28 août 2004

Enfin une médaille d'or française !

Pierre Hamel

Julien Absalon sauve l’honneur des Français en remportant la médaille d’or au cross-country. Ryder Hesjedal, l’un des grands favoris, n’a même pas complété un tour. L’autre Canadien, l’Ontarien Seamus McGrath, termine en 9e position.

Athènes – La course à la médaille d’or s’est encore décidée dans les premiers kilomètres d’une course qui en comptait 43,3. À la ligne, un groupe de fans du Français Absalon hurle ses encouragements juste avant le départ de la course. On aurait dit qu’ils savaient ce qui allait se passer.

La course est partie sur les chapeaux de roues comme c’est toujours le cas. L’Allemand Lado Fumic a pris la pôle position. Mais il y a vite eu embouteillage. « J’ai été pogné derrière une gang de gars qui ont chuté sur un sol rocailleux. On a dû débarquer du vélo dès la première bosse », a expliqué Ryder Hesjedal. À la fin de la boucle de départ, Seamus McGrath est 13e à 17 secondes de l’Allemand. Hesjedal ne va guère mieux puisqu’il est 17e à 26 secondes de la première place. « Au départ, j’avais des jambes OK mais pas super, raconte après la course McGrath. Dès le départ, il faut être parmi les cinq premiers si l’on veut jouer un rôle dans la course. »

Le Hollandais Bart Brentjens, médaillé d'or aux Jeux d’Atlanta, le sait depuis longtemps. Absalon aussi. Après son mauvais départ, Hesjedal commence à remonter quelques coureurs. Il veut rejoindre le groupe de tête.« Il y avait beaucoup de poussière et je ne voulais pas être sorti de la course aux médailles dès le premier tour. Et là, je ne sais pas ce qui est arrivé. Je suis rentré dans la chicane pas de la façon dont j’aurais dû le faire. Il était impossible de prendre ce tournant sans tomber ou bien on le prenait plus large et on était déporté. C’est ce qui m’est arrivé et j’ai roulé sur une grosse roche. Je me suis ramassé dans le ruban qui ceinture le parcours avec une crevaison. » La course de Hesjedal a pris fin à ce moment.

Après un tour complet, le Français Julien Absalon est juste devant le Hollandais. L’Espagnol Jose Antonio Hermida est en quatrième position à 9 secondes du Français. Seamus McGrath est 11e. « Je crois, qu’à ce moment-là, j’ai fait souffrir mes rivaux », soutient Absalon. Au tour suivant, l’Italien Marco Bui fait illusion et passe en troisième place à la ligne. Le Suisse Christoph Sauser casse sa chaîne. Un autre favori hors-course.

À partir de la fin du troisième tour, les quatre premiers coureurs vont rester en tête jusqu’à la fin. À l’exception du cinquième tour où l’Espagnol Hermida chute (« C’était une grosse erreur. Je n’étais pas bien concentré. Ç’a m’a réveillé. Je ne voulais pas manquer l’opportunité de décrocher une médaille. ») et perd sa deuxième place au profit de Brentjens. C’est aussi au début dans ce cinquième tour, que le Français Absalon frappe le grand coup. « C’était peut-être un peu tôt, mais je me sentais bien. »

Pendant que Hermida remonte en deuxième place, Absalon porte son avance à plus d’une minute. « C’est un phénomène Absalon », dira après la course Hermida. « Il était trop fort pour nous », ajoute Brentjens. Le jeune Français, qui a délaissé plusieurs épreuves de la Coupe du monde (celles du Canada entre autre) pour se concentrer sur cette course, gère très bien son effort jusqu’à la fin. Il complète sa chevauchée en or, une minute devant l’Espagnol Hermida et plus de deux minutes devant le vétéran Hollandais. « Cette course était mon objectif de la saison. J’avais déjà remporté la Coupe du monde l’an dernier et j’ai décidé de faire quelques courses sur route et de m’entraîner à la maison » Bien joué.

