17 août 2004

On attend les Allemands

Pierre Hamel

Demain, c’est le contre-la-montre individuel, la dernière épreuve de cyclisme sur route de ces Jeux. Les Allemands sont favoris. En attendant, on vous présente notre coup de cœur de la semaine : le canoë-kayak slalom.

Athènes – En cyclisme, le Canada a remporté sa première médaille de… carton. Eh oui, Eric Wohlberg, comme lors des Jeux de Sydney d’ailleurs, a obtenu un laissez-passer de dernière minute pour participer au contre-la-montre individuel. Mais si on se fie à sa prestation dans la course sur route et à ses derniers chronos, on voit mal comment l’Ontarien pourrait faire mieux qu’à Sydney (20e à 2m 54s du Russe Ekimov).

La bataille, s’il y en a une, devrait opposer le médaillé d’argent à Sydney, l’Allemand Jan Ullrich, qui nous a paru très costaud dans la course sur route samedi dernier, à l’Australien Michael Rogers et à l’Ukrainien Serhiy Honchar. À surveiller l’Américain Tyler Hamilton. Il a beaucoup à se faire pardonner.

Chez les femmes, Lyne Bessette remonte en selle après sa chute de dimanche. Le contre-la-montre n’est pas sa spécialité mais, de temps à autre, elle réussit d’excellents chronos. Un top 10 serait vraiment très bien. Quant à Sue Palmer-Komar, Championne canadienne en titre, c’est une boîte à surprise. On serait très étonné qu’elle améliore ou égale la performance de la grande Clara Hughes (6e place).

C’est l’Allemande Judith Arndt qui devrait remporter ce contre-la-montre individuel. Elle a la rage au cœur (voir notre photo!) depuis le début de ces Jeux et elle voudra sûrement régler ses comptes avec sa fédération qui a eu la mauvaise idée de ne pas sélectionner sa grande amie Petra Rossner dans la course sur route. Et dimanche dernier, c’était, et de loin, la plus grouillante du peloton féminin. On voit bien la Russe Zoulfia Zabirova et l’inépuisable Jeannie Longo compléter le podium.

Le contre-la-montre individuel sera disputé au Centre olympique de Vouliagmeni sur un circuit de 24 kilomètres. Les hommes le boucleront deux fois, les femmes une seule fois.

La citation du jour
« J’ai bien dormi. J’espère juste que mes jambes ne me poseront pas de problèmes. J’ai encore mal partout mais c’est moins douloureux que lors de ma dernière chute. Hier, je me suis reposée toute la journée. »
Leontien Van Moorsel, 48 heures après sa grosse chute de dimanche.

Roue Libre
Au pays de Maria Callas

• Votre chroniqueur préféré a passé une superbe journée au Complexe olympique d’Helliniko, à une trentaine de kilomètres au sud d’Athènes. On a assisté aux épreuves préliminaires de canoë-kayak slalom. Le site est magnifique, l’ambiance franchement sympa et les athlètes, des vrais si vous voyez ce qu'on veut dire, d’une habilité incroyable. Il faisait chaud mais l’air salin de la « rivière artificielle » dégageait une certaine fraîcheur.

Ce parcours de canoë-kayak, aménagé par des mains d’hommes, est le seul au monde à utiliser l’eau de mer. Qu’est-ce que ça change dites-vous ? « Ça chauffe autour des yeux, raconte le Canadien David Ford, mais on s’habitue vite. Même moi, qui porte des verres de contact, je m’en sors très bien grâce à des p’tites gouttes miracles. J’en ai essayé une quinzaine de marques et j’ai enfin trouvé la bonne. » Et il ajoute en riant : « Je l’ai fait analyser pour être sûr qu’elle ne contenait aucun produit défendu . »

L’autre élément qui peut déranger lors des premières descentes, c’est la couleur de l’eau. « Tout est blanc, explique Ford, Champion de la Coupe du monde en K1 en 2003. Dans les rivières, l’eau est verte ou bleue. Ici, c’est plus difficile de bien voir les obstacles dans les rapides. » Malgré cela, Ford ne tarit pas d’éloges à l’égard de cet aménagement. La première fois qu’il a vu l’endroit, en février dernier, il n’a eu qu’une seule expression : « Wow ».

Faut dire que le site est assez impressionnant. La rivière artificielle s’étend sur 434 m et elle forme un huit. Elle comprend la section compétition (270 m) et une autre partie pour permettre aux participants de s’entraîner et de se réchauffer. La largeur est de 10 m et la dénivellation de 2,1%. Six immenses pompes-turbines amènent l’eau au sommet de la rivière artificielle. Et comble de bonheur, les spectateurs (8 000) assis dans un stade en forme de demi-lune, ont une magnifique vue sur la rivière et les montagnes avoisinantes.

Le hic ? Ça coûte très cher à aménager une rivière artificielle. Tellement, qu’après une entrée fracassante – un succès populaire et télévisuel – aux Jeux de Munich, il a fallu attendre les Jeux de Barcelone (1992) pour retrouver des épreuves en eaux vives. Depuis, à chaque olympiade, les comités organisateurs se demandent s’ils vont maintenir ces épreuves. Les installations grecques ont coûté 48 millions de dollars. La facture est salée (s’cusez-là). 84 athlètes de 25 pays participent à toutes ces épreuves. Ça fait cher par tête de pipe ! Évidemment, les coûts seraient considérablement réduits si l’on pouvait aménager une rivière naturelle – ce qui n’est pas souvent le cas ailleurs qu’en Amérique. Malgré cela, avec la popularité croissante du kayak de rivière et de mer, il y aurait sûrement une façon de se servir de ce genre d’installations pour initier des jeunes et des moins jeunes. En tout cas, la foule (beaucoup de jeunes et de familles) qu’on a vue aujourd’hui était très enthousiaste et vibrait vraiment au rythme des descentes des concurrents. Et, juste entre vous et moi, y a un paquet d’autres sports (!) qui n’ont pas d’affaire aux Jeux olympiques.

J’oubliais. Comment ça marche dites-vous ? C’est assez simple à comprendre (à pratiquer c’est une autre histoire surtout de la façon dont le font ces superbes athlètes). L’objectif de la compétition est de pagayer (kayak ou canoë) en eaux vives le plus vite possible sans commettre de fautes techniques en passant des portes. Le parcours de 270 m comporte de 18 à 25 portes numérotées. Six portes au minimum doivent être franchies à contre-courant. Il y a différentes pénalités infligées aux concurrents selon le type de faute commise. Le programme olympique comprend trois disciplines masculines (K1, C1 et C2) et une féminine (K1).

On a hâte de retrouver notre petit kayak de mer…


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