20 juillet 2005

David Veilleux enfile le maillot brun

Pierre Hamel

Le Québécois David Veilleux avait la bougeotte sur la route entre Rouyn–Noranda et Val d’Or.

Rouyn–Noranda / Val d’Or – La troisième étape du Tour de l’Abitibi a été fertile en émotions. Des chutes, des revirements de situation et des stratégies bizarres ont pimenté cette première course sur route (112 km). Le Québécois David Veilleux, très grouillant tout au long de cette étape, a terminé 7e, à 3 secondes du vainqueur, l’Américain David Holloway. Mais il a surtout dépossédé son coéquipier Éric Boily du maillot brun qu’il portait depuis le début du Tour. Au terme de cette belle étape, il devance son coéquipier Clovis Auger par 28 secondes. Éric Boily a glissé en 11e position à 1m31s de Veilleux.

Comme c’est souvent le cas lors de cette étape, la course est partie sur les chapeaux de roue. Dès le 12e kilomètre, un coureur de la formation française (Clément Perroteau) et de l’équipe du Québec (William Goodfellow) ont semé le peloton. Ils ont vite été rejoints par David Veilleux, le Français Kevin Reza et un Suédois (Rudenstan). Première surprise, Veilleux a roulé devant alors que son coéquipier Éric Boily portait le maillot brun. L’écart n’a pas dépassé 15 secondes et l’échappée a été rejointe quelques kilomètres plus loin. Et qui a ramené le peloton ? Éric Boily…

Au 30e kilomètre, une nouvelle échappée de huit coureurs se forme. David Veilleux est encore de la partie. On y retrouve aussi deux coureurs colombiens – il y avait toujours un coureur de ce pays dans tous les coups aujourd’hui – et l’Américain Guy East, 5e au classement général à 27 secondes de Boily. La logique cycliste aurait été, pour Veilleux, de ne pas trop travailler au sein de l’échappée. « C’est sûr qu’il en a trop fait, a reconnu après la course, Jacky Hardy, le Directeur sportif de l’équipe canadienne. Il ne fallait pas qu’il amène avec lui cet Américain, bien placé au classement général. C’est une petite erreur. » Au 50e kilomètre, l’échappée est finalement avalée par le peloton. Trois kilomètres plus loin, c’est un sprint de bonification. Éric Boily en profite pour grappiller une seconde. Tout est sous contrôle.

Immédiatement après ce sprint, un autre petit groupe prend la poudre d’escampette. Brooke Boocock, coéquipier de Veilleux et Boily, est de la partie. Il fonce avec trois autres coureurs. Leur écart grimpe rapidement. Elle culmine à plus d’une minute. Au passage, Boocock se permet même d’arracher deux secondes de bonification. Rappelons qu’avant le début de l’étape il est 4e au classement général, 17 secondes derrière Boily. Finalement, un à un, les coureurs de l’échappée se relèvent sauf l’Ontarien Boocock. Il continue seul pendant sept ou huit kilomètres. Difficile à saisir. Il brûle des cartouches qui seraient pourtant fort utiles en fin de course.

Au 83e kilomètre, le peloton est secoué par quelques vagues. On prépare le dernier sprint de bonification. Dix coureurs s’enfuient. Veilleux est encore du nombre. Cette fois, Clovis Auger et Boocock l’accompagnent. Éric Boily, marqué au fer rouge depuis le début de ce Tour – il porte le maillot brun et il a écrasé l’opposition de puis le début – ne réagit pas. Grosse erreur. Il vient de rater l’échappée victorieuse. Celle-ci roule à un train d’enfer. Veilleux remporte le sprint de bonification et va chercher trois secondes supplémentaires. « Je suis descendu chercher un bidon à la voiture de mon directeur sportif et Jacky (Hardy) m’a dit d’y aller à fond parce que c’était la bonne. » À l’entrée de Val d’Or, à six kilomètres du début du circuit du centre-ville, l’avance des fuyards est de 1m40s.

Quelques coureurs tentent de s’extirper de cette échappée. « J’ai vu le Canadien (Veilleux) parler avec le coureur français (Kevin Reza). J’ai pas compris ce qu’ils se disaient mais j’ai bien vu qu’ils allaient travailler ensemble lors du final », a raconté en riant l’Américain Holloway. Mais, curieusement, Veilleux a laissé filer Holloway et son pote (!) Reza et il a finalement terminé 7e à 3 secondes de l’Américain.

Après la course, l’entraîneur de la formation canadienne, Jacky Hardy, n’a pas été capable d’expliquer clairement la stratégie de course de sa p’tite famille. Il a avoué, du bout des lèvres, que ses coureurs avaient commis quelques erreurs. « N’empêche, a-t-il expliqué, le maillot de leader est encore dans notre équipe. David (Veilleux) a une bonne avance sur l’Américain (Holloway) qui était le moins dangereux au classement général. » Quant à Éric Boily, victime d’une chute dans le dernier kilomètre, il n’était pas très loquace après la course. « C’est sûr que je suis un peu déçu mais c’est aussi le travail d’équipe… »

On est prêt à parier que le jeune homme du lac Saint-Jean va tenter de répéter son exploit de l’an dernier (1er 28 secondes devant le second) lors du contre-la-montre individuel disputé sur la rampe de la Cité de l’Or. Quant à Veilleux, troisième au contre-la-montre individuel lors des récents Championnats canadiens, il a confiance en ses moyens. « Je vais essayer de récupérer de mes efforts ce soir. »

La citation du jour
« Il ne faut pas les appeler une équipe mais bien un cartel. »
Marc-André Landry, journaliste à L’Écho à propos de l’équipe colombienne

Roue Libre
• David Veilleux a un peu de Charles Dionne dans le nez. Même attitude, même façon de courir. On a hâte de voir comment il va réagir à la pression, la vraie.

• On a vu deux députés du Bloc Québécois aujourd’hui au départ de l’étape à Rouyn-Noranda. Un actuel et un ex. L’actuel n’a pas beaucoup changé. Marc Lemay est toujours fort en gueule mais aussi encore passionné de vélo. L’ex, c’est Bernard Deshaies, père de huit enfants, ex-coureur et directeur technique du Tour de l’Abitibi qui dirige sur ce Tour l’équipe abitibienne. Son fils Christian fait partie de l’équipe et il porte le numéro 13 !!!

• Il y a sept policiers à vélo à la ville de Rouyn-Noranda. L’expérience est tellement appréciée que deux autres municipalités (Lebel-sur-Quevillon et La Sarre) songent à répéter l’initiative de Rouyn

• Le sprint du maire au 4e km a été remporté par l’Américain Chase Renick (Hot Tubes). Tout de suite après avoir franchi la ligne, il s’est arrêté sur le côté de la route. On a cru un instant qu’il allait chercher son chèque de 100 $…Mais non, il est reparti après avoir changé de roue.


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