24 juillet 2005

David Veilleux, le king de l'Abitibi

Pierre Hamel

David Veilleux remporte le Tour de l’Abitibi sans donner un coup de pédale de trop. L’Américain Kirk Calsen gagne une huitième étape plutôt tranquille.

Val d’Or – Contrairement aux années passées, le critérium du centre-ville n’a rien changé, ou presque, au classement général de ce 37e Tour de l’Abitibi. David Veilleux a conservé son maillot brun – il a même augmenté son avance de six secondes sur son coéquipier Boily, l’Américain Daniel Holloway le orange (classement au points) et l’Ontarien Mark Hinnen son maillot bleu, emblème du meilleur jeune (17 ans) au classement général.

« Je suis évidemment très heureux d’avoir remporté le Tour », a expliqué après la course David Veilleux. Une première depuis que Guillaume Belzile avait réussi le même exploit en 1994. Il a candidement avoué que ç’a n’avait pas été trop difficile au cours des trois dernières journées. « Les Suédois n’ont pas été très agressifs et j’ai réuni les trois choses que ça prenait pour gagner une épreuve comme le Tour : une bonne forme, une bonne mécanique et un peu de chance. J’avais déjà la forme et je n’ai pas eu de pépins mécaniques. Et j’ai eu la chance de prendre la bonne échappée lors de 3e étape entre Rouyn-Noranda et Val d’Or. » Au classement général, il a devancé son coéquipier Éric Boily par 36 secondes et le Suédois Jonas Bjelkmark par 1m06s.

Ce dernier, un coureur à petit gabarit, n’avait pas grand’chose à raconter lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’avait pas chercher à gruger l’avance de Veilleux au cours des derniers jours. « Dès que je me levais, j’avais l’un des deux Canadiens dans ma roue. De toute façon, je suis plutôt content de ma 3e place au classement général et j’ai été très surpris de ma 2e position au contre-la-montre individuel. »

La dernière étape a été marquée par une échappée d’une dizaine de coureurs qui a pris une quarantaine de secondes à la mi-course. Le peloton, bien contrôlé par les coureurs de l’équipe canadienne, a laissé filer celle-ci jusqu’à deux tours de la fin (32 en tout). Les Holloway, DeYoung, (Équipe nationale américaine), Reza (France) et Calsen (America’s Cycling) étant très actifs au sein de cette échappée. Éric Boily, le p’tit guerrier de l’équipe canadienne, a tenté de s’échapper du peloton principal, avec deux tours à faire. « Je voulais gagner l’étape et j’ai calculé que je pouvais me le permettre sans nuire au maillot brun de David (Veilleux). Il n’était sûrement pas du même avis que moi parce qu’il a ramené le peloton sur mon échappée », a expliqué la mine un peu déconfite le jeune homme de Chicoutimi. Pour les deux coqs de l’équipe canadienne, le Tour se termine donc comme il avait commencé : dans la controverse. S’cusez le cliché mais, comme dirait l’autre : « à ne plus inviter au même party ».

Finalement, l’Américain Kirk Calsen (America’s Cycling) l’a emporté facilement devant Harrison Tripp (Major Motion) et le porteur du maillot orange Daniel Holloway (Équipe nationale américaine).

Les citations du jour
« Qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui ? »
« Rien »
La réponse du Suédois Jonas Bjelkmark (2e au classement général) lorsqu’on lui a demandé ses commentaires sur la dernière étape

« Tu t’attends au pire. Y sont touttt (sic) meilleurs que toi. »
Éric Boily en référence à ses objectifs personnels aux Championnats mondiaux

« Je n’avais jamais porté un maillot de leader dans une grande course par étapes. Je me suis un peu trop énervé lors des étapes de Senneterre et Amos. Je courrais après tout le monde. Finalement, je me suis calmé. J’ai appris à mieux doser mes efforts. »
David Veilleux

Roue Libre
• On a rencontré Matthieu Bernaudeau ce matin, avant le départ de l’étape. Victime d’une spectaculaire chute lors de l’emballage final hier, le jeune n’en menait pas large. Il avait le côté gauche en charpie. Le genou, la main et l’épaule étaient bandés. Ses lunettes de soleil cachaient un œil tuméfié à la Arturo Gatti et il ne se souvenait pas très bien de ce qui c’était passé. En prime, il a subi une fracture du nez. Mais le sympathique vendéen était tout de même sur le bord de la route pour encourager ses coéquipiers. Et un spectateur sur deux, qui passait par là, le pointait du doigt en disant : « C’est lui qui est tombé hier. » Bernaudeau souriait en mangeant son gros sac de chips Lay.

• Sur l’estrade d’honneur, en face de la ligne d’arrivée, un trio de personnalités discutait de l’avenir du Tour de l’Abitibi. Daniel Richard, le Président du conseil d’administraton du Tour, Fernand Trahan, le maire de Val d’Or et Marc Lemay , député du Bloc québécois d’Abitibi Témiscamingue, ont passé une bonne partie de la course à parler de ce qu’ils pourraient faire pour dynamiser cette course par étapes.

• Louis Garneau, de passage en Abitibi pour assister aux prouesses de ses fils au Tour de la Relève, a eu très peur lorsqu’il a vu le jeune Bernaudeau étendu sur la chaussée hier soir. « Ça fait plusieurs années que je répète aux organisateurs de modifier l’arrivée de ce circuit urbain. Elle est dangereuse. Un sprint dans un faux-plat descendant, ce n’est pas une bonne idée, surtout chez les juniors. Je trouve aussi qu’il y a trop de coureurs au départ du Tour. »


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