20 juillet 2007

La course des deux Guillaume

Pierre Hamel

Val-d’Or – Le très beau circuit urbain concocté par les organisateurs du Tour de l’Abitibi n’a pas donné lieu à de grosses empoignades. Il a fallu attendre les deux derniers tours – la course en comptait 10 (78 km) – pour voir un peu d’action. Finalement, après une belle attaque de Guillaume Blais-Dufour qui a fait réagir les prétendants à la victoire finale, les hostilités ont été déclenchées. Et l’autre Guillaume en a profité pour se faufiler jusqu’à la ligne d’arrivée.

Au premier tour, le commissaire en chef a neutralisé la course pendant un bon moment à cause de deux grosses chutes à l’arrière. Il a jugé qu’il y avait trop de coureurs pris dans la caravane. Par la suite, on a eu de petites échappées sans importance qui avaient surtout pour objectif de préparer les sprints de bonification. Le peloton s’étirait dans la longue montée du Chemin des Gravières, se regroupait dans la descente qui suivait et s’étirait de nouveau dans la petite bosse Des Pins à l’approche du Belvédère.

À trois tours de la fin, Guillaume Blais-Dufour est sorti du peloton et a creusé un léger écart. Il s’est retourné à quelques reprises pour voir qui allait le suivre. « J’espérais avoir un peu de compagnie mais quand j’ai vu que personne ne sortait du peloton, je n’ai pas trop insisté », a expliqué celui qui avait remporté la victoire l’an dernier sur le Belvédère et qui nous avait dit hier qu’il répéterait son exploit.

Après quelques escarmouches, Blais-Dufour a encore été au centre d’une attaque à un tour de la fin. Une dizaine de coureurs ont filé avant d’être rejoints quelques kilomètres plus loin. « À ce moment-là, j’ai voulu contre-attaquer, a expliqué Guillaume Boivin après la course. Mais j’avais Phinney et David dans le cul. Je me suis dit que j’attendrais au final. »

Tout s’est donc joué dans la dernière montée vers le Belvédère. Blais-Dufour a encore essayé mais il avait dépensé beaucoup d’énergie au cours de la journée. Par contre, Boivin n’a pas raté son coup. « Quand je suis parti, j’avais l’Américain Summerhill à ma droite et Taylor Phinney m’a suivi. J’ai coupé tout le monde par l’intérieur parce que je savais qu’il fallait que j’aborde l’ultime montée en tête. » Il a croisé la ligne tout fin seul. Summerhill et Phinney ont suivi, pendant que Blais-Dufour terminait cinquième.

Au classement général, Tom David n’a plus qu’une seule seconde d’avance sur l’Américain Taylor Phinney qui a profité de plusieurs secondes de bonification aujourd’hui. Blais-Dufour suit à 16 secondes. Quant à Guillaume Boivin et Benjamin King, le coéquipier de Phinney, il sont tous les deux à 29 secondes de David. « C’est parfait, a conclu Blais-Dufour, on a trois coureurs de notre équipe à moins d’une minute du leader. »

La prochaine étape, notre préférée depuis plusieurs années, relie le très bucolique village de Preissac à Val-d’Or. Une balade musclée de 94 kilomètres.

Les citations du jour
« Il commence à être fatigué. Il y en trois qui ne sont pas trop costauds dans son équipe. Quand ça va flinguer de partout, il va trouver ça dur. »
Guillaume Boivin en parlant de l’extra-terrestre David

« Regarde si c’est beau, regarde si c’est beau... »
Votre chroniqueur préféré a cru que Léandre Drolet du Journal de Montréal parlait de la beauté du peloton. Malheureusement, son regard pointait vers le terrain de golf que les coureurs longeaient sur la 7e rue.

Roue Libre
• La rumeur courait et s’intensifiait. Tom David ne court pas sur un vélo réglementaire entendait-on de la part de certains coureurs. Le tout s’est réglé aujourd’hui. Le responsable de la vérification des braquets, le commissaire Pierre Gagné, lui a demandé de changer ses roues non conformes (pour les connaisseurs, une espèce de roue Zipp avec des jantes trop hautes). Quant aux braquets mis aussi en cause par la même rumeur, on a nous-même vérifié. Il a bien une 13 à l’arrière mais elle est limée. Il ne peut donc s’en servir. Rappelons que chez les juniors le braquet est limité à 52 X 14.

• En joggant ce matin dans les rues de Val-d’Or, votre chroniqueur préféré a découvert une charmante petite église russe orthodoxe. Encerclée par trois rues, cette belle petite bâtisse en bois a piqué notre curiosité. Après une courte enquête de notre cru, on a appris que cette église avait été construite pour rendre hommage au plat culinaire national des Abitibiens : la poutine (la pognez-vous ?)

• Une petite épidémie de diarrhée a frappé la caravane et le peloton du Tour de l’Abitibi. Une cinquantaine de personnes ont été touchées. Les responsables du service médical ont distribué plus de 200 comprimés d’Imodium. Pas besoin de vous dire que la voiture de presse a suivi la course à l’avant du peloton.

• L’Imodium n’a pas eu le même effet sur tous les coureurs. Au milieu de la course, on en a vu certains sortir du bois à côté de leur vélo. On suppose que ça ne faisait pas partie de leur stratégie de course ! Quant à Stéphane Cossette, l’ex-porteur du maillot brun, il a été malade et a terminé loin derrière.

• Si vous lisez ces chroniques, vous connaissez sûrement le concours de pronostics Tour de France du magazine Vélo Mag sur Canal Évasion. À tous les jours, vous pouvez gagner des prix en identifiant le vainqueur de l’étape. Par contre, vendredi à minuit, c’était la date limite pour identifier votre podium et les 4 gagnants de maillot au classement général final. On peut donc maintenant vous dévoiler notre podium du Tour : 1) Andreas Klöden 2) Levi Leipheimer 3) Cadel Evans. À noter que votre chroniqueur préféré avait choisi ce podium avant le début du Tour de France.


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