Seamus McGrath termine en 9e position (à 5m31s), une très bonne prestation selon nous. Mais l’Ontarien ne le voit pas de cette façon. « C’est un parcours très difficile et changeant. Dans certaines sections, on prenait une ligne et au tour suivant, il y avait des roches qu’on n’avait pas vus au tour précédent. Je ne suis pas ben, ben content. Je visais une médaille. »

L’Espagnol Hermida lui est plutôt heureux de sa 2e place. « J’avais déjà chuté à Sydney, ce qui m’avait peut-être privé d’une médaille (Ndlr Il avait terminé 4e). Je me suis dit qu’il ne fallait pas que je répète cette performance ici », a conclu l’Espagnol.

Les citations du jour
« Je pense que j’en ai pas eu une en trois ans. »
Ryder Hesjedal, à propos de sa crevaison au premier tour

« Quand j’ai commencé à courir, je voyais la photo de Bart Brentjens dans les magazines. Et il est encore là. It’s amazing. »
Seamus McGrath

L’Espagnol Jose Antonio Hermida a animé l’un des conférences de presse les plus loufoques de ces Jeux. Il a commencé par exprimer sa joie en espagnol, puis il a enchaîné en anglais avant de sauter au français sans traduction. Puis, il a dit : « and now in greek ». La salle s’est esclaffée. « Donnez-moi quatre ans et vous allez voir je vais être capable de parler en grec. » Une salve d’applaudissements pour l’Espagnol. Quelques minutes plus tard, il répond à une question en anglais. Il n’arrête pas de pleurer. Soudain, il lâche : « Fuck, je ne suis pas capable de gérer mes émotions. » (en anglais évidemment). Il termine sa réponse et ajoute en jetant un regard au traductreur : « Voulez-vous traduire en français, je suis trop fatigué… » Les journalistes se tapent sur les cuisses.

Roue Libre
Au pays de Maria Callas
• Si vous avez regardé les Jeux à la télévision, vous avez sûrement vu de superbes images prises du haut des airs. Au vélo de montagne, il y avait une caméra qui surplombait le parcours. Elle glissait sur deux fils tendus. Un peu comme sur un mini-rail de chemin de fer. Entre les deux poteaux qui tiennent ces deux fils, la distance était de 800 m. On retrouvait cet équipement à plusieurs endroits sur les sites olympiques. Le plus spectaculaire étant celui du complexe olympique qui passait au-dessus de la piscine olymique pour rejoindre le vélodrome.

• Les Jeux d’Athènes sont presque terminés et on attend toujours les gros problèmes appréhendés. On a super bien géré le trafic automobile avec la complicité des résidents d’Athènes qui, faut-il le rappeler, étaient en vacances. Le transport pour la famille olympique était très adéquat. Les mesures de sécurité, omniprésentes, étaient beaucoup moins strictes qu’on aurait pu l’imaginer. La pollution, qui devait presque nous empêcher de respirer, n’a pas eu l’effet escompté (!). Par contre, on nous avait prévenus qu’il ferait chaud. Ya pas de doute, il a fait chaud, très chaud. Nous avons vécu plusieurs journées de 35C et plus. Et on n’a toujours pas vu une seule goutte de pluie depuis trois semaines.

Quant aux équipements sportifs, en tout cas ceux que l’on a vus, ils sont superbes. Bien sûr, la Grèce a pris le risque d’hypothéquer une partie de son avenir, mais, curieusement, les Grecs avec qui on a réussi à en parler, semblent résigner à payer longtemps. On les a compris… mais ce n’est presque plus notre problème.

« Nous serons prêts », avait déclaré le Premier ministre grec Costas Caramanlis, en réponse aux inquiétudes des bonzes du Comité olympique international et de bien des journalistes étrangers. Ils ont réussi. On ne peut pas en dire autant d’un autre Premier ministre qui s’est servi du même genre de slogan.

• Votre chroniqueur préféré a terminé sa folle chevauchée olympique en prédisant une seule médaille sur une possibilité de trois. À sa décharge, il faut dire qu'il n'avait pas prévu que le Belge Filip Meirhaeghe serait testé positif à l'EPO.


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