28 mai 2005

Incroyable !

Pierre Hamel

Geneviève Jeanson remporte une troisième victoire consécutive sur le mont Royal.

Montréal – Après avoir commenté sa course au réseau anglais de Radio-Canada, la blondinette s’est tournée vers nous et nous a chuchoté à l’oreille, l’air incrédule : « Y m’ont pas attaquée. ». Incroyable.

Si on n’était pas si professionnel, on vous ferait un couper-coller du texte de l’an dernier et le tour serait joué. Encore une fois, Geneviève Jeanson a imposé son rythme et sa tactique. « Je n’ai pas arrêté de regarder derrière, de surveiller du coin de l’oeil J’avais toujours peur de voir une ombre s’approcher, a expliqué calmement la jeune femme de 23 ans. C’est vraiment très épuisant moralement. »

Au fil des tours – la course en compte douze – le scénario s’est répété invariablement. À l’approche de la montée Camillien-Houde, Jeanson se pointait à l’avant toute seule puisque ses coéquipières étaient déjà larguées et elle grimpait tranquillement, à son rythme. « On roulait parfois à 12 ou 13 km/h. C’était vraiment très lent. » Mais personne n’osait passer à attaque. L’équipe allemande, menée par la Championne du monde Judith Arndt et l’Australienne Oenone Wood, 2e au classement de la Coupe du monde avant cette épreuve, comptait sur quatre autres coureuses de calibre international. Qu’est-ce qu’elles attendaient pour tester la Jeanson ? Attaquer, contre-attaquer, relancer… (cyclisme 101). Incroyable.

Pourtant, Geneviève Jeanson s’était préparée à une course autrement plus difficile. « André (Aubut) m’avait prévenu ce matin avant le départ, a raconté après la course, la Lachinoise. « Tu vas voir, les filles vont t’attaquer dès les premiers tours. » Elle attend toujours… Incroyable.

Lyne Bessette, qui n’était pas de toute évidence dans un grand jour, a demandé à quelques reprises aux meilleures du peloton si elles n’avaient pas le goût d’attaquer. « On attend la fin », lui a-t-on rétorqué à quelques reprises. Incroyable.

Finalement, à l’avant-dernier tour, l’Américaine Amber Naben, récente gagnante du Tour de l’Aude, a tenté de faire bouger les choses. Un petite attaque, au bas de Camillien-Houde, qui a fait éclater le peloton – Bessette a été décrochée une première fois. Mais Jeanson est vite revenue sur Naben. Dites-moi alors, pourquoi Susanne Ljungskog, meneuse de la Coupe du monde, et Mirjan Melchers, l’une des meilleures au monde, coéquipières par surcroît de Amber Naben, n’ont pas contre-attaqué ? Incroyable.

Au dernier tour, l’Américaine Lynn Gaggioli (!) est partie en trombe sur Jean-Brillant. Elle a creusé un léger écart d’une dizaine de secondes. Dès le début de la dernière ascension de Camillien-Houde, elle a commencé a pioché. Elle a été avalée par le petit peloton de tête à la flamme rouge (1 km) et tout le monde s’est regardée. À 250 m de la fin, Erinne Willock, ex-coéquipière de Jeanson, a placé un démarrage. Qui l’a suivie ? Geneviève Jeanson. La reine de la montagne l’a facilement débordée pour ensuite filer vers sa quatrième victoire en cinq ans devant l’Australienne Oenone Wood et la Hollandaise Mirjam Melchers. Incroyable.

Les citations du jour
« Moi, contre Geneviève, dans ce genre de final, j’essaie même pas. »
Lyne Bessette

« Le jour où je serai assez forte, j’essaierai de quoi ! »
Audrey Lemieux, de l’équipe Quark

« On voulait gagner la course mais je suis bien contente d’enfiler le maillot de leader de la Coupe du monde. »
L’Australienne Oenone Wood

Roue Libre
Au pays de Jeanson

• Aujourd’hui, cette épreuve de la Coupe du monde n’a pas été à la hauteur de sa réputation. Le spectacle offert par quelques-unes des meilleures cyclistes au monde ne mérite pas beaucoup d’applaudissements. On est resté sur notre faim. Les organisateurs devront trouver une façon de dynamiser cette course. On pense qu’en rendant le parcours plus sélectif – ajout de la montée Polytechnique par exemple – on ferait un bon pas dans la bonne direction.

• Il s’en est fallu de peu pour que votre chroniqueur préféré ne puisse suivre la course dans la voiture de presse. Voyez-vous, à sept minutes du départ, on ne trouvait toujours pas la voiture en question. En fait, il devait y en avoir deux mais on avait oublié de les amener à la ligne… Six ou sept journalistes qui bougonnent, c’est pas toujours beau à voir ! Surtout que ce n’est pas la première fois qu’on vit une telle situation avec les organisateurs de ces épreuves de la Coupe du monde.


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