18 juillet 2006

David Nadeau, haut la main

Pierre Hamel

Le Québécois David Nadeau règle au sprint ses compagnons d’échappée. Il enfile le maillot brun et devance le Belge Sander Verhaeghe d’une petite seconde.

Val-d’Or – Comme c’est souvent le cas lors de la première étape du Tour de l’Abitibi, la course a démarré sur les chapeaux de roue. Mais, contrairement aux années antérieures, elle a débuté par un critérium de trois tours dans les rues de Rouyn-Noranda pour se terminer, comme une vraie course en ligne, en face des bureaux de Stavibel à Val-d’Or. Grâce à cette nouveauté, on a donc eu droit à une échappée qui s’est rendue jusqu’au bout.

Après 13 km de course, le Tour comptait déjà un coureur de moins. Victime d’une chute, l’Américain Marcus de la Fuente a quitté le peloton avec un bras en écharpe. Au 40e km, au pont de la Rivière Bousquet, un quatuor a pris la poudre d’escampette. Mené par l’Abitibien Christian Deshaies, ils ont réussi à se bâtir une petite avance de 25 secondes. Dix kilomètres plus loin, l’échappée ne comptait plus de deux coureurs : le Japonais Sho Hatsuyama et le Suédois Andreas Linden. Malgré les longs relais du Suédois qui essayait ensuite, tant bien que mal, de se protéger du vent derrière le petit Japonais, leur avance a plafonné à 25 secondes jusqu’à l’amorce du sprint de Rivière-Héva (67e km). Ils ont alors été avaler par le peloton qui reluquait les précieuses secondes de bonification de ce sprint intermédiaire.

Une chute, impliquant le Québécois Stéphane Cossette, a secoué le peloton mais cela n’a pas empêché les Belges de rafler les trois premières places de ce sprint. Sander Verhaeghe (Lotto Davitamon VC Ardennes) en a profité pour prolonger son effort. Il a été suivi du Québécois David Nadeau qui a bientôt été rejoint par un autre pure laine, William Goodfellow (Équipe nationale). Un coureur de la Colombie (Lopez), un autre de l’Ontario (Morris), deux Américains (Enmon et Bates) et un Japonais (Uchima) ont finalement joint les rangs de cette échappée victorieuse. À une dizaine de kilomètres de la fin, ils avaient toujours une cinquantaine de secondes d’avance sur un peloton mené par les Français de l’équipe France-Pôle Espoirs.

Et, pour la deuxième fois de la journée, William Goodfellow a crevé. Le temps de changer sa roue et le pôvre jeune homme voyait les chances d’une victoire s’envoler en fumée. À quelques kilomètres de l’arrivée, le peloton a réduit l’écart à une vingtaine de secondes mais ce fut trop peu trop tard. À 300 mètres de la ligne d’arrivée, Nadeau s’est préparé « Quand j’ai finalement aperçu le drapeau à damiers, j’ai donné tout ce que j’avais. Pas question de regarder en arrière », a raconté, après la course le nouveau leader de ce Tour de l’Abitibi. Il a ensuite avoué candidement qu’il ne se sentait pas très bien avant le départ de la course.

Ce soir, c’est la seconde étape de la journée, un contre-la-montre par équipe disputé au centre-ville de Val-d’Or. Une autre nouveauté concoctée par des organisateurs qui ont décidément la bougeotte et de l’audace. On aime beaucoup.

Les citations du jour
« J’ai manqué d’eau à un moment donné. Heureusement, la voiture de dépannage nous a fourni des bouteilles d’eau. Je ne pensais qu’on avait le droit de faire ça. »
David Nadeau, vainqueur de l’étape

« On a une bonne petite équipe. Dans le contre-la-montre de ce soir, j’espère que notre formation va monter sur le podium. Par contre, le parcours est un plus technique et les jeunes n’ont pas couru souvent ensemble cette année. Ça me fait un peu peur. »
Alain Roy, directeur sportif de l’équipe du Québec

« Yé grand en ciboire le Suédois »
Bruno Boulianne en apercevant le coureur en échappée. Natif de Rouyn, cet ex-participant à la Course Destination Monde et collaborateur à Géo Plein Air, a un projet de film sur le Tour de l’Abitibi. Il suit le Tour dans la voiture de presse.

Roue Libre
• Il s’est passé de drôles de choses à l’intérieur de l’église de la Paroisse Saint-Joseph ce matin avant le départ de Rouyn-Noranda. C’était presque surréel : au fond de l’église, on apercevait les saintes images, l’autel dans son plus simple appareil, puis les bancs vides et le présentoir d’eau bénite et, enfin, une file de coureurs qui attendaient dans le lobby pour aller faire un petit pipi avant de s’élancer vers Val-d’Or.

• Nous avons aussi assisté à la vérification des braquets. Toujours une bonne occasion de jaser avec les coureurs et les directeurs sportifs. On était justement en pleine conversation avec Josée Robitaille, la directrice de l’équipe Volkswagen/Trek, quand son jeune poulain du Lac, Stéphane Cossette, est venu lui demander où étaient les sprints de bonification sur le parcours. Elle ne le savait pas mais votre chroniqueur préféré, lui, avait lu son guide de course. Cossette était au courant qu’il y avait quelques primes de 100 $ mais on lui a aussi rappelé qu’il y avait un sprint de bonifications en temps (3, 2 et 1 secondes). Au 67e km, à l’entrée de Rivière-Héva où se disputait ce dernier sprint, le peloton a été secoué par une petite vague. On a aperçu, au loin, quelques coureurs projetés au sol pendant que quelques-uns roulaient littéralement sur eux. Le plus amoché ? Stéphane Cossette. Quand nous l’avons croisé à la cafétéria, il nous a dit en riant : « J’aurais dû sprinter pour le 100 $ . » Josée Robitaille, toujours aussi magnanime, a renchéri : « Ç’a ma coûté 46 $ de Second skin et de Polysporin. » Son classement ? Il a terminé à plus de 16 minutes du Québécois David Nadeau.

• La première échappée digne de ce nom comprenait quatre coureurs : un Abitibien (Christian Deshaies) un Suédois et deux Japonais. Voici en exclusivité un extrait d’une de leurs conversations : « Penses-tu qu’on va avoir des sushis pour souper ce soir ? » a demandé l’un des Japonais à l’Abitibien. Deshaies n’a pas saisi toutes les subtilités de la langue nipponne et leur a répondu : « Pas de problème, je vais vous amener à la Poutine à Moras ! » Le Suédois, prompt à la fête, a sorti sa clé IKEA, prêt à déboucher une bouteille de Saké. Ah la mondialisation !


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