12 août 2004

Mythes et réalités grecques

Pierre Hamel

« We are ready », clament-ils avec un accent savoureux. On est à quelques heures de l’ouverture officielle des Jeux d’Athènes.

Athènes – La chaleur est étouffante au centre-ville. Rien à voir avec notre été québécois. Athènes est au centre d’une cuvette qu’entourent de très hautes montagnes. Par contre, au bord de la mer, l’air salin est vivifiant. On est plutôt fier d’avoir choisi le village des médias (Aghios Andreas) pour passer trois semaines à Athènes. Il y a six autres villages des médias. Certains sont à proximité du complexe olympique. Aghios Andreas est situé sur le bord de la mer, à une vingtaine de kilomètres à l’est du complexe olympique où on y retrouve, entre autre, le vélodrome. On y a bâti des centaines de petites maisons pour accueillir plus de 2000 représentants des médias. Le parcours du marathon passe devant notre Village.

Vous savez donc où nous sommes. Essayons maintenant de bien évaluer la situation et de répondre à quelques-unes de vos questions. Depuis notre arrivée, il y a trois jours, on a vu certaines choses mais on a surtout, comme bien d’autres, poussé un soupir de soulagement. Disons, pour être poli, que les appréhensions étaient nombreuses. Jetons un p’tit coup d’œil sur certains mythes qu’ont entretenus les médias concernant la tenue de ces Jeux à Athènes. Et profitons-en pour voir d’un peu plus près la réalité.

1) Les Grecs ne seront pas prêts à accueillir les Jeux.

Oups, ça commence mal. Tout n’est pas prêt bien sûr. Le réseau routier a parfois des allures de chantier, genre échangeur l’Acadie. Le terrassement autour des installations olympiques n’est pas fini. On met encore le pied dans du ciment frais (oui, c’est arrivé à l’auteur de ces lignes). À notre Village, les réfrigérateurs de chacune des petites maisons ont été placés dans les chambres après notre arrivée. Mais, dans l’ensemble, c’est plutôt sympa. Le Village des athlètes est, selon les échos qu’on en a eus, très, très bien. Et, à part la piscine qui n’aura pas le toit prévu, les autres bâtiments sportifs sont complétés. Et ils sont très beaux. Notamment le grand stade et le vélodrome (on vous en reparle la semaine prochaine). Rappelez-vous 1976 à Montréal. Notre mât tronqué! Corrid’Art démantelé par Jean Drapeau. Pas sûr qu’on était mieux préparé que les Grecs.

2) Les mesures de sécurité vont être effrayantes.

Ben cout’donc. On a encore rien vu de très spectaculaire. L’armée est présente. On nous fouille. Il y a beaucoup de policiers. Comme aux autres Jeux. Et je dirais même un peu moins que lors ma première couverture olympique en Corée (Séoul) en 1988. La faune olympique est bien calme. Les Grecs aussi. Personne ne capote. Bien sûr on ne voit pas tout mais l’ambiance est plutôt cool. Ben Laden n’est pas caché dans les montagnes avoisinantes. On est loin de la crise d'Octobre !

3) La circulation va être très difficile.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de trafic et les Jeux ne sont pas encore officiellement commencés. Par contre, les Grecs sont très respectueux des consignes qu’on leur a données. Ils prennent le transport en commun (de magnifiques trains urbains) pour accéder au centre-ville et surtout, ils n’empiètent par sur le corridor réservé à la famille olympique (même principe que les voies réservés aux autobus à Montréal). Faut dire qu’une amende de 160 Euros leur pend au bout du nez s’ils le font. Et les policiers grecs sont de véritables artistes du sifflet. Au coin des rues les plus achalandées, le bruit strident du sifflet est omniprésent.

4) Il va faire chaud, ca va être suffocant.

Depuis notre arrivée, le thermomètre tourne autour de 34c. Et ça risque de monter. L’air climatisé fonctionne à plein régime dans nos chambres et au centre des médias (MPC). Dehors, c’est vraiment très, très chaud. Les coureurs et les coureuses (course sur route, CLM individuel, vélo de montagne, marathon) exposés à ces conditions vont en arracher. Et la pollution au centre-ville n’arrangera rien. Ici, au Village, les cigales s’en donnent à cœur joie du matin au soir. Un concert ininterrompu.

5) Les Grecs ne sont pas pressés.

C’est vrai, ils ne sont pas vite, vite. Surtout derrière les comptoirs. Remarquez, si le soleil nous tapait sur le coco comme il le fait ici à longueur de journée, on serait peut-être aussi un peu plus slomo. Et ils parlent. Ils n’arrêtent pas de parler.

6) La salade grecque

Ben, c’est une salade grecque… avec beaucoup de fromage feta.

On vous laisse. Notre petite bière froide (Mythos) nous attend au Bar-Grill du Village. Entendez-vous les vagues qui roulent sur la plage ?

La citation du jour
"Est-ce que vous avez des dollars grecs ?"
"Vous voulez dire des Euros..."
La réponse de la préposée au Bureau de change de Dorval à la question innocente de votre chroniqueur préféré.


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