2 juin 2005

Wood touche du bois !

Pierre Hamel

L’Australienne Oenone Wood enfile la tunique jaune alors que Geneviève Jeanson glisse en 5e position.

Terrebonne – On s’attendait à une bataille féroce de la part des meneuses au classement général lors des deux sprints de bonifications qui pimentent cette étape. On a plutôt eu droit à un coup fumant orchestré par la Suissesse Annette Beutler accompagnée de l’Australienne Oenone Wood, la Danoise Dorte Rasmussen et la Canadienne Erinne Willock.

Au départ de cette troisième étape, il y avait un écart de 23 secondes entre la meneuse, Geneviève Jeanson et la 10e (Susan Palmer) au classement général. Autant dire presque rien. Et comme c’est toujours le cas lors du déroulement de cette étape, c’est dans la montée du Chemin du Côteau que les meilleures se pointent le bout du nez. Au premier tour (la course en comptait 8 pour un total de 80 km), Annette Beutler a légèrement distancé ses principales rivales et prolongé son effort. « J’ai tout de suite vu qu’elle avait de bonnes jambes, a expliqué après la course Jeanson. Ce n’était pas mon cas. »

Au deuxième tour même scénario. « J’aime ça quand les courses bougent… Je voulais provoquer quelque chose », a reconnu Beutler. Au troisième tour, encore Beutler. Décidément, la Suissesse a la bougeotte. Mais, cette fois-ci, lorsqu’elle se retourne, elle s’aperçoit que Oenone Wood, Erinne Willock et Dorte Rasmussen l’accompagnent. Il y a déjà un écart d’une vingtaine de secondes. « J’ai suivi Annette (Beutler) et je n’ai pas réalisé qu’on était en train de creuser un écart, a expliqué Willock. À un certain moment, j’ai pensé que ma coéquipière Christine Thorburn (à 7 secondes de Jeanson avant le départ) viendrait nous rejoindre. Mais plus le temps passait et plus l’écart grandissait… » Geneviève Pancake (c’est le surnom qu’elle s’est attribuée après la course) a raté le bon wagon. « J’ai vu l’échappée se former mais je n’ai pas été capable de m’y glisser. »

Le quatuor de tête a très vite compris que le Tour du Grand Montréal était en train de se jouer. Avec une représentante chacune, et non les moindres, des meilleures équipe de ce Tour, l’échappée a accentué son avance malgré le travail de Jeanson qui tirait le peloton. La reine du mont Royal était bien seule devant un peloton qui n’avait rien à gagner à lui donner un p’tit coup de main. À la mi-course, l’échappée comptait 1m02s d’avance sur le peloton. Une quinzaine de kilomètres plus loin, l’écart avait grimpé à 2m43s. Wood, Beutler, Rasmussen et Willock s’entendant comme larrons en foire.

À une dizaine de kilomètres de la fin, alors que le peloton avait lâché prise depuis un bon moment, l’avance de l’échappée s’est stabilisée (!) à 3m30s. Les quatre filles ont commencé à penser au sprint final. Beutler, qui avait séjourné une semaine dans le coin (en fait chez l’organisateur Daniel Manibal), avait déjà son idée en tête. Oenone Wood, sans conteste la plus rapide au sprint, était confiante tandis que Willock et Rasmussen pensaient peut-être encore à se détacher.

À 500 mètres de la fin, Beutler s’est placée. « Je connais bien le dernier kilomètre de cette étape. Je sais qu’il faut être en tête dans le dernier virage. » La Suissesse a été parfaite. À 300 mètres, elle a pris la pôle position pour ne plus la relâcher. « Elle est très bonne tactiquement, a reconnu Wood. J’ai vite compris que j’avais perdu l’étape dans le dernier virage. » Rasmussen a finalement terminé troisième devant Erinne Willock. Le peloton principal a franchi la ligne d’arrivée 3m44s plus tard.

Au classement général, Wood devance Beutler par 10 secondes. Rasmussen est à 18 secondes pendant que la vedette montante du cyclisme canadien, Erinne Willock, est à 23 secondes. En cinquième position, on retrouve Geneviève Jeanson à 3m48s de l’Australienne.

La dernière étape est un circuit routier de 114 kilomètres autour du Centre de la Nature du Mont Saint-Hilaire. On serait très surpris si la victoire finale échappait à l’Australienne Oenone Wood. Non seulement a-t-elle la meilleure équipe de ce Tour mais en plus, elle pète le feu depuis son arrivée à Montréal.

Les citations du jour
« Je ne regrette rien de ce que j’ai fait hier même si j’ai eu l’air un peu fou aujourd’hui. »
Geneviève Jeanson, à propos de sa folle chevauchée à Rigaud

« On dépense beaucoup d’argent pour venir à cette course. On fait tout pour gagner mais là on perturbe la course parce que les indications concernant les sprints de bonifications ne sont pas claires. Les secondes qu’on a perdues aujourd’hui vont peut-être nous coûter la victoire finale lors de la dernière étape. »
Petra Rossner, la directrice sportive de l’équipe allemande, à propos du fait qu’on a annoncé à Radio-Tour des sprints de bonifications à certains endroits alors que la bible de la course ne disait pas la même chose. La Madame n’était pas contente. Et dans ce temps-là, vaut mieux l’écouter !


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