu Boily. On était juste deux de notre équipe à l'avant du peloton. » Jouffroy avouait aussi avoir pêché par excès de confiance. « On s'est dit qu'on allait les reprendre sans problème mais ce n'est pas arrivé. On aurait dû être de la contre-attaque d'autant plus qu'on savait que notre coéquipier Brochard n'est pas un sprinter. »

C'est sous une pluie intermittente qui balayait la route, que ce groupe de 12 coureurs a pris les choses en main. « J'ai roulé à fond, a expliqué après la course Lambert-Lemay. Je voulais creuser un écart le plus grand possible entre notre échappée et le peloton parce que mon coéquipier Nathan (Brown) est notre leader pour le classement général de cette Coupe. » Et l'opération a été couronnée de succès puisque cette échappée a finalement repoussé le peloton principal à plus d'une minute. Nick Aitken a facilement remporté le sprint devant le Kasakh Abdulmanov et Pierrick Naud. L'Australien aura donc été devant pendant une bonne partie de la course. Il mérite bien notre cocktail du jour : jus de poire et chocolat noir (une autre rime).

Au classement général, Aitken, Lambert-Lemay, Brown (spécialiste du contre-la-montre individuel comme en témoigne sa 12e place aux récents Championnats mondiaux) et compagnie possèdent une avance d'une minute sur le Français Arnaud Jouffroy et de 1m09s sur une bonne partie du peloton - David Boily est à 1m08s.

La deuxième étape, un circuit urbain de 7,9 km au tour sera disputée à Val-d'Or. Elle risque de faire mal d'autant plus que certains coureurs, qui ont disputé le Tour de l'Abitibi plus tôt cette semaine, commencent à tirer de la langue.

Les citations du jour
« J'étais pas mal fatigué. Il m'en restait juste un peu pour disputer le sprint de la troisième place. »
Pierrick Naud, Équipe du Québec

« C'est vraiment une très bonne opération pour nous. »
Simon Lambert-Lemay, Hot Tubes

« Est-ce qu'ils arrêtent le coureur sur le bord de la route pour lui donner son maillot brun ? »
Marc-André Landry, journaliste à L'Écho Abitibien, à propos du fait qu'il n'y avait pas de porteur du maillot brun au départ de l'étape et qu'on avait un leader virtuel après le premier sprint intermédiaire

« Non, je ne suis pas parent avec Éric Boily »
David Boily, à au moins 109 reprises depuis le début de la semaine.

Roue Libre
o La couleur des maillots fait jaser depuis le début de la semaine. Le brun (emblème du meneur au classement général) est tell'ment, tell'ment pâle qu'on a de la difficulté à l'identifier au sein du peloton. Quant au maillot orange (meneur au classement aux points), il est plus près de la confiture aux abricots - on parle évidemment de la couleur pas de la texture - que de l'orange.

o Le départ de l'étape d'aujourd'hui était donné à Rouyn-Noranda en face du pavillon de l'Université du Québec Abitibi-Témiscamingue. La foule était plutôt bigarrée. Il y avait 268 personnes. Et ça comprend les 68 coureurs de cette Coupe des nations, les 12 officiels, les gens de l'organisation, les policiers de la Sûreté du Québec, les bénévoles, les gens de la presse, deux chiens et trois goélands à bec cerclé !

o Marc Lemay, député du Bloc québécois d'Abitibi-Témiscamingue, se pavoisait aujourd'hui sur la ligne de départ. Normal, ça lui arrive souvent dans son coin de pays. Mais, en voyant les maillots de l'équipe canadienne, on a compris pourquoi. Comme la formation nationale a deux équipes, l'une d'entre elles porte le maillot rouge traditionnel avec la feuille d'érable pendant que l'autre a le même maillot mais bleu. Lemay était fier de celui-là. Mais ce n'est pas le plus cocasse. Imaginez-vous que l'un des commanditaires des deux équipes nationales (!) c'est HR BLOCK. Le député Lemay était en transe.


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