21 juillet 2006

Un Québécois au sommet du Belvédère

Pierre Hamel

Victoire impressionnante du jeune Québécois Guillaume Blais-Dufour à Val-d’Or. Et c’est le calme après la tempête au sein de la formation canadienne.

Val-d’Or – Qui a dit qu’il n’y avait pas de côte en Abitibi ? Les organisateurs du Tour de l’Abitibi en avaient une dans leur cour à Val-d’Or et ça leur a pris presque 20 ans pour la trouver. Mais l’attente en valait la peine. L’arrivée de la 6e étape, jugée en haut du Parc du belvédère, a été très spectaculaire. Plusieurs centaines de spectateurs, un soleil qui réchauffe la couenne de tout ce beau monde et le jeune Blais-Dufour qui surprend ses compagnons d’échappée et file, seul, vers la ligne d’arrivée.

Pourtant, la journée n’avait pas très bien commencé. Neutralisation de la course dès le début à Amos, une méga-chute au beau milieu du peloton au 17e kilomètre (incluant notamment Eric Smith, 2e au classement général) et une autre au 45e km qui a jeté dans le fossé le maillot orange, le Québécois David Nadeau. Mis à part les trois secondes de bonification grappillées par le maillot brun, Mark Hinnen, au premier sprint intermédiaire, il ne s’est rien passé de très spécial avant le 82e km (107 km au total). En fait, seule une échappée composée de cinq coureurs (l’Abitibien Christian Deshaies a finalement lâché prise au bout d’une vingtaine de kilomètres) a égayé ce long passage. Et comme le plus sérieux aspirant au classement général, le Belge Sander Verhaeghe, était à 1m56s de Mark Hinnen, on a compris que le peloton avait donné son bon de sortie au quatuor. Bref, leur avance n’a jamais dépassé 45 secondes.

C’est à l’approche du dernier sprint intermédiaire (83e km) que les choses ont commencé à se corser. Deux coureurs de la formation japonaise sont venus grossir les rangs de l’échappée de la journée. Ç’a donné des ailes à l’autre Belge (Chamon), au Suédois Magnusson et au Français Matheou. Par la suite, d’autres coureurs ont faussé compagnie au peloton si bien qu’au 92e km, la situation de la course avait considérablement évolué. Le groupe du Belge Sander Verhaeghe, qui avait réussi à semer le doute en augmentant leur avance à plus d’une minute sur le peloton principal, était maintenant pris en chasse par quatre coureurs suivis de deux autres, les Québécois Guillaume Boivin de l’équipe nationale et Guillaume Blais-Dufour (Volkswagen Trek).

« J’ai voulu protéger mon maillot bleu (meilleur jeune) et je trouvais que le Belge menaçait le maillot brun de mon coéquipier Hinnen », a expliqué, après la course Boivin. Finalement, tout ce beau monde a rejoint le groupe de tête sur la rue des Pins à un kilomètre de la fin. « Je m’étais un peu économisé en revenant sur le groupe de tête, a raconté Blais-Dufour. Tout le monde se regardait et comme on avait repéré la montée finale de la course ce matin, je savais exactement où démarrer. » Pour le reste ç’a été un jeu d’ado...

Quand nous avons rencontré le jeune Boivin pour recueillir ses impressions, il nous a tout de suite expliqué sa stratégie. En terminant notre conversation, il a eu cette réplique absolument suave : « J’espère que je ne prends pas le maillot brun. » Un vent de panique a balayé son visage. Il ne voulait surtout pas se retrouver au centre d’une nouvelle controverse. La nuit avait été longue pour tous les membres de la formation canadienne.

Au classement général, Hinnen devance son coéquipier Goodfellow par 16 secondes et Guillaume Boivin par 30 secondes. Eric Smith, l’autre membre du quatuor de tête, a dégringolé au classement général. Il est maintenant à plus de 14 minutes du leader. Il a été impliqué dans la première grosse chute, a subi une crevaison et a souffert une bonne partie de la journée.

Prochaine étape, notre préférée celle entre Preissac et Val-d’Or. Une balade de 94 km.

Roue Libre
• La Cathédrale Sainte-Thérèse d’Avila a reçu la visite du Tour ce matin. Sur la tribune de départ, tout juste à côté du célèbre dôme, les hauts-parleurs crachaient la musique de Bryan Adams. Pas sûr que la centaine de fidèles qui priaient à l’intérieur de la divine enceinte ont apprécié. Quant à nous, on a bien aimer réciter notre « Notre Père » au son du rocker canadien.

• Premier faux-pas de l’organisation du Tour. On a dû neutraliser le critérium (trois tours) qui servait d’apéritif à la course sur route. On avait bouché de nombreux trous avec de l’asphalte froide tout juste avant la course. Ça collait aux pneus et aux boyaux. De plus, il y avait encore des réparations sur d’autres portions du circuit.

• C’est un dépotoir qui est à l’origine du Parc du Belvédère. On a décidé de le remplir puis de l’aménager en vue d’en faire une place publique. En 1987, on y a présenté les cérémonies d’ouverture et de fermeture de la Finale provinciale des Jeux du Québec. Depuis, on y a érigé une grande tour en bois et on y tient certains événements comme l’Hiver en fête. On ne comprend toujours pas comment on a pu ignorer un si bel endroit pour la tenue d’une étape du Tour de l’Abitibi. Une arrivée classique comme on les aime.


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