28 juillet 2008

Un podium français !

Pierre Hamel

Val-d'Or - « Si on ne gagne pas en Abitibi, on va être dég... » s'est exclamé Arnaud Demare tout de suite après la razzia française. « Dég... », vous voulez dire quoi au juste a-t-on demandé. « Dégouté » a répondu Hervé Boussard, le Directeur sportif de l'équipe. Ils ont ri en choeur avant de continuer à se raconter entre eux comment ils avaient mystifié les autres coureurs.

Faut dire qu'ils avaient raison de fêter et de se congratuler un peu beaucoup les jeunes. Car, aujourd'hui (Saint-Mathieu-Val-d'Or) mis à part les trois secondes de bonification qu'avait récolté le maillot brun Arnaud Demare à un sprint intermédiaire, on n'a presque pas vu le maillot tricolore avant d'entrer dans le circuit final. Mais là, à une dizaine de kilomètres de la fin, ils ont joué leur va-tout. Boris Zimine est sorti, quelques coureurs ont pris sa roue puis son coéquipier Arnaud Jouffroy est venu le rejoindre. Et comme leur président chéri et sa Bruni, ils ont vite choisi leur stratégie (tout ça rime avec Sarkozy). Trop forts pour les autres, nos deux Français ont filé à l'Anglaise! Ils ont creusé un écart de 30 secondes qu'ils ont maintenu pendant deux des trois tours du circuit final.

Un coup fumant pas prémédité du tout selon le Directeur sportif. « Tout ce qu'on voulait, c'était d'aller chercher des secondes de bonification lors du sprint final mais là on peut difficilement demander mieux. » N'empêche, les deux jeunes ont très bien compris ce qui était en train de se passer. Pendant que le duo volait vers la victoire finale, le maillot brun, bien à l'abri dans le peloton, a suivi la roue de Lambert-Lemay. Et, au sprint final, il est venu coiffer le peloton lequel était pointé à 14 secondes du vainqueur Boris Zimine. Résultat : un podium complètement français et une enfilade de maillots (brun, orange et bleu).

La journée a été marquée par de nombreuses chutes, au moins un grave accident - un coureur est entrée directement dans une voiture de dépannage et a fracassé le pare-brise arrière - et d'innombrables crevaisons. Un véritable festival (plus d'une trentaine). À signaler aussi une longue échappée d'une vingtaine de kilomètres entre le 45e et le 65e kilomètre. Le quatuor formé du Japonais Kasahara, de l'Australien Grenda, du Québécois Ludovic Fleury et de l'Américain Barker s'est bâti une petite avance de 1m30s avant d'être avalé par le peloton.

La troisième étape, le célèbre contre-la-montre-individuel disputé à la Cité de l'Or avec un départ sous-terre, risque donc d'être le point tournant de ce Tour. Simon Lambert-Lemay, maintenant 4e à 19 secondes du nouveau maillot brun Boris Zimine en est convaincu. « Il n'y a pas de doute, c'est l'étape la plus importante. Il va falloir avoir des bonnes jambes. » Or, on sait déjà que les Français Zimine et Demare en ont de bonnes mais qu'en est-il de leurs vélos ??? Surprise, ils n'ont pas de vélos de contre-la-montre puisqu'ils ont jugé que le coût exigé pour le transport de ces vélos était trop dispendieux. Décision discutable.

Les citations du jour
« Tout juste avant l'entrée à Sullivan, il y a eu une très grosse chute. Les vélos se sont empilés à la hauteur du toit de notre voiture. Je n'avais jamais vu ça. »
Louise Lalonde, Commissaire en chef

« On était venu ici pour gagner des étapes mais là, on va y aller pour la victoire finale. »
Arnaud Jouffroy, maintenant 3e au classement général à 6 secondes de son coéquipier Zimine

Roue Libre
o On a eu droit à tout un spectacle de la part de la commissaire Geneviève Marcotte qui est toujours bien placé à l'avant du peloton. À un moment donné elle a bondi de son siège (c'est une voiture décapotable) et s'est mise à gesticuler en direction du peloton. Le manège a duré une bonne minute. On a cru un instant qu'elle dansait sur l'air de YMCA. On a finalement compris qu'elle indiquait au peloton de se ranger vers la droite pour accéder à un pont à une seule voie.

o C'est au pittoresque village de Saint-Mathieu qu'a eu lieu le départ de cette 2e étape. Avant le début de la course, au sous-sol de la petite église, plusieurs coureurs en ont profité pour se faire masser. Ça sentait le camphre à plein nez. On aurait bien aimé être là quand le curé et le bedeau ont humé le nouveau parfum de leurs lampions.

o Cette 40e édition du Tour de l'Abitibi est la plus courte (373 km) de toute son histoire. Pourquoi dites-vous ? Parce que ce Tour est suivi d'une épreuve de la Coupe des nations à partir de jeudi, que les organisateurs avaient besoin de souffler un peu et que la semaine de huit jours n'existe toujours pas même en Abitibi. On a, entre autre, supprimé la très belle épreuve du contre-la-montre par équipe.


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