27 mars 2005

Bos frappe un os !

Pierre Hamel

Une soirée faste pour les Anglais et un dur retour à la réalité pour le Hollandais volant Theo Bos.

Los Angeles – La crème était anglaise ce soir au Vélodrome ADT Event Center. Deux des titres les plus convoités de ces Championnats mondiaux, la poursuite par équipe et la vitesse féminine, ont été remportés par des athlètes de la Grande-Bretagne.

En poursuite par équipe, le quatuor composé de Christopher Newton, Paul Manning, Steven Cummings et Robert Hayles (Ed Clancy lors des qualifications) a dominé de bout en bout ce tournoi. Ils ont réalisé le meilleur temps aux qualifications et en finale ils ont fait de même pour littéralement aplatir les Hollandais qui n’ont jamais été capables de suivre le rythme des soldats de la petite reine! L’équipe australienne a sauvé la face en arrachant difficilement la médaille de bronze face à leurs voisins de la Nouvelle-Zélande.

Dans le tournoi de vitesse féminin, l’Anglaise Victoria Pendleton a causé toute une surprise en décrochant la médaille d’or. Son temps de qualifications (11e à 1/2 seconde de la meilleure) ne laissait sûrement pas présager un tel résultat. D’autant plus qu’elle s’était contentée d’une 8e place au classement général de la Coupe du monde. « Elle n’est pas très connue mais elle a un très bon moteur », nous a dit un Martin Barras pas très convaincant. Faut dire que ses deux filles (les soeurs Anna et Kerrie Meares) n’ont pas été à la hauteur contre Pendleton et la Russe Tamilia Abassova. Bref, ce ne fut pas un grand tournoi de vitesse puisque les meilleures, y compris Lori-Ann Muenzer, ont été sorties en 1/8 et en 1/4 de finale où le nouveau règlement dont on vous déjà parlé élimine automatiquement la coureuse dès qu’elle est battue.

Mais la surprise du jour et peut-être même de ces Championnats, c’est la défaite de Théo Bos, Champion du monde en titre et médaillé d’or au kilomètre contre-la-montre plus tôt cette semaine. Pourtant, ce matin, Bos avait frappé un grand coup en inscrivant un temps de 10.192s au 200 m lancé. Le meilleur et de loin puisque le 2e, le Français Mickaël Bourgain avait stoppé le chronomètre à 10.257s. Son tombeur, le jeune Australien Jobie Dajka, pointait en 9e place à plus de 3/10 de seconde.

Après avoir battu facilement le Japonais Narita en 1/8 de finale, Bos s’est présenté à sa manche de 1/4 de finale gonflé à bloc. Face à Dajka, quand même pas un deux de pique (ex-Champion du monde), qui avait eu une manche difficile et un temps de qualifications pas très bon, il ne s’est pas méfié. Mal lui en pris puisque quelques secondes plus tard, l’Australien a placé un démarrage (jumpé) et il n’a jamais pu revenir. À sa descente de vélo, le Hollandais volant était sonné. Il hochait du bonnet en signe d’incompréhension. Et, a-t-on besoin de vous le rappeler, il ne pouvait plus se reprendre dans une autre manche.

« Ça fait deux mois qu’on se prépare pour cet affrontement, nous a expliqué Martin Barras, le chef d’orchestre de l’équipe australienne. Je savais que Dajka, s’il était en forme, ne viendrait pas aux Championnats du monde pour faire de la figuration. » Les deux complices ont donc étudié et analysé le style et la façon de faire de Bos – les Australiens ont développé un logiciel qui peut analyser les performances d’un athlète ( « parfois, on connaît mieux les forces et les faiblesses des athlètes qu’eux-mêmes », souligne Barras ) – parce qu’il jugeait que le Hollandais serait le candidat à battre à ces Championnats. À Sydney, lors de finale de la Coupe du monde, à la fin du mois de février, Dajka a affronté Bos. « Je lui ai demandé de vérifier si son jump lui permettait de revenir sur Bos. Jobie (Dajka) a perdu mais il avait eu le temps de vérifier ce que je lui avais demandé. Dès lors, on savait comment on pourrait le battre. » Dajka affrontera donc l’Allemand René Wolff pendant que les Français Mickaël Bourgain, très impressionnant aujourd’hui, et Grégory Bauge s’affronteront dans l’autre demi-finale.

Dans les autre finales de la soirée, le Danois Alex Rasmussen a conservé son titre de Champion du monde dans la course scratch pendant que l’Australienne Katie Mactier, une ex-coéquipière de Lyne Bessette dans l’équipe Saturn, décrochait enfin le titre (poursuite individuelle) qu’elle convoitait tant depuis quelques années.

Au menu de la dernière journée, outre la finale de vitesse chez les hommes, il y l’épreuve du keirin et du scratch chez les femmes (Mandy Poitras sera à surveiller) la spectaculaire course du Madison (50 km).

La citation du jour
« La dernière fois qu’elles se sont rencontrées, c’était à Sydney en 2000 lors des Championnats juniors. Elles se sont crissées à terre et ce n’était pas un accident. Il y a eu un long silence dans la foule. »
Martin Barras, en regardant l’affrontement entre les deux soeurs Meares pour la médaille de bronze remportée par Anna.


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